‹ Histoire de la philosophie ancienne et moderneChapitre 31 sur 72 · DOCTEURS JUIFS · texte numérisé non relu

DOCTEURS JUIFS

* Les Juifs, pendant la captivité dé Babylone , avaient pris connaissance des traditions religieuses des Perses; tine autre colonie avait vécu en Egypte. Là , le com« merce avec les Grecs s'établit à la suite- des travaux qui ' donnèrent le jour à la traduction des Septante, sous la direction de Démétrius de Phalère. L'itifluënoe de ces communications ne tarda pas à se fiiire sentir ^ lorsque les Juifs furent revenus dans leur patrie. Fen« dant qu^à Jérusalem , les Pharisiens et les Saducéent se divisaient entre eux, les premiers commentant le texte de la loi, les seconds s'attachant au sens littéral, les Esséniens et les Thérapeutes s'exerçaient en secret -à une vie contemplative, à une morale austère, à unie sagesse qui leur a mérité les éloges des historiens.

AaiSTofttJLE , le premier, tenta non-seulement d'aWer, mais même d'identifier en quelque sorte les traditions des livres sacrés avec la philosophie et la littérature

d^ Grecs. 11 alla jusqu'à supposer des vers som los noms d'Orphée» de Liuus, d'Hésiode et d'Homèvq. Pour doojder faveur à son système, il interprétait les livres saqrés par les doctrines grecques; il expliquait Torigine de ces doctrines, et celle de là • mythologie même, par les lois et renseignement de Moise.

Philon , qui s^près lui continua ce genre d'interpré-* tatipn, partageait, dit-on, les opinions des Esséniens. Il mit à profit la connaissance qu'il avait acquise de tous les systèmes grecs, et en .particulier du systènie de Platon^ qui s'accorde à tant d'égards avec les idées religieuses de l'Orient, pour représenter sa. religion, nationale comme une doctrine parfaite €l divine. C'est dans le même esprit que,, plus tard, l'historien Josèpbk revêtit le judaïsme de la dépouille philosophique des Grecs.

La. contemplation de l'ordre de l'univers peut bien , selon Philon, nous porter à la connaissance de la di-. vinité, mais ce n'est là qu'une simple préparation à la science qui doit immédiatement s'obtenir par la con* templation de Dieu même. Il distingue avec Platon le monde intelligible et le monde sensible ; Dieu et la ma-tiére sont des principes existants de toute éternité. IL admets d'après le même philosophe , le monde idéjsU i$t: la religion des idées , comme le type d'après lequel Ifi divinité a formé rquivers. Mais Platon avait conçu le& idées comme contemporaines de Dieu même. 11 n^ les avait point personnifiées; il avait assigné le. siège de. leur existence dans l'entendement divin. Philon. les ^rsonniûe, en compose son premier verbe, oi^ Xo^^. qu'il considère comme fils de Dieu, .comme .l%fir^$^j

Hi PHILMOMHE AlICtBMlC.

4e 6M «olioB «upH^me. Le second verbe est le Yei%e opértot réellement «ur le monde sensible. Chacune de oes trois vertus divines fut envoyée comme messagère pour exéenter ce grand ouvrage. C'est ce qui constittie la trinité de TEtre suprême , déjà reconnue , mais d'une manière moins absolue , par Platon. A ces emprunts dits k la philosophie transcendantale de Platon , Philon réunit plusieurs idées empruntées aux traditions orien^ taies. On en trouve un exemple dans la distinction fiiite par lui de l'homma céleste et de l'homme terres* tf6 ; dans Thypothèse de cet homme primitif » qui a servi de type à l'humanité mortelle » hypothèse qui se mpproche bie» plus de la notion de Zoroastre que de celle de iiaton.

Philon distingue le^ deux Ames, Tune raisonnable et l'autre privée de raison. Il attribue à la premi^ trois facultés, l'entendement, la sensation, la parole; il laisse à la seconde la passion et les afiBsetioas seùsibles. « L'entendement est non-seulement un esprit divin, c'est une portion inséparable de la nature même de la divinité. Il a aussi son verbe , analogue à cehii de DiM ; semblable à la cire, il contient en lui virtuellement toutes les formes. L'âme a préexisté au corps ; elle est libre. Tantôt revêtue des sens, elle n'aperçoit que les <AoBes sensibles; tantôt s'élançant par un essor spontané, se dégageant des organes matériels, elle s'élève à la vue des choses intelligibles. C'est à cette délivrance des chaînes du corps que le sage aspire; cette lutte contre les sens est son exercice. C'est par la contemplation que l'homme obtient toutes les lumières et parvient à toutes les vertus. »

Ni}viNiy8 d'Apamée , qui qualifia Platon du sumom de MiM$^ aitiqm, admit en partie ces innoyattoos. U perfoctionaa la aoiion de la triniié, en distinguant dans r£tre divin incorporel j d*abord le Dieu primitif, su* prftoie, rintelligence immuable^ éternelle et parfaite; SAGOndeaieat » le* créateur du monde, le démiurge , existant dans un double rapport, avec le Dieu primitif» wsmie sott fils, et avec le monde,, comme son auteur. Il soutint aussi l'immatérialité et Timmorialité de l'âme.

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