ACADÉMICIENS
Il y aimit dans ia philosophie de Platon deux parties distinctes, dont la réunion forme ce vaste et beau système qui embrassait i la fois Dieu , Thumanité et le monde. Deux espèces d'enseignement introduisaient à Tétude de cette théorie. L'un, réservé à quelques disciples choisis, était précisément cette doctrine des »ÉBs, cette oontemplation des principes absolus qui éclairenf d'en haut la raison humaine , et dont nous avons feit déjà remarquer les rapports aveo la doctrine des nombres de Pytbagore. L'autre partie, consignée danâ ses écrits et objet d'un enseignement public, était plutôt dialectique que dogmatique , et embrassait plus particulièrement le domaine de la science humaine* De ce double enseignement sont sortis deux genres de systèmes bien différents : l'un exploita l'héritage des hautes théories y l'autre s^empara des armes que Platon avait dirigées contre cette raison livrée à elle-même, qu'il a réduite à la simple opinion : de là, te dogmatisme toujours croissant de la première académie , et le scepticisme de plus en plus réservé de la nouvelle ; la divergence devint chaque jour plus sensible, comme le développement de l'exagération de chacune d'elles, dès l'instant où la séparation eut lieu.
La première acadpmie, dirigée par les successeurs
DEU3L1ÈMB ÉPOQUE, lOS
immédiats de Platon , est toute pythagoricienne et idéaliste : c/était le développement de la philosophie de leur maître. Speusippe, neveu du fondateur de l'académie , avait composé de nombreux écrits qu\ ne nous sont point parvenus. Il admettait deux criterfum de la vérité, qui correspondent, Tun aux choses sensibles, l'autre à celles qui sont du domaine de la science* Il parait qu'il ne modifia que très-légèrement la doctrine de Platon. On pouvait cependant remarquer dans son système un commencement de pylhagorisme. Ut tendance idéaliste se montre à découvert dans les écrits du philosophe le plus célèbre de cette école , de Xéno- CRATE. Il reproduit la monade et la dyadef et la terminologie empruntée au système des nombres^ 11 définit l'âme un nombre qui se meut Im-méme. Il avait aussi exagéré singulièrement la psychologie pythagoricienne j car , au rapport de Cicéron , il séparait tellement l'âme du corps, qu'il était difficile de dire ce qu'il en faisait: il forçait pareillement les conséquences de la morale platonicienne, s'il est vrai, comme le rapporte encore Cicéron , qu'il exagérait la vertu et déprimait tout le reste. J^olémon d'Athènes, auquel succéda Gratès, gouverna ensuite l'académie. L'un et l'autre confirmèrent leurs leçons par ui^e vie qui leur mérita la vénération de leurs contemporains : étroitement unis pendant leur vie, ils furent ensevelis dans le même tombeau. Enfin Crantor, de Solii, ami et disciple de Xénocrate, maintint la doctrine du fondateur de l'école, sauf un petit nombre d'altérations , principalement dans l'enseignement populaire et pratique.
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