PLATON
La nature avait réuni dans Platon ses dons les plus divers, comme si ellç se fût complue à former en lui le plus beau génie que la philosophie ait présenté à l'humanité. L'éducation intellectuelle qu'il reçut le prépara dignement au rôle important qu'il devait remplir. • La lecture des poètes avait formé ses premières études ; sa première ambition avait été de les imiter. U s'était exercé successivement dans les genres lyrique, épique, dramatique ; il se livra aussi à la peinture et à la musique; mais il abandonna bientôt ces essais de sa jeunesse , pour des méditations plus sérieuses. La géométrie leur succéda; elle lui servit d'introduction aux recherches spéculatives , et c'était en raisonnant d'après son propre exemple qu'il interdisait l'accès du sanctuaire de la philosophie à ceux qui n'avaient point d'abord été initiés à cette science. Il avait déjà recueilli les leçons d'Heraclite, lorsqu'à l'âge de vingt ans il fut admis à l'école de Socrate. A lantQrtde son maître, il accompagna à Mégare ses principaux disciples, et là il entendit Euclide. Ses voyages sont fort célèbres : en
Italie, il trouva les sages issus de l'école de Pythagore : ArcbitaSy Philolaûs, Timée; en Egypte, il puisa dans le commeroe des prêtres les connaissances astrono* miques, et chercha à pénétrer les traditions mystérieuses dont ils étaient dépositaires. Il parcourut toute la Grèce, habita trois fois la Sicile, observa toutes les formes de gouvernement , les lois , les mœurs , les constitutions des états, résida dans les cours, fut en rapport avec les princes ; mais , toujours indépendant et jaloux de son indépendance , il crut fonder , dit un historien moderne^ il crut gouverner un assez bel empire, en érigeant l'Académie (1).
Élève de Socrate et pénétré de sa méthode, Platon devait débuter par la psychologie. Voici les traits principaux de sa théorie des facultés de l'flme. Il distingue deux facultés principales : celle de sentir et celle de penser. Sentir, c'est être affecté par une impression extérieure; penser, c'est opérer sur ses idées. La faculté de penser se divise à son tour en deux autres : l'entendement et la raison. Ces trois sources de toutes connaissances sont l'objet d'analyses pénétrantes et ingénieuses : le domaine des sens , celui de l'intelligence , celui de la raison , sont déterminés avec une rigueur, une précision, une méthode admirables. Mais en reconnaissant dans la conscience humaine les connaissances variables et contingentes que donne la sensibilité , ce n'est point à leur
(1) VAoidéndt était ime promenade située liors des mon d'Athtees» et ainsi nommée d'après un de ses premiers possesseurs. Cet endroit subsista Jusqu'au temps de Sylla , qui en employa les arbres pour le siège d'Athènes. L'éeole fondée par Platon fut nommée Acadùnie^ parée qu'il la tenait dans tet endroit , à edté d'un petit temple qu'il arait érigé aux Muses.
M PHUiOSWWË AirOIENflE.
étode qii'H s'arrête : par^ielà ce monde apparent ^ KMMe, dont il ne nie point i'existence, siaia qoi -ne peut lui offrir de fondement solide pour la science qu'il Y6Qt éteter ( car il n'y a , selon lui , pmni de sdmèoe de es ijfttt posée ), il a entrevu un monde Supérieur ^ un monde qu'il appelle idéal, et dont l'autre n'est qu^un reflet et une image imparfaite. On comprend que nous Toulons parler ici de ces deux ordres d'idées que nom avons déjà vus se produire dans les systèmes antérieurs. Ge qui frappe le plus Platon , comme ce qui avait esLcllé d'abord l'admiration de Pythagore, ce sont ces notions d'unité, de substance, de temps, d'espace, de cause, etc., qu'il trouve en tète de toutes ses méditations; mais il avait trop vu , et trop bien vu , il ap* puyait ses observations sur une méthode trop sAre, pour tomber dans les excès de l'idéalisme éléatique et pythagoricien. H ne sacrifia pas à ce qu'il y a de gé» ncral, de nécessaire, d'absolu, dans nos conceptions, les notions particulières, contingentes et finies que possède l'àme humaine. Il ne nia point les acquisitions de nos sens, pour reconnaître uniquement celles que découvre notre raison; mais c'est à celles-ci qu'il s'at<> tacha particulièrement, et c'est pour expliquer la présehce dans notre conscience de ces vérités nécessaires qu'il mit au jour sa théorie célèbre des idées {4).
Lq raison aperçoit des lois éternelles, marquées du caractère de l'universalité et de la nécessité : mais d'oii lui niennent-elles ? d'où sont-elles tombées dans ce monde de l'apparence et du changement? Comment
(1) Lenel idées doit èire pris ici dans me aeceplHm toate particsiâève ,«t dans uu sens diflëreat de celui 4u*ea laid^Mie oidînairaiiNSi.
rbomioe^ créature bornée, est-il admis à la ccoàDaîssance des lois qui régissent ce monde ? £o présence de tel objet, il proclame qu'il est beau; léatoin de telle action, il prononce qu'elle est \ertueuse : mais d'où lui vient l'idée de la beaulé, d'où lui vient celle de la vertu?
Voici comment Platon résout ^ces hauts et difficiles |>roblèmes.
Les notions générales sont nécessaires à toutes nos .pensées; elles eptrent dans tous nos raisonnements. En e0et, pour définir l'objet le plus particulier, ne &ut-il pas que nous ayons recours à la supposition d'une idée générale à laquelle nous rapportions l'olyet ^ définir , et qui lui donne son nom de genre ? Mous ne pensons , nous ne définissons qu'à l'aide des idées générales. Mais ces notions ne sept point explicables par les notions particulières, puisque celles-ci seraient inconcevables sans elles. Elles ne viennent donc point des sens, qui sont la source du particulier et du variable ; elles appartiennent à l'esprit lui-même , à la raison , dont elles sont les objets propres. Elle ne peut même rien changer à la notion qu'elle en a ; elle peut l'analyser, mais non la détruire, ni la faire^ Voilà donc les notions générales qui d'un côté sont dans la raison humaine comme objets, et se trouvent néanmoins essentiellement indépendantes de la r^iison ,.qui les conçoit.
11 importe, pour que l'on se fasse une idée exacte de la théorie platonicienne, qu'on s'arrête sur cette observation importante : les notions générales qui apparaissent à la raison humaiue ne sont pQint ^QO PU-
vrage; elles existent indépendamment de rhumanité qu'elles régissent, et du monde où elles font leur apparition. Considérées sous le point de vue de leur indépendance , les notions générales , ce sont les idées en elles-mêmes. On a cru longtemps que Platon avait donné aux idées une existence substantielle : ce reproche n'est pas fondé. Il n'a point abusé ainsi de l'abstraction. Les idées ^ considérées en elles-mêmes, sont les attributs de la raison divine ; c'est là qu'elles existent substantiellement , non pas dans la raison humaine, où elles apparaissent mêlées à la pluralité des notions sensibles et particulières. Il y a la même différence entre les idées considérées en elles-mêmes et telles qu'elles existent dans l'entendement divin , et les idées devenues l'objet des conceptions humaines , qu'il en existe entre la raison divine et la raison humaine. Notre raison n'est qu'un reflet de la raison divine; de même nos notions générales ne sont que des reflets des idées prises en elles-mêmes : celles-ci sont les types de toutes choses, types éternels comme le Dieu qu'elles manifestent.
C'est à cette théorie des idées que se lie étroitement celle de la réminiscence. Platon ne pouvant expliquer par l'expérience l'apparition dans l'esprit humain de ces idées générales dont les modèles reposent dans l'entendement divin; frappé, par exemple, du caractère de nécessité dont sont marquées les vérités mathématiques, certains principes de morale, qui entraînent d'une manière forcée l'assentiment universel, suppose que nous avons appris dans un autre monde les choses que nous nous rappelons dans celui-ci , et qu'apprendre.
pour l'homme , n'ei^t rien autre chose que se ressau-venir : fiction ingénieuse qu'il ne faut pas prendre à la lettre 9 et qu'il n'a imaginée, sans doute, que pour giieux faire concevoir la nature de ces principes absolus qui dominent tout jugement et toute discussion; pvior cipes à l'aide desquels on démontre, mais qui euxmêmes ne tombent pas sous la démonstratioD , et qu'il suflGt de dégager et de présenter à l'esprit, pour qu'il les conçoive et les admette immédiatement , sans au* cun raisonnement, par la vertu qui est en lui et qui est en eux.
La conséquence de cette théorie sublime , la voici : Gomme les notions générales qui apparaissent , soit daps l'homme dont elles éclairent la raison , soit dans la nature dont elles constituent les lois , ne sont que des copies , et des copies qui , par leur alliance avec les notions particulières ou les choses, perdent de leur perfection et de leur clarté , ce n'est point là qu'il faut s'arrêter : il faut partir de ces copies pour s'élever à leurs modèles suprêmes et à leur substance , qui est Dieu. La philosophie , comme l'entend Platon, conaste à s'élever sans cesse du particulier au général , du coblingent au nécessaire , des idées sensibles aux idées rationnelles, des phénomènes physiques aux lois qui les régissent , de ces lois à leurs modèles incorruptiUes , et de là à leur éternel auteur. La science ne doit tendre qu'à la connaissance des idées générales ; elle doit s'y attacher comme à ce qui est essentiellement, en se séparant du sensible, du variable, du contingent, qui n'est qu'un phénomène, une pure apparence, sans réalité.
99 putLOtotnt AJttïEmY..
tt y I , eMnme on peut le tcm> par cet aperça , Ken» àà ïa gtnRKkiH' et sans doute beaucoup de vérité dans* cette haifle métaphysique : mais Ptaton , «n s'élevanf dans octte «j^^ére supérienre , s'y est quelquefois eo-* ytiof^ de brittsats nu^es ; if n'est pas toujours aisé d6le saivreawsejnr de ce monde- des nrits, rers lequel' le raiÉèDd sms eesse un îrrésistililc penchant;^ et queh ^Ibitf kl dïseii^ de Soerate , per^ daas de vagues ahwi'agtionir, a pris peut-être des chimères pow diss'
Les diflérentes parties de la philosophie de Raton «ènt emftrehites do mémfr esprit , et dîri^^ dans le
MRDKF D11t«
Aiiriî, lors^'ft oon^ldire an !iet otl^ , il aépaté sd- 'tèrement la malfMi'e dn hesu , qut çst sppureÈlt!, iMMé, laf^iHe, saomfa!» «ttûA, âe kr beauté eRc^ taém<&, qili tfeat pas une îmagé, nutis tme idée; et é'éSt à cette IteanCé idéale qu'H rapporte l'amour, Vàtmirr véritable, eetuîdeFâme.abftBdoBnantfamatrérc^ riffdnW de la beauté, son phénoméoe externe, son ot:$et îT^Wè , au phéAoméne correspondant de l'amorir se»sIMe. teHe est kt théorie de la beauté idéile et de falAoui^ platoilrique.
La ftiorale ne tepoae ^s; sdien im, sur le principe dtf l'âMlganfon, sur ïa défiintion du d^vok', nnts sur la tendMnce à la perfection, Afe« Socralé, R fAaçaH i le souverain trien le terme auquel rhomme doit r«r par sa nature. Platon distingue le» Mens dwiti» » biens humains. * Les premiers sont tel» par eoshes, Se suffisent k eux-mêmes, sont permanents et issaires à l'être moral. Trois conditions les con»ti-
ttpiwijiB ,&N«i«, tu
mmt : kl vérité , Ibarmonie, la beauté; toattt tnw ap^UefiMot à l'ordre dea »éjbs, leur réujûôn fiMNM la perfecftioD. La divinité en est dwc le siège > la aaane^ la règle, coauaae la notion de la divinité en «al le type* La vie entière de Ibonme doit eue ce»* iierée par la uàg^BM à ae r^ppMcher die ce modèle* >
Qtmmm Socrate, il identifie la politique à la. moralat la pfeniéie n^eat à ses yeux que la aeeoigde apfdiquée à la aofîéÉè humaine. Tel est l'eaprit entier de 9M traM ée Im MépMitfiœ, oà la morale individuelle et ka iMtî* ftioM sociales sont teVesient unies , qu'on se méprend sMvent en appliquant k celles-^^i ce qu'il n'entend que deoella^là.
Si noua eonsidéroBa maintimant Platoa diusa ses rapports a?ee les philoeophea qui l'ont précédé, noua vervona comlnen il a au donner de forée et de relief am vérités déjà déoouwrles* Son génie marqua tout œ qu'il emprunta à ses devanciera^ et particulièrement aux pythagoriciens, d'un caractère d'originaUté. U aut ndlier les divers essais de la philosoptûe, dans les directions les plus opposées, à un seul ayalème pleiâ d'harmonie, dont les avantages sont : l'unité fondée sur les idées; la fusion en un seul et même intérêt moral , de tous nos motifs d'activité spéculative et pra* tique; le lien étroit qu'il établit entre la vertu, la vérité, et la beauté ; la multitude d'idées et de vues nouvelles que ce système contient en germe ; enfin , la puissant intérêt qu'il inspira pour la scienee, et dont Il devint lui-même l'objet.
Nous devons remarquer aussi parmi les nombreux s^nrices que Platon a rendus à la philosophie, 4"" le
88 raiLOSOPHIE ANCIENNE.
premier aperça des lois de la pensée , des r^les de la proposition^ de 1^ conclusion et de la preave, de la méthode analytique , un essai de logique , en un mot , auquel on peut rapporter la première tentative qui ait été faite pour fonder une langue philosophique; 2"* une idée plus explicite de Dieu comme un être éminemm^it bon, et une déduction plus précise des attributs divins; Dieu représenté comme auteur du monde, en tant que lui ayant donné la forme , c'est-à-dire , comme ayant introduit dans la matière brute et informe l'ordre et Vharmonie ; Dieu considéré comme auteur et comme exécuteur ou garant de la loi morale; le premier essai réfléchi d'une théodicée , suivant laquelle Dieu n*est pas* responsable de l'existence du mal , qui provient de la matière, et d'autant moins, qu'il a d'ailleurs ordonné toutes choses pour que le mal soit vaincu ; enfin , le premier développement formel delà spiritualité de Vâme, et le premier essai de démonstration en faveur de son immortalité.
Les philosophes pythagoriciens et les Éléates avairat écrit en vers. Les Dialogues (1) de Platon , quoique écrits en prose , sont constamment animés du soii^
(1) Les p)us célèbres sont : Criton , ou du Devoir du citoyen ; la scène de ce dialogue est dans la prison de Socrate , auquel Criton avait conseillé de se sauver par la ftiite : c'est avec.le Phédon , dialogue sur rimmortaUté de l'âme, un des plus beaux morceaux de Platon et de toute la Uttérature ancienne; CraiyU, ou de la Nature des noms; Thtùèit, ou de la Science; Parménide, ouvrage destiné à Texposilion de Tidéalisme de l'école d*Blée ; le Banquet , ou de TAmour : c'est le dialogue auquel il a mis le plus de soin; Thtagè$, ou de la Sagesse ; Protagoras, ou les Sophistes, chef-d'œuvre de finesse , dans lequel les sophistes sont combattus avec leurs propres armes; De la République, ou de ce qui est Juste, en 10 livres, ouvrage regardé comme le chef-d'<Buvre de Platon ; Timée , ou de la Nature , *tc.
MUXIÈME ÉPOQUE. 89
poétique : ils ont une forme dramatique; on y \oit étalées toutes les richesses de Tiniagination la plus brillante, tous les charmes de l'éloquence et de Tesprit atUque. 11 nous en est resté trente-cinq ( ou cinquantesix en comptant ses ouvrages sur la république et les lois, d'après le nombre de livres dont ils se corn-
posent).
La philosophie de Platon est l'idéalisme : mais grâge à la sagesse et au bon sens , qui , par un heureux accord, se trouvaient unis dans ce grand homme à l'imagination la plus vive, cet idéalisme ne tombe point dans les extravagances que nous avons justement reprochées aux philosophes éléatiques.
Un autre génie .moins élevé peut«ètre , mais plus vaste et plus étendu, va maintenant nous occuper. Nous allons trouver encore dans Aristote , avec une méthode, un système et des vues tout différents, le même esprit de sobriété et de retenue que nous venons de reconnaître dans Platon. La philosophie d' Aristote a pour base le sensualisme ; mais la rectitude et là fermeté de sa raison sauront le préserver des aberrations et des excès dans lesquels les physiciens d'Ionie ont été irrésistiblement entraînés.
ARISTOra.
Aristote de Stagyre, ville de Macédoine, située sur le Strymon, naquit 384 ans avant J.-G. Son père, Nicomaque, était médecin, de la famille des Asclépiades (1). Dans sa jeunesse il se destina à la médecine,
(1) Asclépius oa Bscolape , prinee ttieuidieii du 13* sièe&e avant notre
M PHIUMOMIE ARCIIMIE.
et c'est Mme deute i 09 genre d'ét«éeiqa'il Ait Is goAt pour riûstoire naturelle, qu'il àtvtiof^ ÙÊUtim •uHe. A l'âge de dix-sept ans , U se reaiiit à Mbèoe», et fut pCDdMt YÎ> ans le (tiscipte de Matcn, kpri» Nk ■ort de ee pWosopbe , il passa qiiHqiie lempe aiipf<is d'HerMîaa, prim» d'Atarné en Mysie, dont par la suite il épousa la sœur ou la Qlle. Hermias ayant prfr{ i^Me mamièm nalheurewe, Arisiote aUa k Wtjlëfte, d'où Philippe y roi de Macédoine, l'a^x^ ^ n omi* famr soifBer l'édocation de sou fils Alexaddre, agi l4or» de treize ans. Ce prinoe étant monté sur l» trôoe, Aristote se retira à Atbèoea, ou plutAt, selon aae opinion plus vraisemblable, il aceompagm scm aiiciea âMve juaqu'en Egypte, et ne revint i Athènes que l'an 331 »TMt i.'C. y avec ie» ■ntèriaux <)a'il snrit rectieMie peur eon bïstove des saimma. 11 y ériges une éeole qui fut appelée péripatéticienne, dans «n bèlîment B6DUDé Lycée (d'après un temple dédié à ApollMi Ii/eim ), U y donnait deui espèces fie leçons : le« ttnee, où tout le monde était admis, avaient posr ofa^l les oonnaîsaanoes les |rfus usuelles de la vie coumuoe ) les autres étaient destinées exclesivement i ses diadi^ee. C'est  cause de cette distinction que par la suite les ouvrages d'Aristole ont été divisés en ésotériques ( inté- -'- ^ ou acroamatiqués ( scientiflques ) , et en ea!Otéextérieurs). Après la mort d'Alexandre le Grand, i éprouva des persécutions qui le forcèrent de
n Grite Im premières conD*iss*Dtes en médecine; iimt.ponr
;, «levé m nng Ah dieux. Ses «mnaltsailees ftirenl longtemps I et Iransmises de géDération en génération parmi ses descendants, ■ 4W01 1* bon d'A>d<plide«.
se retirer à CfisM^ , en Eubée, où il^ motirat, proba*' ftfoment après s'être ettipoisonné , à l'Age de 69 an».
tt semble d'abord qu'il n'y ait rien de commun entré îa philosophie de Platon et celle d'Aristote : les hisM^ riens y en effet , ont mis beaucoup de som à feire res* sortir les^ dffféi^ences qui les séparent ; et if n'est rietf de si tu^^e que Topinion qui rqf^résente ces dent grande philosophes comme formant entre eux le plutf parfait contraste. Cependant , comme chacun d'eux , tout en obéKssant à son propre génie y a été assez sage pouf ne pohrt sortfr des bornes que la raison prescrit ; comme ii y a dans Fidéatisme du premier , rinsi qutf dans le sensudismc dn second , cette sobriété et cette tempérance sctei^tiques qui le» préseryent des écarts^ dattft fèsquek s^égarent ordinahnement Vvtn et Tautrct sj^stème ; êephi»^ comme chacun d'efux , en embrassant ICf e^rcle entier do la philosophie, était pMtrtu d'un «êpnl ttsaet tàsie p<mr {M'oduire un système pi^esqiféf ëtrit^ift, nous pettTons dif^ qu'il existe entre eu* plud de ràppcftvt qu'on ne le pense généralement.
Leé partisans exclusifs du fondateur de l'Académie, Mfbsant au philosophe de Stagyre tout ce qu'ils acc(^ dent k son prédécesseur , ne veulent trouver en lui quel te représentant et le législateur de la philosophie enn piriqtte i de l'autre côté , les philosophes qui ont ehercbé à fonder des systèmes sur la base unique de l'ob^ ëertation sensible, et qui reconnaissent Arktote pour leitt' maître, se sont efforcés de représenter Platon eomme m réteur sublime , perdu dans le monde dé ses idées archétypes^ et s'eccupant fort pén des appli-^ estions que l'on peut ftiire des principes phtiosopbiqueil
à rétude de la nature et de rhumanité. Des deux côtéSy égale erreur, égale injustice. Oo a pu voir, par ce qui précède, que la philosophie de Platon n'est pas toujours dans les nues : sa morale , sa politique , sa théodicée , sa logique , prouvent assez que sa haute raison ne négligeait pas les résultats positifs pour se livrer exclusivement aux spéculations abstraites. Nous verrons bientôt qu'Âristote n'est pas plus exclusif que son maître.
Certes , si l'on poussait à leurs conséquences légi« times le sensualisme d'Aristote et l'idéalisme de Platon, tout rapprochement entre ces deux philosophes deviendrait impossible : c'est même ce dont on ne peut douter , lorsqu'on songe à la lutte qui divisa si longtemps leurs successeurs. Les académiciens et les péri* patéticiens ont outré, comme il arrive presque toiqours, les systèmes de leurs maîtres ; ils n'étaient pas, comme ceux-ci , assez forts pour être modérés, assez profonds pour être complets ; il ne pouvait donc y avoir entre eux aucun accord possible , aucun rapfffochemeni durable. Mais il faut le répéter : la gloire d'Aristote est de s'être arrêté sur la pente rapide qui entraîne presque toujours le sensualisme à des résultats déplorables ; comme cdle de Platon avait été de conserver toute la fermeté d'une raison éclairée , au sein même de l'idéalisme.
Ainsi, Aristole reconnaissant expressément dans notre âme et dans la nature la présence de ces principes et de ces lois, dont nous avons déjà parlé plus d'une fois, et qui , marqués du caractère de nécessité et d'universalité 9 ne sont poipt susceptibles d'être
trouvés par rexpérience^ ou démontrés par le raisonnement , les reconnaît comme l'ouvrage de la suprême intelligence^ à laquelle il rend un éclatant hommage : Tâme humaine » dans laquelle ces principes absolus font leur apparition y lui parait participer de la nature divine ^ et il se prononce par conséquent pour son immortalité.
Aristote même va plus loin que Platon : ces idées , que celuiH^i avait admises sans s'attacher à les énumérer, le méthodique Aristote les étudie , en fait le compte , et tâche même d'en présenter la classification ; il les dispose en catégories , et cet effort sublime de l'esprit humain est une des entreprises les plus hardies qui aient jamais été faites dans les hautes régions de l'idéal.
Mais ici commencent les différences : faibles au point de départ , elles deviennent de plus en plus profondes, de plus en plus sensibles. Les idées sont placées à la fois sur les fontières de deux mondes : frappé* de leur caractère auguste, Platon n'aspire qu'à remonter vers leur éternel auteur , et s'élance sans cesse hors du domaine de ce monde visible. Aristote au contraire, au lieu de partir de ces idées pour remonter par l'abstraction jusqu'à leur source invisible, s'attache à les suivre dans la réalité et dans ce monde. Son génie calme, positif, classifilcateur et ennemi de l'abstraction , en étudie tous les phénomènes, en sonde toutes les profondeurs.
C'était certainement une conquête importante pour la philosophie , que la connaissance de ces principes absolus que lui avait révélés le génie de Platon ; Aristote lui fit faire encore un progrès, un progrès immense , en
g4 PH;L0&0PIIB ANCtEft^E.
pai4aflt au sein de la nature, des arts, des acîeiàces, des facultés humaines, son coil perçant et investigateur. lia soîeiice, avant lui, ne formait qu'un faisceau vaste et serré , peu susceptible d'être embrassé par les fwoef d'un seul homme ; sa main vigoureuse en détacha les différentes parties, et en détermina les caractères généraux : il devint le législateur de la métaphysique^ de la litgique, de la morale, de la politique^ de l'histoire liaturelle, de la physique, de la rhétorique, de ia grammaire.
C'est ainsi que va toiigours en s'agrandissant le domaine de la philosophie, ainsi s'élargit sans cesse la aphère de la raison humaine : sans doute , la philo* Sophie de Platon était plus élevée que celle de son auocesseur; mais celui-ci n'a-t*il pas gagné en étendue ce qu'il perdait en élévation ?
Aristote distingue deux sortes de connaissances : l'une médiate^ et l'autre imméeUote. « La première, ditnl, est celle que nous tirons d'une connaissance antérieure, à l'aide de quelque moyen; la seconde est oelle qui s'obtient par elle-même : or il n'y a point de aérie infinie dans les déductions et les moyens qu'elles emploient; il faut donc remonter aux principes, à des principes qui se suQisent à eux-mêmes, qui portent en eux-mômes leurs propres lumières. » c Les premiers principes, dit-il ailleurs, sont indémontrables parleur nature, et voilà pourquoi ceux qui ont voulu exiger indéfiniment une démonstration pour chaque chose , ont été conduits à considérer toute science comme impossible , ne pouvant en effet lui donner de hase ; il
faut donc pas disputer sur les principes. » Aristote
BEUXIÈIIE ÉPOQUE. 05
fftft aussi une distinction importante entre la science et
Vopmion : ^ it y a des choses vraies , mais qui peuvent
être autrement qu'elles ne sont. La science ne s'occupe
point de choses semblables ; elles ne sont que Tobjet
de 4'opinton : cet objet peut donc être vrai ou faux. Il
n'en est pas de même des principes universels qui
soBt) à proprement parler, l'objet de la science. » Il
y « donc , selon Aristote , trois classes de virités : 1* tes
vérités qu'on obtient par la démonstration^ les vérttés
déduites ; S*" les vérités générales qui servent de base
à la démonstration^ et qui viennent de la raison même;
3^ les vérités particulières qui viennent de l'expérience
sensible.
Les vérttés de la seconde classe, ou les vérités g^iéraies , ont été de sa part l'objet d'une exposition ana* l3rtique : elles sont comprises dans dix catégories (4)^ qui ne sont autre chose que la théorie des idées dePla-» ton, développée et régularisée. C'était là certafnement la question imposante et vitale de la métaphysique , et par conséquent de la philosophie tout entière.
(1) Nmis verrons , dans la suite » ces cêitgories d*Arifilole » reprodvttM, \ des degrés diflérenls : par Leibnilz, sous le nom de uéritts tUnuUesg par récole écossaise , sons le nom de lois constitutives de la nature hu» >iMlfie;|mr7UBt, eoQS le nom d'ides de la raison pare: «t devenues enfin de nos jours, sous le nom de vérités absolues , Tolifet d'une analyse supérieure , de la part de M. Cousin , qui , après avoir montré les vices des dassiflcations antérieures , a réduit ces principes à deux : le principe de la causaliieti celui de la substance.
Voici les dix catégories ou prœdicamenia 4'Arifitote : suiMUnee^ quanUté, qualité, relation, lieu, temps , situation , possession, action, passion. De ces Catégories, Ârlstole distingue les catégorèmes ou pradica^ hUia , fui ae rapportent aux premières et sont au nomlNre de cinq : le genre» respke 9 jUdi£Kre&ce , le propre et Taecident.
Mais il faut convenir que si cet essai de classification supposait dans son auteur une grande puissance d'analyse , Aristote n'en a pas tiré dans l'application tous les résultats que Ton pouvait en attendre. Il y a même une contradiction manifeste entre l'adoption de ces principes , ainsi réduits en catégories , et ,1e dogme fondamental de la philosophie d' Aristote : que c'esi par l'expérience qu'il faut s'élever des notions particules aux principes universels. Comment cet universel^ qui est absolu et nécessaire, pourra-t-il dériver des sens et de Texpérience, dont le caractère est toujours contingent? Aristote ne l'explique nulle part d'une manière satisfaisante : et c'est précisément ce qui peut servir à nous expliquer pourquoi une philosophie qui prétend tout trouver à posteriori, se rapproche cependant d'une théorie qui avait procédé â priori : c'est qu' Aristote n'a pas employé dans toute sa rigueur la méthode expérimentale ; c'est qu'il lui était difficile de rejeter entièrement cette théorie des idées, qu'il combat sans cesse, mais qu'il adopte, comme malgré lui, sous un autre nom et une forme différente ; c'est que, de même que l'idéalisme de^ Platon avait subi l'influence de la raison socratique , de même le sensualisme empirique d' Aristote avait été considérablement modifié parTidéa* lisme de Platon.
La logique est^ selon Aristote, l'instrument (organuni) de toute science ou philosophie , mais seulement quant à la forme, car c'est l'expérience qui doit fournir la matière pour être travaillée en principes généraux. Cette restriction importante fat plus tard, dans le moyen-âge surtout, bien souvent méconnue : on attribua aux for*
mules aristotéliques , et particulièrement au syllogisme, dont Aristote donna lo premier' les lois, une puissance et une valeur dont elles sont dépourvues. Le principe sur lequel repose la logique d'Aristotp est celui de la contradiction, d'où résulte toute vérité dans le raisonnement \ mais il est la règle et non l'élément constitutif de cette vérité.
Les principaux points de sa phjsique sont ceux-ei : la natqre, principe du changement^ ne fait rien sans. un but; ce but est la forme. Quand on parle du hasard, ce sont toujours des causes et des lois réelles qu'il faut supposer, quoique nous les ignorions. Tout changement suppose nécessairement une matière (substraium) et une forme : un changement est la réalisation du possible en tant que possible; cette réalisation du possible porte le nom si connu, mais si peu compris généralement, d'ENTÉLÉGHiE. Dès lors que le possible, la matière, prend une forme et se développe d'une certaine manière particulière, il est tel et non autre, tout autre lui manque. La matière, Isi forme et la privation sont donc les trois principes du changement. Il y a lieu à changement , quant à la substance , la quantité , la qualité et le lieu. Le temps est infini; le corps et l'espace sont finis, quoique susceptibles de division à l'infini. Le mouvement en général n'a, comme le. temps, ni corn* meuçement ni fin. Il doit pourtant y avoir un premier moteur , qui ne soit point mû lui-même. Ce moteur doit être éternel et invariable; son être est l'activité, la vie éternelle et pure : c'est Dieu.
aristote distingue deux ordres de facultés qui se rapporteql, l'un à l'entendement, l'autre à la volonté.
PHlLOSOraiE ANCIENNE.
Il Iraite dans ses ouvrages psychologiques des fiicultéa du premier ordre; celles du second sont l'objet de ses traités de morale, il emprunte la notion de Tâme à la théorie métaphysique qu'il s'était foîte. Il distinguait , comme nous venons de le voir , dans toute substance, sa moHère et "SSi forme : la matière , dit41 dans son traité de Vânie , est comme la cire ; la forme , comme l'empreinte qu'elle reçoit. La matière est à la forme ce que la possibilité est à la puissance. La seconde, en s'appliquant à la première, produit la réalité. La matière n'est rien par elle-même ; la forme lui donne son caractère, c'est l'acte qui l'accomplit, c'est l'entéléchic. Or l'âme est distincte du corps, mais lui est unie, comme la forme l'est à la matière. L'âme est l'entéléchie du corps organisé, c'est-à-dire : tant qu'elle est encore inactive, elle est une force et une force rédle , quoique assoupie; mais lorsqu'elle déploie son action, elle devient la force dans toute sa plénitude (4).
Après cette définition de la ixature du principe intdlîgent , Âristote en développe avec une sagacité admirable les principales facultés : la sensibilité, l'imagination, la mémoire, la tolonté, la réminiscence. Ses réflexions sur le sens commun , sur la conscience, qu'il observa le premier avec clarté, offrent un puissant intérêt. Mais il est bien moins heureux, lorsqu'il sovtient l'unité du principe pensant, an un seul être identique, et qu'il rejette la pluralité des âmes. On voudrait aussi qu'en accordant à l'âme le privilège d'être
(1) Celle déflnition de la ferce, comme pouvoir moyen entre la puissance cl rade, a élé adoptée par Leibniti ; mais, comoie nous le renroDS plus tard » il en a faii une appUcaCion bien plus étendue.
impérissable, il ne réduisit pas singulièremant oelle immortalité) en lui refusant la. permanence de la mé«moire et de la conscience.
U est temps de développer les conséquences pratiques que le fondateur du L^cée a Urées de ses principes. Nous y verrons que si, dans la spéculation , son esprit, formé à Técole de Platon / a été ibrcé de reconnaître plusieurs espèces de vérités, il a été entraîné le plus souvent , dans l'application , à ne tenir compte que de celles que produisent Texpériénce et l'observation sensible.
Le point fondamental de la morale d'Aristote est ridée du souverain bien et du but final. Le but final est le bonheur , c'est*à*dire la somme des jouissances qui résultent de l'exercice parfait de la raison ; un tel bonheur étant ce qu'il y a de plus élevé , est aussi plein de dignités Cet exercice parfait de la raison est la vertu t or la vertu est la perfection , soit de la. raison q>écala^ tiye, soit de la raison pratique; de là, deux sortes de vertus, la vertu intellectuelle et la vertu morale. La première dans sa plénitude n'appartient qu'à Dieu, et emporte la suprême félicité ou la béatitude absolue ; la seconde, faite pour l'humanité, est le perfectionnement constant de la volonté raisonnable , produit de la liberté , dont le premier il mit en lumière le caractère psychologique , et dont la loi est de marcher constamment entre le trop et le trop peu : loi arbitraire ( car qui déterminera celte juste mesure que l'homme 4oit conserver dans toutes ses actions? ) et qui d'ailleurs en suppose une autre plus élevée et plus fixe. Le principe sur lequel^st fondée la politique d'Aria-
lote, est V utilité, la convenance des moyens à leur fin. C'est ici que , fidèle à son principe , Aristote se prononce d'une manière expresse en faveur de Tesciavage et même de la tyrannie. U y a , selon lui , des hommes destinés à l'esclavage, d'autres à la liberté et à la tyrannie ; les uns doivent commander , les autres obéir ,
et cela pour leur plus grand avantage. Il y a des mortels qui sont rois de droit naturel^ et au nom de l'intérêt de tous : « Son roi naturel , dit M. Cousin, ressemble si fort à Alexandre, qu'il n'est pas impossible que le mattre ait «ici pensé à son héroïque écolier; mais je crois plutôt que c'était une conséquence de la rigueur de son esprit et du principe d'utilité, qui divise d'abord la société en esclaves et en maîtres , puis, dans ceux-ci , en prend un pour gouverner tous 1^ autres , et force les passions de fléchir sous le joug des lois. La politique de Platon est républicaine, mais aristocratique ; celle d' Aristote est plus monarchique : elle a peur du désordre plus que de la tyrannie. »
Sa théorie des beaux-arts est à moitié empirique ; ce n'est plus la théorie du beau idéal de Platon ; l'art, selon lui, n'est que Timitalion de la nature. La rhétorique et la poétique lui doivent leur forme scientifique; et, dans les deux dernières, il est encore aujourd'hui un de nos législateurs. A tant de titres (i), il faut en-
(i) Aristote a composé un grand nombre d*ouvrages, mais il n'en a publié que très-peu. A sa mort , les manuscrits passèrent entre les mains de Théopbraste son disciple , et , après celui-ci , entre celles de Nélée , de Sccpsis. Les bériUers de ce dernier, dit M. Sbœll , craignant d'être inquiétés pour ce trésor par les rois de Pergame, daiis les étals desquels Scepsis était situé, les cacbèrent dans une cave , où ils restèrent cent quatre-vingt-dix ans exposés à rhumidlté. Dans la suite , ils fuSut achetés par dn certain Apellicon
DEUXIÈME ÉPOQUE, iOi
core ajouter celui de père de l'histoire naturelle. C'est dans son Histoire des animaux et ses autres ouvrages analogues qu'il put justrfier tout ce qu'il avait professé sur Tutilité de Texpérience : il y déploie un esprit d'observation infatigable; il exploite les matériaux les plus abondants (i) ; il décrit les phénomènes^ les distribue, les compare avec une merveilleuse exactitude. Son Histoire des animaux fait encore aujourd'hui , après les progrès immenses qu'ont faits les sciences naturelles , l'admiration de tous nos savants.
Un auteur moderne :(2). résume ainsi les principaux mérites d'Aristote, qu'il rapporte à cinq titres : V la dimion et la classification des sciences; 2"" l'extension donnée à leur domaine par l'histoire naturelle, l'économie, etc. ; 3*" la langue philosophique déterminée et enrichie; 4M'uBion de l'histoire philosophique avec l'étude de la philosophie ; S"" le sage emploi du doute comme préparation à la recherche de la vérité.
On peut lui reprocher : i** un désir trop marqué de rabaisser les philosophes qui l'ont précédé; 2"" l'extrême
qui les transporta à Athènes. d*où Sylla les enyoya à Rome, et permit à tout le jnonde d'en prendre des copies. Une copie de ces ouvrages , faite par Tyrannion , affranchi de Mécène , étant tombée entre les mains d'ÀHORONicus de tthodes, celui-ci les mit en ordre, y ajouta des sommaires et les revit avec beaucoup de soin.
C'est un fait assez extraordinaire, que de tous les peuples modernes, les Espagnols soient les seuls qui aient une traduction complète d'Aristote dans leur langue. Mais elle est restée manuscrite à la bibliothèque de Madrid : son auteur avait mis cinq ans à ce travail.
(1) On prétend qu'Alexandre employa plus de mille individus, et flt une dépense de plusieurs millions , pour procurer à son ancien précepleur des oljets d'histoire naturelle et des mémoires.
(2) Guriit , Esquisse de l'histoire de la philosophie.
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obscupité et la sécheresse de son styl^; 9" un b^oin exagéré de combinaisons systématiques; 4* Tabus d^ expressions techniques, des divisions et des distinctions.