I. — lATVIE, PIIICIPES ET FOR!» BE L*tTK
I. Natdrb de L*BXISTENGB. — La philosophie première ou métaphysique est la science de Tètre. — L*ètre ne consiste pas, comme Platon Ta cru, dans TaniTersel, mais dans llndividualité : Socrate est Socrate par ce qu'il a de propre et non par ce qu'il a de commun avec les autres hommes. — L'individualité réside dans l'activité : ce qui est agit, et ce qui agit est — Comment Aristote rétablit au premier rang, dans la philosophie» la notion de l'activité.
II. Principes de l'existence : matière, forme^ eau$$ efficiente et causé Anale. — L'activité, chez les êtres imparfaits, renferme deux éléments : la puissance ou virtualité, par exemple la puissance dépenser: et l'acte ou réalité, par exemple l'acte de la pensée. La puissance ne tait qu'un «Tec la matière d'où les choses sont tirées, et 1 acte ne fait qu'un avec
1. Aristote, né à Stagyre, Tan 381 avant Jésus-Christ, était fils de Nicomaque, médecin du roi de Macédoine. Il suivit pendant vingt ans les leçons de Platon à Athènes. Il devint ensuite le précepteur d'Alexandre, qui, en lui donnant de riches collections d'histoire naturelle et des sommes d'argent pour acheter des livres, favorisa son zèle pour toutes les sciences. Eq 334, Aristote fonde à Athènes une école, dans les allées du Lycée; d'où le nom de péripatéticiens ou promeneurs donné à ses disciples. Suspect de macédonisme et d'athéisme, il fut obligé de auitter Athènes et se retira à Chalcis dans l'tle d'Ëubée, où il mourut en 322, probablement après avoir pris du poison.
Les mathématiques sont la seule science, connue des anciens, dont Aristote n'ait pas traité spécialement ; ses œuvres forment une véritable encyclopédie du savoir humain au IV* siècle avant Jésus*Ghrist.
Les traités d'Arûtote sur les causes premières ont été réunis en un seul livre par les commentateurs, et placés par eux à la suite et au-dessus des traités de physique (forà rà ffwtxà) ; de là vient le nom de métaphysique donné depuis à l'étude des causes ffutprasensibles,
La logique d'Aristote et la théorie du syllogisme, dont il est l'inventeur, se trouvent dans les traités réunis sous le nom d'Organum ou « Méthode. » (Traité des CatégorieSj de la Proposition, premières et secondes Andly^ tiques. Topiques et traité des Sophismes). La morale et la politique d'Aris- 44)te sont contenues dans la ilfora/6 à Nicomaque, dans la Morale à Eudéme, dans les Grandes Morales et dans la Politique, La psychologie est traitée dans le livre De l'dsne; puis viennent la Rhétorique et la Poétique. Quant aui sciences physiques et naturelles, où excellait Aristote, elles sont traitées dans les ouvrages intitulés: Physique, Histoire naturelle des animaux; 4es Parties des animaux ; de la Génération des animaux ; Météorologie, Traité du Ciel, etc. Aristote est le fondateur de l'anatomic et de la phy* Âologie comparées.
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la forme ; par exemple la matière de la statue ou le marbre contient la statue eu puissance ; la forme est la statue en acte. — A la cause maiorielle et à la cause formelle, Âristote ajoute deux antres causes : la cause efficiente, par exemple le statuaire, et la cause ûnale, par exemple la gloire. Telles sont les quatre causes premières. — Mais la
I ca isc formelle, étaot Faction, se ramène à la cause efficiente, et celleci à son tour se ramène à la cause finale, car on n'agit qu'en vue d*un bien qui est la fin de l'action. — La matière et le bien, ou la puissance et Pacte, sont en définitive les deux principes de toute existence.
IIL FoRMBS DE l'existence : mouvement et progrés de la nature. — Le mouvement ou changement est le passage de la puissance à l'acte, de Ti m perfection à la perfection. Le mouvement de la nature est un progrès continu par lequel elle s'élève des formes inférieures aux formes supérieures, de l'existence minérale à la vie végétative, de la vie végétative à la vie animale, de la vie animale à la vie humaine, de la vit humaine à la vie divine. C'est le supérieur qui explique l'inférieur, dont il est la raison finale ; c'est l'acte le plus parfait qui explique l'acte le moins parfait. — Or, l'acte le plus parfait, selon Aristote, est la pensée. — C'est donc la pensée (|ui explique et constitue l'existence, c'est la pensée même qui est l'existence : les choses existent dans la mesure où elles agissent, et elles agissent dans la mesure où elles peasent ; exister, c'est donc penser.