‹ Histoire de la philosophie ancienne et moderneChapitre 44 sur 72 · ESSAIS ORIGINAUX · texte numérisé non relu

ESSAIS ORIGINAUX

m. 1596 Nicolas TaureUus.

m. 152(7 Jordano Bruo.

m. 1598 Caiiq»anella.

■YSTIQCES ET GABAUSTES.

B. 1522 Robert Fludd.

Agrippa de NeUesheim. m. 1535 Jérôme Cardau.

Zorzi. 11. 1500 Vanhelmoot.

PaiRcaiae. m. 1541 OMhflWi

'Jeap Bodin.

MaebiaTeh

Téiésio.

Reuchlin.

brtlé «n 1600

JB. 1639

Ok i6»7 m. 1Ô96 m. 1644

Plusieurs causes réunies favorisèrent la renaissance des lettres au quinzième siècle. Il n'entre point dans notre sujet de les développer ; mais il est essentiel que nous les indiquions d'une manière sommaire. On peut les rapporter aux suivantes : l*" l'établissement dans les villes , d'une bourgeoisie libre , tenant le milieu entre la noblesse et les serfs y qui profita des privilèges et des droits que lui concédèrent les princes pour se livrer au commerce et à l'étude des sciences ; 2** Tabandon du code des barbares , et la reprise de l'étude du droit romain , devenue florissante en Italie (i); 3* les communications ouvertes avec l'Orient; 4"* la renaissance de la poésie en France , en Italie , en Espagne , et bientôt après dans le midi de l'Allemagne ainsi que de l'Angleterre; 5"* la découverte de l'imprimerie.

Mais l'événement qui exerça sur les destinées de la philosophie la plus grande influence fut sans contredit la prise de Constantinople par les Turcs; elle fit refluer en Europe , et surtout en Italie , une foule de savants grecs qui ^ possesseurs des ouvrages des anciens, se livrèrent avec ardeur à l'enseignement de la langue grecque. Leurs efibrts puissamment encouragés par les princes de l'Italie, et surtout par l'illustre famille des Médicis, répandirent de toutes parts la connaissance de la littérature ancienne; et ainsi fut déposé le germe

(1) Celui qui contribua le plus à répandre le droit romain , dont le basant avait fait découvrir un manuscrit, fui un Allemand nommé Wkrkbr, plus connu sous le nom dlRNÉRius , qui avait fait ses études à Constantinople , et qui enseigna avec éclat à Bologne. L'empereur Frédéric Barberousse fit tons ses efforts pour encourager et propager celte élude. U éleva les jurisconsultes aux honneurs et aux dipités , et accorda de grands privilèges aux étudianU.

PREMIÈRE ÉPOQUB. 26i

de celte nouvelle culture inlellectuelle, qui, basée sur l'étude et rimitation des écrivains grecs el romains, a pris le nom de liitércUure classique (1).

Déjà y avant leur arrivée , on avait commencé à rechercher les manuscrits ensevelis dans la poussière des cloîtres , et à profiter des idées philosophiques qu'on y puisait. Pétrarque et Boccace acquirent des droits incontestables à la reconnaissance de la postérité, par le zèle avec lequel ils travaillèrent à découvrir et à répandre tous les monuments de l'antiquité qui avaient pu échapper aux ravages du temps et aux invasions des barbares. Par leurs soins, l'Italie semblait être préparée à la révolution philosophique et littéraire qu'y opéra l'arrivée des réfugiés de Constantinople. Occupons-nous principalement des travaux de ceux qui y répandirent les ouvrages des anciens philosophes, et que nous pouvons regarder comme les restaurateurs immédiats de la philosophie en Europe (2).

(i) Od ne doit pas oublier qu'antéHearemenl à la naissance d'une littérature artificielle, apportée en Occident par les Grecs de Constantinople, il était sorti de l'état social de l'Europe , et du christianisme qui en fait le fond, des arts et une littérature nés spontanément de ses mœurs et de ses croyances; C'est là, à proprement parler « ce que Von peut appeler la lUtérature ro^ maniique. C'est le développement du moyen-âge dans Fart et la littérature.

(2) Parmi les savants auxquels on doit la restauration de la littérature grecque , mais qai n'appartiennent qu'indirectement à la philosophie , nous distinguerons : Emmanuel Chrysoloras (mort en 1415); /eo/i Argyro" phyle ( de Constantinople, mort en i486 ) ; Jean LascarU ( mort en 1535) ; Démélrius Cal chondy le {mori en 151t ) ; Ange PolUien ( mort en li9i) ; Hermolaus Barbarus ( mort en 1493 ).

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