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MéL, XII

ftlEUy FREinSn MOTEUR ET FIN DERNlànS DU MONDE. 125

des choses que nous connaissons. Mais, pour être telle en effet, quel doit être son état habituel 7 Si elle ne pensait pas, si elle était comme un homme endormi, où serait son auguste dignité 7 Etn làp foAh voce, xi Sot fSi tI 9i^vôv (1). Dieu est donc la pensée même.

III. Rapport de Dieu au monde. — Au moment même où Aristote entre le plus profondément dans la doctrine de son maître, il ne s'en rapproche que pour s'en séparer.

Dieu connatt-il le monde et le produit-il en le connaissant? L'Intelligence parfaite peut-elle connaître l'imparfait ? — Platon avait répondu affirmativement en plaçant dans l'intelligence divine un monde intelligible, le monde des Idées, modèle du monde sensible. Il avait ainsi donné à Dieu la connaissance émincnte du monde ; mais il avait élevé l'être même de Dieu au-dessus de cette connaissance, croyant que le principe suprême doit être une perfection plus haute que la pensée.

Aristote, arrivé en présence du même mystère, identifie Dieu avec la pensée pure et ne conçoit rien au delà; mais alors, comment comprendre que cette pensée pure pense le monde impar« fait sans perdre sa pureté ? Si Dieu n'est que pensée, peut-il sans déchoir appliquer sa pensée à un objet inférieur ? Gela semble impossible : Dieu, selon Aristote, ne pense donc pas le monde, il ne le porte pas dans son intelligence sous la forme d'un monde intelligible, d'un monde d'Idées. Il n'a pas besoin de cet objet dont sa pensée subirait l'action. Tout bien, toute perfection, comme aussi toute félicité, est dans Faction, non dans la passivité ; c'est pour cela qu*il est meilleur et plus doux d'aimer que d'être aimé, « meilleur d'être le svjet que Vobjet de la pensée (2) ; » meilleur, en un mot, d'exercer que de subir raction (3). Si donc la pensée avait besoin d*un objet pour passer à l'acte, elle serait inférieure à cet objet, fût- il le plus vil; car Fûbjet le plus vil de la pensée aurait encore le privilège de produire Vaetion de penser et la pensée (4). • C'est là ce qu'il faut éviter ; il est des choses c qu'il vaut mieux ne pas voir que de les voir ; sinon la pensée ne « serait pas ce qu'U y a de plus excellent. L'intelligence se pense a donc elle-même, puisqu'elle est ce qu'il y a de plus parfait, et

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