‹ Histoire de la philosophie ancienne et moderneChapitre 47 sur 72 · NICOLAS BB C1I · texte numérisé non relu

NICOLAS BB C1I

I^e cardinal Nicolas de Guss (ou Gusa), petit en* droit aux environs de Trêves , avait puisé dans l'étude des ouvrages de Platon un profond [dégoût pour la scolastique. 11 avait infiniment moins d'érudition que les membres de l'académie florentine, mais il fut bien plus réservé et plus sage dans les dévelo[^menls qu'il donna aux doctrines de Platon. 11 s'attacha surtout à en reproduire la partie pythagoricienne ; ce qu'il fit d'une manière originale, par le moyen des mathématiques. Mais il eut le bon esprit de voir que si , avec la théorie des nombres de Pythagore, on peut rendre compte des phénomènes du monde extérieur et remonter à leur source dans l'unité primitive , cependant on ne reconnaît celte unité primitive que par ses développements numériques, et non point directement et dans son essence. Selon lui , la connaissance de la vérité absolue n'a pasétédonnée à l'homme , et il est des choses que le sage doit ignorer. 11 avait écrit une Apologie de la docte ignorance > Apologia dociœ ignoranAœ, livre singulièrement curieux, quand on pense qu'il a été écrit au milieu du xv* siècle ; car le cardinal Nicolas de Guss est mort en i404.

FIBRRB RAXI7S.

A mesure que l'idéalisme platonicien étendait ses conquêtes, la lutte qu'il avait à soutenir contre les partisans d'Aristote devenait plus vive et plus passionnée.

VIO PaAL084>»aiE HMUNE.

Le péripatélisme , persécuté ailleurs , triomphait alors dans Funiversité de Paris. PicaiiE Lk Ramée , autremenl nommé Ramus, osa diriger contre lut d'énergiques attaques^ et paya bien crueUement sa hardiesse. U avait été principalement engagé dans sa lutte par aon dégoût po«r les aubtilités de l'école, dont il croyait tronier la cam» dans rétttde exclusive des princîpecl d' Aristote. 11 se fil bieatAt de puissants ennemis et devint l'objet d'uae violente persécution. Tour à tour privé de la chaire qu'il occupait dans l'université, rétaUi, dépouillé de nouveau , forcé de quitter la Pranoe et y revenaot ton* jours, il fut massacré , dans la nuit dé la Saini-Barthé* leray , par des soldats qui fur^it envoyés dans sa naaison par Charpentier, le plus fougueux et le plus faaaAiqua des péripatéticiens de c(stte ^que. Les écoliers , ame«ié& par leurs régents, bii arrachèrent les entrailles, et le tralnmnt par les rues.

A peu prés à la même époque , la phUosoplne d'Aristote , qui dominait pareillement en Espagne, s'y livrait aussi à de déplorables excès. StPvhyàBA, pecrfesaewr de Salamanque , empruntait au péripalétkaae des arguments en faveur de l'inquisition , et dtf^Mlait , a« nom d' Aristote, l'esclavage des Américains^ 4)ûiitre le 4Bage et pieux Barthétemy de Las-Gaaas. Ainsi la phBo- Sophie , qui avait été déjà et qui devait être si socHreni encore victime de l'intolérance et du fanatisme, se montrait elle-même fanatique et intolérante! tant il est vrai qu'il n'est rien qui ne soit dénaturé par les passions humaines.

L'assassinat de Ramus ne fit qu'augmenter sa celé* hrîlé : on rechercha avec empressement ses ouvio^gas ;

PRSMIÉIUE ÉPOQUE. 871

aon oppoftitioii aux doctrines péripatéticiemes ^ ei la méthode dialectique dont il avait lui-même tracé kg régies , trouvèrent dé nombreux partisans en France , en Allemagne, en Angleterre (1) et dans tCNis les pays où le protestantisme commençait à se répandre. La philosophie, comme science, profita peu de ses écrits; mais il fit faire à la méthode et à la langue philosophiques des progrès dont il est juste de lui tenir compte.

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