FRANÇOIS PATRIZZI
Parmi les interprètes de Platon elles adversaires dtt péripatétisme, se distinguèrent encore, à cette époque^ Taqrellus, Goclémus, et surtout le Dahnate Fran-* çois Pâtrizsj, critique [habile, spirituel et instruit^ mais aveuglé trop souvent par sa passion pour le néoplatonisme et par sa haine pour la phUosopU^ d'Aristote. Cette double disposition domina dans tous ses ouvrages , et surtout dans ses DUmssianes peripa" teÛcŒy qu'il publia par parties s^rées. £n tète de ce livre , il plaça une biographie d' Aristote dans laquelle il accumula les accusations et les invectives. Les motifs de sa haine se fondaient sur ce que le philosophe de Stagycé aysât, prétendait-îl, empoisonné son bienfaiteur^ Alexandre le Grand; qu'il avait payé Platon de la plus noire ingratitude ; qif après avoir emprunté sa philosophie à ses prédécesseurs, il les avait tous dépréciés; qu'enfin il avait nié l'existence de Dieu , la providence, et l'immortalité de l'âme , doctrines pour lesquelles il
(1) Le célèbre auteur di Paradis perdu, iiuJKai, arrangea et fédttUit 9kt lardi fwr fiiMge des clams , sa logiiiae aiiti-péripatéUeienae.
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méritait d'être poursuivi comme ennemi [de l'Église chrétienne.
Dans le plus célèbre de ses écrits , Ncm de vmoenis philosophia, dédié au pape Grégoire XIV , Patrizzisapplia ce pontife de bannir des académies et des éooles catholiques la philosophie d'Aristote, et d'ordonné que les ouvrages platoniciens , et surtout ceux d'Hermès Trismégiste et de Xoroastre, dont il fit une édition , fussent publiquement enseignés, comme étant très* propres h. ramener les protestants dans le sein deTéglise romaine. 11 y présenta ensuite un système philosophique qui n'était qu'un amalgame d'idées empruntées aax nouveaux pythagoriciens^ a\ix alexandrins, aux caba* listes, et surtout aux écrits d'un de ses plus illustres contemporains, Bernardo Télésio, dont nous parlerons plus tard. Quatre parties composent son ouvrage : la Panaugie, la Panarchiej la Pamphsychie, et la Pmcainàe, d'après les quatre objets qu'il traite, savoir : la matière substantielle, les principes, l'âme, et enfin les lois de l'univers. On y trouve quelques beaux rêves vivement exprimés et attrayants pour l'imagination ; mais c'est là son seul mérite : l'esprit philosophique n'en retire aucun autre fruit que d'apprendre à se défier des hypothèses hasardées et d'un enthousiasme irréfléchi.