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SYSTÈMES PLUS DÉVELOPPÉS

SORTIS DE l'école DE SOCRATE.

Reconnaissons 9 avant d'entrer dans l'exposition et le développement de ces divers systèmes , le point auquel était arrivée la philosophie grecque.

Quel que soit l'objet auquel s'applique la raison humaine, elle ne le fait que d'après deux manières de voir, deux idées qui sont les lois mêmes de notre intelligence, et dont nous avons trouvé l'empreinte dans tous les systèmes que nous avons parcourus jusqu'ici. En eifet^ en s'occupant de l'étude des phénomènes du monde, et des rapports qui mettent l'homme en communication avec lui, la plûlosophie a conçu et ne pouvait point ne pas

concevoir dans la matière , d*un côté , sa forme apparente, sa manifestation, c'est-à-dire les différentes propriétés des corps , l'étendue, la divisibilité, la dureté, la couleur, etc., et de l'autre côté, ce qui est étendu, divisible, dur, coloré, etc., une «uftsionce primitive enfin , existant sous les apparences variées qui la manifestent à nos sens. Dans Tétude de l'espace, elle a conçu et ne pouvait point ne pas concevoir , d'abord un espace déterminé et borné , celui que les sens nous présentent ; puis un autre espace , l'espace absolu , infini, que la raison seule aperçoit, mais qui n'en est pas moins une conception réelle. Dans l'étude des nomares et des quantités elle a vu la pluralité et la multiplicité, mais elle a conçu en même temps cette unité génératrice sans laquelle le multiple est inconcevable. Lorsqu'elle a pris le temps pour l'objet de ses réflexions, elle a conçu d'abord un temps déterminé, le temps à proprement parler ; puis est venue la conception du temps en soi , du temps absolu , c'est-à-dire de l'éternité. Lorsqu'elle a porté son attention sur les formes , elle a eu l'idée d'une forme mesurable, limitée, finie, puis dé quelque chose qui est le principe de cette forme, qui n'est ni limité, ni fini; de l'infini, en un mot. En voyant dans les phénomènes sensibles une série indéfinie d'effets produits et de causes productrices, elle a conçu d'abord une succession défaits subordonnés à d'autres faits , qui eux-mêmes étaient le produit de C&uses antérieures; mais elle n'a pu s'empêcher en même temps d'arriver à la notion d'une cause première, tirant d'elle-même le principe de ses actes , et au-delà de laquelle il û'y a plus rien à rechercher* Elle a , en

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rémmàé, oooçu d'un cOté, l'apparence ^ Teapaee 4éler^ miné, la (duralîté, le fiai, l'eflet; de l'iaiitre» la substance première, l'unité, rinfini, la oauae. Ces deux ordres d'idées que les modernes ont désignés .sous les expressions eomuiodes d'idées catoingeniei et d'idée^ néces9aire$ , se trouvant dans la pensée de tous les boffioies, devaient nécessaÎKipenH se r^roduire daiis la philosophie* Mais la philosophie» pour ré^ paodpe sur elles te jour de te réflexion , a été fiorcôe de les étudier séparément : Véù^]e d'Ionîe a porté plus pttrticulièremenil son attention sur les premières, ei les seooiides ont été l'objet des méditatioi^s dç Técole itaKque. Nous avons vu que l'une et l'aulre ont obtenu^ dans les deux sphères de leurs observations, deSrésvltat9 d'une haute importance ; mais que l' une et l 'autre , aprà^ avoir débuté par la science , n'ont pas tardé à tomber dans l'hypothèse. L'école d'Ionie avait eu le tort de penser qu'après avojr étudié, dans le monde^ le va* riaUe , le multiple et le fini , elle n'avait plus besoia d'aUer au-delà , et que la science était toute laite. Or» Tapparenee, le multiple^ le fini, le variable, ne n'cs( que la matière : le monde , l'âme., et Dieu, n'ont donc été pour elle qu'un composé d'atomes plus ou moins subtils , mais toujours matériels : nous l'avons <kmc vue arriver au nésuHat qu'entraîne toute pbîlesQ^ie ssMualistp , c'est-à-dire au matérialisme et p^ conséquent k l'athéisme.

L'école italique , partie du point de vue opposé, était pareiUemcnll arrivée à des résuUatjs qui Crappent autant par leur certitude que par leur profeAideur ; iuis lea Éléates , auxquels ces r^ijltats ijunent tran«mi9>

ont ey à leur toar le toH d^ négliger Tordre de phé^ noioènes doat les geos oou6 doi^aent cooiuiîa^aiifie^ et de ne reconoattre l'exi^oce que de celui qu'île rea** co&traieut au tejrme de toutes leurs abeteactÎMe; et eo opposiUoa au sensualiso^e de Tlaoîe^ s'eit |Mrodiitt ua îdésdbioe qui , abeor|)eat l'effet daos la cauae » ie fiai daae l'iofiui» la natière daue la autMtaace^ est bientôt arrivé au terme de toute philosopliîe lAMîwte, c'est-à-dire à la négation de toute existence réelle.

Or, entre ces deux syetèines, ou plutôt au-dessus de ces deux systèmes, le sens commun, juge en der^ nier ressort de toute philosophie, le eens commun qui ne peut concevoir Tiuiité sans la {tJuralité, rinfimMua le fini^ la substance sans le phénomène, la eauiPe sana l'effet , éemt nécesaairoment protester contre des ré<^ sukaÉi qui sacrifiaient systénatiquement l'un à l'autre; et en e&t, après les ab^rationa des loaioM et des Éléales, le scqAicisme, qui est Ja prefiMère appsrîtieii du bon sens sur la scèfie phiimqihîque , amit proposé les obîecUons ^ les doutes qui se présentaient eu fiMle contre leurs systèmes. Le besoin de se défendra aMaa les phlosophes de la dialectique^ de là, la néosasHé et i'iaiiportanee de Zenon. Mais cette dialeetique , partie d'un point de vue exclusif, n'avait fait qu'augmenter ies doues et les incertitudes. Les sophistes ^ epi faisant tourner à leur profit cette disposition des esprits, avaient cependant produit un résultat heureux : edui 40 répandue l'instruction et les lumières, de faire sentir de plus en idus le besoin d'asseoir sur des bases solides et fipLOs l'édifice des conaaisjâances humaines. 11 fallait à la philosophie une méthode, pour qu'elle

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pût combattre dans leurs excès.!' idéalisme et le 96nsualisme : cette méthode, nous l'avons vu , Socrate la mit au monde. Nous avons vu aussi, dans les écoles cynique , cyrénaique et mégarique , la philosophie grecque, un peu incertaine encore, assurer ses premiers pas et s'essayer à marcher, en quelque sorte; il est temps de la voir prendre , sur les ailes de Platon , un plus noble et plus brillant essor.

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