CYNIQUES
Malgré le peu d'attrait que put offrir l'austérité de mœurs qui formait la base de la doctrine professée par Antisthène , un grand nombre de disciples se réunirent autour de lui et mirent ses leçons en pratique. Ils firent appelé antiques, soit à cause du Gymnase, Cyno^ 4arge$, où leur maître donnait ses leçons, soit à cause de la rudesse de leurs mœurs. On distingue parmi euit e^lui qui, suivant la tradition, habitait dans un tonneau > ce DioGÈNE de Sinope, si connu par l'originalité de ses reparties et sa vie singulière; il s'était donné lui-
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même le nom de chien ; Cratès de Thèbes et sa fiMBine Hypparchie, que les leçons de Socrate avaient pénétrée de mépris pour tous les agréments de la vie et pour tous les avantages de la beauté. Les autres philosophes de cette école, Onésicrite, Métrogles, Monime, Mé- NÉDÈME et Ménippe y sout moius connus y et ne rendirent pas d'ailleurs de grands services à la science. L'école cynique fut ennoblie, et finit par être absorbée par Técole stcnquey fondée, comme nous le verrons bientôt, par Zenon de Gittium.
CYRÉN4LIQUES,
Aristippe était né à Cyréne, ville coloniale de TAfrique : de là, le nom de cyrémSques donné aux philosophes de son école. Tous s'accordaient à n'admettre d'autre source de vérité que l'évidence attachée aux impressions reçues , aux sensations que Tâme éprouve. Ils faisaient consister le bonheur dans l'agrément et le plaisir qui les accompagnent : ces sensations étaient à la fois pour eux et le juge et le but de toutes choses ; elles devaient servir de règle à notre vie.
Aristippe, surnommé Métrodidacie , parce qu'il fut instruit par sa mère Arété , fille du premier Aristippe, développa d'après ses principes , en un système comr plet, la philosophie du plaisir. Théodore de Cyrène, surnommé \ Athée, nia l'existence d'un critérium universel de la vérité , et par là prépara les voies à l'école sceptique; il fut banni d'Athènes, parce qu'il s'était moqué des mystères. Evrémère de Messine et Bion de Borystbène appliquèrent cette doctrine à la critique
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de la religion populaire. Hégésias enseigna que l'état de volupté parfaite ne peut être atteint par notre ua* tare; il en conclut que la vie n'a aucun prix et que la mort lui est préférable. Annicéris chercha à écarter de ce système ses conséquences révoltantes , et à les mettre en harmonie avec les sentiments de Tamitié et du patriotisme, au moyen des jouissances plus délicates de la bienveillance, et par là se rapprocha des idées d'Épicure ; le succès qu'obtint ce dernier fit tomber Técole de Cyrène.