‹ Histoire de la philosophieChapitre 97 sur 397 · DIEU, PREMIER MOTEUR ET FIN DERNIÈRE DU MONDE · texte numérisé non relu

DIEU, PREMIER MOTEUR ET FIN DERNIÈRE DU MONDE

de tout ordre et de tout bien ; car, s'il ne connaît pas le monde, s'il n'en est pas touché, le monde le connaît et subit son contact bienfaisant ; le monde tressaille éternellement & la présence da l*objet aimé (i).

Puisque le progrès est la loi univei^selle, d'où vient donc le mal?

Le mal n'existe pas par lui-même, et il n'existe pas non plus par Dieu. Dieu est la raison unique de tout ce qu'il y a de bien en tout être; chaque âtre reçoit de Dieu selon son pouvoir tétre avec la vie (2), et par conséquent le bien. Mais cette participation au bien est inégale, plus faible che% les unsj plus complète shez les autres {3) \ et la raison en est dans la nécessité invincible ou fatalité de la matière, c'est-à-dire de la puissance qui enveloppe l'imperfection et Timpuissance. Pouvoir^ c'est aussi en un sens ne pouvoir pas ; nous ne disons pas de Dieu qu'il peut le bien, mais qu'il est le bien môme. Le possible demeure en dehors de lui, et, en développant le bien, manifeste aussi le mal.

Malgré cette fatalité de la matière, le monde, tel qu'il est, est le meilleur des mondes possibles (4), non qu'il soit actuelkment parfait, mais parce que tout aspire à la perfection et y marche sans cesse, et que sans cessé le mal est vaincu par le bien. Cependant ce n'est pas Dieu qui ordonne toutes choses en vue de luimême : Dieu ne descend point à gouverner les choses. L'action providentielle appartient à la spontanéité des êtres, à la nature même, à la vie : t c'est elle qui, en toutes choses, aspire au « mieux (5). » « En toutes choses nous la voyons faire ce qui est « le meilleur parmi les possibles (6). » Ce qu'elle perd d'un côté, ^le le reprend d'un autre ; c ce qu'elle enlève ici, elle Tajoute « là (7). Ce qui surabonde, elle l'emploie à suppléer ce qui •« manque. Elle rétablit l'équilibre, répare le désordre, guérit la « maladie. Toujours elle travaille la masse inerte du corps, la « façonne et la transforme. Enûn, elle ne fait rien en vain(8) : « elle est la cause de tout ordre ; partout elle met et conserve la « proportion et la beauté (9). »

!. Met., XII, 248. Eth., Eud. VU, ix.

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