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DES RÉALISTES ET DES NOMINAUX

Ce fut alors que s'éleva dans l'école la célèbre dispute des réalisies et des nominaux. Elle avait pour objet y eommé nous l'avons déjà expliqué plus haut, de détermines l'emploi légitime et la valeur positive de

ces idéed générales , de ces universaux que l*écote regardait comme la clef de la science. L'examen d'un passage de rintroduclion de Porphyre à l'organum d' Aristote sur les diverses opinions des platoniciens et des péripatéticiens , relativement aux idées de rapport , donna naissance à cette contre verse, qui atteignait directement le pivot de la science philosophique , et dans laquelle la théologie se trouvait aussi impliquée , par Tefifet de l'étroite connexion que l'esprit du temps avait établie entre l'une et l'autre. Un chanoine de Gompiègne, nommé Roscellin^ prétendit que les idées générales ne sont que de simples abstractions que l'esprit' ^e forme par la comparaison d'un certain nombre d'individus qu'il rapporte a une idée commune; il en conclut que cette idée commune n'a pas d'existence hors de l'esprit qui la conçoit; il parait enfin qu'il avait été jusqu'à dire que les idées générales ne sont que des mots , fia tus voc.

Son opinion reçut de là le nom de nominatisme. Il n'était pas le premier qui l'eût ' émise ; elle avait, été déjà soutenue par Stilpon de Mégare. Mais vraisemblablement il en tira des conclusions contraires aux doc* trines de l'Église. Abailard lui reproche d'avoir prétendu qu'aucune chose n'a de parties , et que les mots seuls par lesquels on désigne les choses sont divisibles. Par conséquent , selon Roscellin , J.-G. n'avait pas mangé une partie réelle du poisson , mais seulement une partie du mot poisson : opinion qu'il taxait d*absurdité et d'impiété.

Mais une conséquence bien plus importante découlait des principes du pauvre chanoine de Gompiègne et

dltira sur iui les foudres de TÉglise, Si toute idée générale n'e^t qu'un ipot, il suit qu'il n'y a de réalité que dans les particularités , et alors beaucoup d'unités peuvent paraître des abstractions; entre autres l'unité par excellence, l'unité qui fait le fond delà très-sainte Trinité se trouve en péril ; il n'y a plus de réel que la Trinité formant trois personnes , et n'aboutissant qu'à une unité nominale , à un signe représentant le rapport de trois. Il est vraisemblable que Roscellin n'atait pas lui-même tiré ces conséquences; mais elles découlaient de ses principes ; il fut donc mandé au concile de Soissons en 1092. Il se rétracta, metu moriiSy dit St Anselme qui écrivit contre lui un traité pour démontrer l'unité de la Trinité.

Guillaume de Champeaux, disciple de Roscellin , qui enseignait à Paris au prieuré de St-Victor y se jeta à l'autre extrémité et outra le réalisme. Il soutint que les idées générales sont si loin d'être de purs noms , que ce sont au contraire les seules entités qui existent , et que les individus dans lesquels on avait voulu résoudre les idées générales n'ont eux-mêmes ^'existence que par rapport avec les univërsaux. Par exemple, disait-il, ce qui existe, c'est l'humanité dont tous les hommes ne sont que des fragments et des parties. Bayle a conclu de ce passage que Guillaume de Champeaux avait adopté un système analogue à celui de Spinoza ^ qui ne reconnaît dans le monde, comme nous le verrons dans la suite , qu'une substance réelle formant la base de toutes les choses individuelles. Mais cette opinion est au moins hasardée. Il ne fut jamais question d'une substance du monde entre les réalistes ot les nominaux.

Les deux sectes ne s'occupèrent que de Savoir si lôs universaux, les idées générales, sont ou non des substances, et communiquent ou non la substantialité aux choses individuelles.

ABAUAED.

Guillaume de Champeaux avait acquis à Paris une grande célébrité dans l'art de la dispute : autour de lai accourut un concours immense d'auditeurs. Mais sa gloire fut bientôt éclipsée par celle du fameux Abjli- LARD, dont les prodigieux succès comme professeur contribuèrent à l'établissement de l'université de Paris.

Pierre Âbailard était né vers l'an 1080, à Palais, petit village situé près de Nantes. Le désir de s*instruire lui fi( parcourir les principales écoles où Ton enseignait la dialectique, et l'attira à Paris où cette étude florissait plus que partout ailleurs soùs Guillaume de Champeaux. Le disciple ne tarda pas à rivaliser avec son maître, et n^eut pas de peine à vaincre un adversaire auquel il était si supérieur. Abailard joignait à une Imagination de feu une pénétration extraordinaire, une sagacité rare , un sentiment profond pour le beau et le vrai , et un caractère rempli d'énergie. Il avait étudié, outre les Pères de l'Église, plusieurs écrivains classiques, Cicéron, Virgile, la Logique d'Aristote, le Timée de Platon ; et la lecture des auteurs profanes avait influé d'une manière avantageuse sur son style , qui est infiniment plus pur, plus élégant et plus intelligible que

celui de ses contemporains.

La collection de ceux de ses écrits qui ont été pu-

PMHttnE iPOOt^E. HH

Mléi fte renferme guère que ses lettres ^ ses écrttt acétiques, théologiques et moraux. C'est dans ses manuscrits encore inédits que l'on trouverait sa pbilo-* éophie rationnelle (1). Ils renferment , à ce qu'il paraît, Attr la grande question des universaux , des documents pirëeiéuK , foute desquels il est difficile de connaître au jdsié quelles furent à ce sujet les opinions d'Abailard. On sait qu'il s'était déclaré avec autant de force eetitr'ô le nominalisme de Roscellin que contre le réa« Uéme de Guillaume de Champeaux. Il enseignait, selon toute probabilité 9 que les idées générales, sans avoif iitie réalité objective, propre et indépendante, sont une conception de l'esprit ; mais que cette conception a besoin^ pour être formée et soutenue dans l'esprit, de s'appUyér sur les signes du langage : il leur donnait pour pivot non le simple terme, comme Roscellin, tnâis la proposition, parce qu'elle exprilne le rapport et la connexion du sujet et de l'attribut tels qu'ils sont i^&isis par l'etitendement. Sa carrière philosophique avait commencé par sa lutte avec Guillaume de Cham*' peaux ; elle se termina par une controverse plus sérieuse avec Stfiernard. Celle-ci offre quelques traits semblables à celle qui s'est élevée entre BossuetetFénélon. Abai« lard fut condamné comme Fénélon et se soumit avec la même docilité. Il avait codiposé à l'usage de ses élèves un traité dans lequel il s'efforçait de leur expliquer rationnellement le dogme de la Trinité. On lui reprochait d'avoir attribué dans ce Traité la toute-

(1) Les bénédictins en ont donné la liste dans rHistoire littéraire de France. André Duchesne avait promis de publier sa Logique, mais il n*a point malhettreitsement tenu sa promesse.

puissance «au Porc à un meilleur titre qu'au Fils et au Saint-Esprit, et d'avoir mis par conséquent de ladiflfêrence dans ce qui n'en devait souffrir aucune. 11 se servait, pour expliquer la Trinité, de <^tte comparaison qui paraissait équivoque et peu orthodoxe : de même que la majeure, la mineure et la conclusion ne sont qu'un seul syllogisme; ainsi le Père, le Verbe et l'Esprit ne sont qu'une seule essence. Il parait enfin que l'orrginalité de sa théologie consistait surtout en ce qu'il donnait peur loi à la volonté de Dieu les attributs mêmes qui sont inhérents à Dieu, comme la bonté, la justk^, etc. ; identifiant ainsi la volonté et la nécessité dans la nature divine. C'est là ce qui lui attira , avec la réfutation de Robert Palleyn , professeur à l' université d'Oxford , depuis cardinal et chancelier de l'église roçnaine, les censures sévères de St Bernard (i).

Les circonstances de la vie de cet homme célèbre peuvent donner quelque idée des opinfons et des idé^ de ses contemporains. Elles nous montrent quelle était dès lors l'émulation qui se manifestait pour l'étude dans la jeunesse française , quel intérêt passionné excitaient les talents du maître^ les controverses qui s'élevaient, et le caractère que prenait la rivalité des chefs d'école.

(1) Saint Bernard lui reprochait aussi d'avoir enseigné que la foi n'est iutre chose que la croyance : définition impie qu'il donne, dil-il , in primit lihris Theologiœ suœ , vel potiàs Slidiaogw, Au reste • saint Bernard ne poursuiTait que les doctrines d^Abailard , dont il avoue qu'U ne pouvait s'empêcher d'aimer la personne. Son zèle apostolique ne lui permetuit pas de laisser passer sans contrôle ses erreurs religieuses, qu'il résume ainsi: Cùm de Triniiate loquUur^ sapU Aeium; càm de gratiâ^ Pemgicti; don de ChHstOf Nbstorium.

PREUIÈRE ÉPOQUE. 217

Des- milliers d^auditeurs entourent le professeur (1) ; et lorsque , pour éviter la persécution , il est obligé de fuir-le théâtre de sa gloire, ils le suivent dans sa retraite^ et viennent camper^ pour Tentendre, jusque dans les forêts du Paraclet (2). Des moines irrités de ses réprimandes, ou prenant ses vertus pour des reproches , ou révoltés par les réformes qu'il conçoit, le tourmentent^ menaeent sa vie par le poison et Tassas- $inat(3). Des monastères, des abbés, se disputent l'honneur de le posséder, afin de s'approprier l'éclat de son enseignement* Une femme ^ objet de ses affections, première occasion de ses disgrâces , une femme qui . le surpasse en sensibilité^ en délicatesse, en vertus, semble presque l'égaler en. connaissances et en talents (4) ; après avoir été son disciple, elle devient ellemême abbesse du Paraclet , et dirige ses jeunes compagnes dans les études les plus élevées. Les lettres d'Abailard et d'Héloîse, qui ont mérité d'être con-> servées à la postérité, et dans lesquelles les modernes

(1) Parmi les disciples d'Abailard , Crévier compte 20 cardinaux et plus de 50 évèques on ardievèques. ( Eist, de Fum'v. , 1. 1. )

(8) n donna ce nom , qui signifie Consolateur, à un emplacement désert situé à deux lieues de Nogenl-sur-Seine» où il ayait bàli de roseaux et de chaume un petit et pauvre oratoire , en l'honneur de la Trinité. Il n*avait amené avec lui qu'un derc pour toute compagnie ; mais bientôt ce désert se peapla prodigieusement.

(d) n était alors à l'abbaye de St-Gildas de Ruys, dans le diocèse de Vannes, dont les moines l'avaient élu pour leur abbé.

(4) ir existe dans le Recueil des faits et gestes de l'abbaye de Clugny une lettre émle à Hélolse par Pierre le Vénérable , et dans laquelle le saint abbé félicite en ces termes celte femme illustre de consacrer à Fétude de la religion les connaissances supérieures qu'elle possédait : « Pro logicâ Eveuigelium^ pro Platane Christum , pro academiâ Ctaustrum^ Iota jàm et verèphiioiophiea nwUer Uçisti, »

SIS raiLOSOMtE DO VOYEIf-AGE.

ont trouvé tout Fiotérèt du roman le plus attachant , sont y aux yeux de rhistorien , un monument sérieux et instructif du développement qu'avaient acquis alors le9 idées et Tinstruction, ainsi quede la direction qn^etles Avaient suivie.

Parmi les contemporains d'Abailard(l), on distingue OiLBERT DE LA PoRÉE , évèque de Poitiers , qui porta dans Tétude des doctrines théologiques assez de har* diesse pour s'exposer aux censures de l'autorité ecclésiastique, mais qui montra en même temps assez d'habileté et de subtilité dans la défense de ses principes pour se tirer heureusement d'affaire. Il avait fait dans un ouvrage assez médiocre , intitulé Des six printipes, un résumé des catégories d'Aristote^ dont il avait réduit le nombre à six.

PiEftRE LE Lombard , auteur du Médire des sentences , sut donner à l'exposition des vérités théologiques un ordre et une clarté si remarquables, que son livre devint le manuel de tous les professeurs, qui ne firent le plus souvent que le commenter. Il avait , avec assez de tact et de sagacité, classé les divers problèmes de la théologie par ordre de matières, en exposant, avant de donner leur solution , tous les arguments que l'on pouvait pré^ senter pour ou contre. U fit faire , au reste, peu de progrès à la science. Il était de Novare , et devint évèque de Paris.

Gautier de St^Victor avait senti que l'application de la dialectique à la théologie n'était guère susceptible que de conduire à des résultats négatifs : dans ses écrits

(1) Oa éeHt tiMfti ^el^oefois Aheillard; de là le nom à' Abeille fi caUe , Apis gallica , qui lui fïit donné par saint Dertiard.

qa'il dirigea contre le Maître des sentences, fl essaya, mais en vain , de détourner ses contemporains de la voie dans laqudle ils s'étaient engagés.

Tandis que Bernaiid de Chartres , qui donna à renseignement de la grammaire y dans les écoles de Paris, une grande étendile et une sage méthode, se livrait a^vec ardeur à Tétude du peu de fragments que Ton pos* sédait alors de Platon , et qu'il essayait aussi , comme le fit quelque temps après, mais avec plus de talent, le savant Guillaume de Gonebes , de concilier la doctrine des IDÉES avec celle des eari<^iatf et des formes d'Âristote, le mysticisme trouvait un assez grand nombre de par^ tisans, à la tètedesqu^ se placent Hugues et surtout KicHAKn de St-Victor. Tous les deux étaUirent des régies pour la contemptatiùn.^^ich^Lvd comparait lelienoù elle étabIîC]son sl^e, au sommet d'une montagne, élevé ^u-dessus de toutes les sciences mondaines, d'où le sage ^t à sed pieds toute philosophie et toute science.

Cependant lliorizon scientifique s'agrandissait peu à peu; Tétude de Platon et d'Âristote, que Ton corn-mençait à mieux entendre, quoiqu'on n'eût point encore leurs principaux ouvrages , tenait les esprits en év^ , et les études littéraires prenaient insensiblement plus d'étendue. Le goût dominant était toujours celui de la dialectique, et des subtilités qu'elle entraîne lorsqu'elle estibreéede ne s'exercer que sur des mots. On commençait cependant à comprendre qu'il y avait quelque chose de mieux à faire que de discuter sur des lettres , ou de peser des syllabes ;'on sentait qu'il était temps de se livrer à des discussions moins puériles (1).

(1) On agitait alors ëans les écoles des questions à peu près au^si gratea

Jean de Salisbury, qui^ comme tous les disciples d' Abailard , se di&liogua par son goût et ses connaissances littéraires , fit tous ses^fforts pour élever l'esprit de ses contemporains à des études plus utiles, et cen* sura vivement la dialectique de son temps. Il repro* chait aux philosophes leur soumission aux r^les d'A* ristote , et leur foi aveugle dans la puissance des universaux. On connaît de lui deux ouvrages supérieurs ù ceux qu'a vus naître l'époque à laquelle il écrivait : l'un a pour titre Polycratkm ^ et l'autre Metalogictu.

Dans son Polycraticus^ Jean de Salid>ury s'est occupé de philosophie 9 de morale et de droit : il s'attache principalement aux applications pratiques ; il traite des devoirs et des droits des princes ; définit les lois et en marque le but ; il embrasse enfin les diverses branches de l'économie sociale. On voit avec surprise , dans un écrivain du douzième siècle y cette belle apologie de la liberté : < Il n'y a rien de plus glorieux que la liberté^ à Texception de la vertu , si toutefois la vertu peut être séparée de la liberté. »

Il dirigea son Metalogicus contre une secte d'obscu* rantistes du temps , désignés par le nom de Cmdfidens, et qui s'opposaient au développement des études : il employa contre eux les armes du raisonnement et de la satire, et défendit la méthode d'enseignement qu'avait développée Bernard de Chartres.

 DÉLARD de Bath et Alain des Iles s'élevèrent aussi, par leurs connaissances et leurs vues supérieures , au* dessus de leurs contemporains. Adélard avait visité les

que celles-ci : Un porc que Ton mène au marcbé esMl tenu par le conducteur ou par la corde 1 ^ Celui qui achète une robe achète-t-il aussi le capuchon?

écoles des Arabes , en Espagne , TÉgypte et FAsie-Mineure : à son retour , il consacra toute ractivité de son esprit au développement des études littéraires et philosophiques. Dans une allégorie ingénieuse qui respire l'esprit du platonisme, il représente un jeune

homme voué au culte de la philosophie, et qu'une déesse ennemie de la science , appelée Philoœsmie, s'efforce d*en détourner. La première l'emporte après une vive discussion, dans laquelle Philocosmien'a cependant rien négligé pour entraîner le jeune philosophe dans les séductions et les plaisirs, du monde. Adélard s'était occupé surtout d'exciter l'attention des philosophes d'Occident sur la philosophie des Arabes , qui , pos-çesseurs de la plus grande partie des œuvres d' Aristote, étaietit bien plus avancés que ne Tétaient alors les pro-* fesseurs les plus distingués de nos écoles.

Alain des Iles est l'auteur d'un poème célèbre inti^ iuléV Anii^Ctaudien. Au mérite d'avoir donné à ses idées philosophiques, puisées surtout dans le mysticisme alexandrin , le langage et les formes de la poésie, il joignit celui de remettre en honneur la philosophie morale , trop souvent négligée pour la dialectique , et dont Abailard s'était aussi particulièrement* occupé. Dans un livre qui a pour titre du Gémissement de la nature, il fait apparaître la nature , s'entretient avec elle et lui soumet plusieurs problèmes : on croit reconnaître dans le personnage qu'il lui fait jouer et les fonctions quil lui attribue , le DémUmrgos des nouveaux platoniciens (1). Ainsi commençait à se faire sentir

(1) Dans son invocation à la nature, on croirait entendre Synésius. En voici les deux premières strophes :

332 raiLOSOPHlK du V0YEN*à6E.

rinflaence des relations de plus en plus fréquentes qui s'établissaient avec, les Arabes.

La fin de cette première période de la philosophie scolastique , où Ton voit que l'esprit humain était allé aussi loin qu'il était possible avec le seul argammi d'AristotCi et les, livres mystiques attribués à St Dénia TAréopagite^ est signalée par les efforts qui furent tentés par Amalric de Chartres et Davii» de IKnant, pour développer d'une manière indépendante quelques idées empruntées à la philosophie ancienne , à peu près sous le même point de vue que l'avait déjà fait avant eux Jean Scot Érigène. Leur système était , à ce qu'il parait, une sorte de panthéisme. Si l'on en croit l'hi^ torien Rigore(l), ces deux scolastiques auraient eu connaissance des livres ie métapliyêique d'Aristote, qui à cette époque avaient été apportés de Constantin^le en France et en Allemagne. Ce qu'il y a de certain , c'est que l'autorité ecclésiastique, en condamnant sévèrement les erreurs d' A mairie et de David ^ attribua leurs hérésies à l'influence des ouvrages du pliilosq[>he de Stagyre : un décret de 1209 ordonna que tocs les ou^ vrages d' Arîstote fussent saisis et jetés au feu , avec défense, sous peine d'excommunication ^ de les lire ou de les copier de nouveau. Nous verrons à la fin du second âge de la philosophie scolastique j, ce même

O Dei proies genltriiqae reruiil « Vinculum mandi , slabilisquc besvs, GemuM torMiMfl, spacnlamoiteeli, Lucifer orbit!

PttX, amor, virtus, reKÎmen, poteslM, Ordo , Ux, flois , Tfa , dax , orl|» , Viia , lax , tplendor, species, figurt, Be^iknaadif

(1) Vie àt PbiUppe-Augiiste.

Aristote, mieux coddu, mieux apprécié^ traité d'une madière bien différentes et, le croîrait-00 ? sur le point d'être, canonisé.

Deuxième époque. — Depuis le treizième siècle jusqu'au

quatorzième.

Complète alliance du système de l* Église et de la phUosaphie ffAriêtote ; triomphe du réalisme. — Un vaste mouvement scientifique est imprimé par ies Arabes.

RÉSUMÉ GÉNÉRAL

AlkiiKit.

Alfarabi.

Avieense.

AbeaBsrâ.

PDILOSOPHES ABABE8.

û. 800 Alg^el.

m. 954 Thophaîl.

m. 1036 AverFoès*

PHIIiOSOiPlIBS ^UIVS.

m. 1174 , MsUm Maimnoude

PRINCIPAUX DOCTEUES 8COLA5TIQUXA.

Alexandre de Haies. m.

( Docteur irréfragable, ) Guillaume d'Auvergae. m.

Michel Scot. fl.

Albert le Grand. m.

St Bonaveiture. m.

( Docteur seraphique. ) Samt Thomas. ^ m.

( Docteur angeligue, ) Xichard de Hiddielon. m.

( Docteur très-solide, ) JSgidius GolooD^i. ' m.

( Docteur très-fondé, ) Herrey Ifatalis. m.

Arnauld de Villeneuve. m.

texmtMidLuUe* m*

( Docteur illumine'. )

m. 1197 m. IlilO n. 1217

1245 Vincent de Beauvais. m. 1264 Raymond de Pennafort. m. 1275 UM Robert Gro6Se-^ï6l«« m. 1253

^'217 Henri de Gand. m. 1293

1280 ( Docteur solennel, )

1277 Pierre de Lisbonne. m. 1SI77

(Jean XXI.) 1274 Duns Scot. m. 1306

( Docteur très-subtlL ) 130O François de Myronis. m. 1325

( Docteur trèS'âétU, ) 1316 Roger Bacon. m. lâM

( Docteur admirable. ) 1325 Durand de SU-Pour^ain. m. 1332 1312 ( Docteur irès-resolu. )

1315 Pierre dAlbano. m. 1320

( Conciliateur ifer di/fërenvss. )

22i PHILOSOPHIE DU MOYEN-ACE.

En s'appliquant à un fond aussi étendu et aussi riche que Test celui de la foi chrétienne, la dialectique avait dû nécessairement dépasser les limites qui lui avaient été impérieusement tracées : mais il s'en fallait beaucoup que celte dialectique fût encore de la philosophie. Pour qu'elle méritât véritablement ce nom , il lui fallait plus d'indépendance et de liberté; et pour concpiérir cette liberté, pour obtenir le droit de se séparer de la théologie, elle avait besoin de plusieurs siècles de progrés.

Pendant toule la durée de son second âge, elle ne fut encore qu'une simple forme de la théologie; mais cette forme acquit bientôt un tel développement^ elle parvint à un si haut point de perfection, qu'il était impossible que la théologie, pour prix des services qu'elle en recevait , ne lui accordât pas un peu d'indépendance. Elle en fut redevable à l'influence de trois hommes supérieurs : Albert le Grand, St Thomas d'Aquin , et Duns-Scot ; et au mouvement intellectuel qui résulta de Tintroduction des œuvres d'Aristoie commentées par les Arabes.

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