‹ Histoire de la philosophie ancienne et moderneChapitre 58 sur 72 · GASSENDI · texte numérisé non relu

GASSENDI

Gassendi, que Tennemana appelle le plus savant parmi les philosophes , et le plus philosophe parmi les savants ) formé ou tout au moins grandi à l'école de Bacon , et placé par conséquent dans le point de vue du sensualisme, consacra sa vaste érudition à la défense et à l'exposition de la doctrine d'Épicure. Déjà avant

(1) H. BestuU de Tracy en a demie la trtducUon dans ses jélàHoOs tf idéologie ( 3« part. Logique » l. 2 )«

lui Guillainne de BÉRicARD^vait^ proposé un syslèpe éclectique fondé sur la doctrine des atomes , comn^ç présentant un système de. la nature approprié aux doctrines du christianisme, entreprise tentée aussi à la jnêipe époque par Daniel Sennert et par Cbrysostôme Mîi<;r4ENUS, auteur du Democriêus reviviscens, compilation peu estimée. Mais les travaux de Gassendi laissèrent bien loin en arrière ces faibles essais.

Ce philosoptie joignait à un jjjgement sain beaucoup de goût et un esprit profond, il avait aussi un talent naturel, mais que l'art savait développé à un point extralbrdinaire , pour classer ses idées ^'après les lois de la saine logique^ et pour les exprimer avec précision, clarté et élégance. Sa vie littéraire fut extrêmement active. Il entretenait une correspondance très-suivie avec les savants les plus célèbres de son temps, Galilée, Kepler, Mersenne, Hobbes, Ménage , la reine Christine de Suède, etc. Il était principalement lié avec le célèbre voyageur Bernier, qui lui avait voué un attachement si sincère , qu'il demeura son compagnon presque inséparable pendant les dernières années de sa vie.

En exposant la doctrine d'Épicure, Gassendi déclara qu'il en rejetait tout ce qui était contraire au christianisme. Malgré ces réserves, il est impossible que Ton ne remarque pas ^ans ses ouvrages, av^c les principes et les procédés de la philosophie épicurienne, les conséquences matérialistes qui s'en déduisent nécessairement. La tendance de son système se manifesta d'ailleurs d'un% manière évidente dans l'ardeur avec laquelle il ^^mbattit l'idéalisme naissant de Descartes (i), et

(1) Il l'appelait sonvenl ô «sprit ! A ^uoi Dekartw répondait S matière !

S88 PHiLdsoniB moderne.

TeBlime toute particulière ^u'il faisait des Outrages et Hobbes, de Gve et de Corpore. Sorbière, son élève et son ami , nous apprend que quelques mois atant sâ mort> ayant reçu ce dernier ouvrage, il le baisa avee respect y et s^écria que c'était un bien petit livre , mats qu'il était rempli d'un» suc précieux , meduUd tcalti.

Dans ses discussions avec Descartes, il eut, sotis on point de vue, un grand avantage sur son antagoniste, c'est de iFavoir jamais perdu sa bonne humeur au milieu de la chaleur des arguments philosc^hiques. L'indifference avpc laquelle,il regardait la plupart des points en Jitige entre eux était peut-être la princK* pale cause de ce sang-froid dg caractère qu'il déploya constamment dans ses controverses, et qui forme u& contraste si remarquable avec l'irritabilité naturel^ de Descartes» La confiance même de Gassendi en son maître favori, Épicure, était loin d'être si absolue et si entière , s'il est vrai qu'il eût coutume de donner pour raison de la préférence qu'il accordait è la phy« sique d'Épicure sur la théorie des tourbillons , que ^ chimère pour chimère , il ne pouvait s'empêchwjde se sentir quelque penchant pour celle qui était de deux mille ans plus ancienne que l'autre*

Par une heureuse inconséquence, Gassendi, malgré son attachement à la philosophie d'j^pieure^ se distin^ gua toujours par des moeurs pures et une sobriété extrême. Sorbière rapporte plusieurs faits qui proiv^it son orthodoxie. U mourut avec une grande sérénité d'âme et les sentiments de la piété la |^ifs vive, en

6 ccarol Gassendi ne se distingua pas moins .par ses vives et spiriluénes at- U4vci(coulro Arislole «IcouireFludd.

4OS69 étaat âgé de 63 ans. Ses dernières paroles furent : VWto Cë quê ù'ett qm la vie de l'Iwmné /

La aéfie des déductions logiques avait conduit Hobbes, d'une métaphysique basée sur la sensation^ au dogme de le morale intéressée. Un écrivain ingénieux et spirituel I La Rochefoucauld y promulgua le code de cette morale désolante dans ses Maximes , ouvrage qui exerça autant d'iofluenoe sur le goût littéraire que sut les principes philosophiques de la société française ^ à répoque où il écrivait* « L'amoUr-propre est le mobile de toutes les actions humaines* » Telle est Tuniqde pensée qui fait le fond de ee livre ; mais elle est pré-^ sentée sous tant d'aspects variés qu'elle est presque toi]yours piquante. En lisant cet ouvrage , il ne faut pas oublier que c'est au milieu du tourbillon des Cours que son auteur a trouvé l'occasion d'étudier le monde 1 et que la sphère étroite et circonscrite où il a vécu ne devait pas lui présenter les modèles les plus favorables de la perfection de la nature humaine. On peut en juger par les maximes suivantes :

La clémence des princes n'est souvent qu'une poli* Uque pour gagner l'affection des peuples.

Cette déoience^ dont on fait une vertu , se pratique tantôt par vanité, qudquefois par paresse ^ souvent par crainte , et presque toujours par toutes les trois ensemble*

La constance des sages n'est que l'art do renfermer leur agitation dans leur cœur.

L'orgueil est égal dans tous les hommes , et il n'y a de différence qu'aux moyens et à la manière de le mettre au jour.

L'amour de la j ustice n'est, en la plupart des hommes, que la crainte de souffrir rin|ustice.

Ce que les hommes ont nommé amitié n'est qu'une société , un ménagement réciproque d'intérêts, un échange de bons offices : ce n'est enfin qu'un commerce où notre amour-propre a toujours quelque chose à gagner.

On fait souvent du bien pour pouvoir impunément faire le mal.

Les vertus se perdent dans l'intérêt | comme les fleuves se perdent dans la mer.

Les hommes ne vivraient pas longtemps en société, s'ils n'étaient les dupes les uns des autres. *

Voltaire a remarqué que l'effet des Maximes de La Rochefoucauld avait été d'améliorer le style français : nous pouvons ajouter qu'elles n'ont pas moins contribué à y mettre en vogue ces peintures fausses et dégradantes de la vie humaine, dont, après lui, la France et l'Angleterre se virent inondées. Nous devons cependant à La Rochefoucauld la justice de reconnaître que, dans le commerce de Ja vie, il offrit un exemple remarciuable de toutes les qualités dont il semblait nier l'existence.

L'auteur de cetle horrible maxime : € Qu'il y a toujours dans Tadversilé de nos amis quelque chose qui ne nous déplaît pas^ » fut un ami sincère et dévoué. En affirmant que l'amour-propre est le mobile de toutes nos actions , il avait eu sans doute Tintention de présenter cetle vérité comme un fait qu'il avait vu se vé-

rifier dans les plus hauts rangs de la société , par sa pcppre expérience ; et noua Jie pouvons penser que la réalité du âentiment moral fût niée d'une manière ab* solue par l'auteur de cette maxime belle et profonde : « Que rbypocrisie est un hommage secret que le vice rend à la vertu. »

vvFtBmonté

Ce fut encore d'après lés principes de la morale intéressée, développée par Hobbcs, et résultant de la philosophie sensualiste^ que Samuel Puffeisdorf ( né en 4632 j^traça les règles de sa Jurisprudence universelle. L'homme 9 en vertu de l'amour de soi et du besoin qu'il a d'être, assisté 9 est porté naturellement à rechercher ses semblables pour en être secouru ; mais aussi , par le i^icede sa nature corrompue , par la diversité de ses désirs, le^manque de moyens suffisants pour les satisfaire , et l'instabilité de son humeur , il n'a pas moins de penchant à nuire aux autres. De là résulte, par le principe même de l'amour de soi, la loi naturelle de sociabilité, loi qui nous prescrit de travailler, autant qu'il est en nous , à la formation et à l'entretien des biens sociaux , et qui tient sa sanction de Dieu môme, comme créateur de l'homme, et, à ce titre, auteur de toutes ces lois. De cette source, PufTendorf fait découler tous les devoirs, soit moraux, soit juridiques, c'est-à-dire relatifs à la justice positive. Il n'arrive pas à la distinction du droit naturel et de la morale ; il a recours encore sur bien des points à la morale positive du christianisme. Quelle que soit l'imperfection de ses essais , on

doit reconnaître oependant qu'il a poté laa baaea de II

pbilosopbîe pratique univci^Ue.

Kaia ni lui , ni La Roohefouoauld , ni mèine lear pté^ décesiieuit Hobbes» n'avaient fait produire à la phikh aepbie aenau^Hate toutea les oenaéquencea qu'elle entraîne. Il fallait sans doute ^ pour qu'une logique rigoureuse les en tirât^ que cette philosophie fût présentée sous une forme eneove plut scientifique : Collins et Mandeyille ne pouvaientuparaltre qu'après Locke ,

qw çn est Teiprosaion In plua élevéo et 1a plua para,

tOGEP.

Jean Locke était né nn iQS9 ^ k WHngUHi » vm de Qristûlr Les ouvrages de Peseart^ d^v^Qf^eal; «(m goOit poyr l'étude dea soienoea, parMculiéfenient yo^f la philosophie et la médecine } et j quoiqu'il r^etât 1% doctrine cartésienne sur plus d'une que&tîoa, patte philosophie ne laissait paa de lui plaira par sea efloFto vers la clarté et la* netteté des peni^ées» Voici 4 quellf» occasion fut écrit son célèbre E^m «r Tcif^deiti^iu Imniam* Dans une conversation à laquelle il a^i^tait , une question étrangère à la philQsophie fit nattée une discussion où les opinions les plus diverses fvient avancées « sans que la difficulté pût èlre résolue. A la ré^ fle:s^ion,il soupçonna que la cause provenait aurtontde ce qn'on se servait de notions dont on n'avait paa reconnu la nature , la portée , les limites ; en généralisant cette observation, il conclut que, pui^ue après tout nous ne philosophons qu'avec l'esprit humain, c'est d'abord l'esprit humain qu'il importe de oonnattrei Telle fut la

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jfW»éê gpaode et âimple à là fois qui daviot la base et le point de départ de sa philosophie, ^

Locke rendit à resprit humain ua service immenseï en faisant une application scîentiûque des principes développés par Bacon et Descartes à l'analyse de nos facultés ; mais , en s'égarât dans un sentier étroit et exclusif, i) ouvrit involontairement w accès &cile au inatérialisme et au scepticisme.

Toutes nos idées, dit JLocke, sont ou simples ou formées per composition : les premières sont celles de «oliditéj d'espace, d'étendue, de figure, de mouveracQt, d» repoa; celles de penser et de vouloir, celles de l'exil $tci)9e,- du temps, de la durée, de la puissance, ou ISipCultés du plaisir et de la peine : les secondes corn* prennent les idées d'accidents, de substances et de rapports. Les idées simples ont une réalité objective; V(kme les reçoit comme une table qui n'aurait encore rflçu aucuQ caractère, sans y ^jouter rien du sien, et par le fait de la perception : ces idées lui représentent 4' une mrt les qmlUés prem^^es ^ l'étendue, la solidité, la figure^ le nombre, la mobilité; de l'autre, les qualités 9wmdmre$^ la couleur, le son, l'odeur. Les idées composées sont le produit des idées simples à la suite des opérations de l'entendement, la liaison, i'oppositiop, la comparaison, l'abstraction.

Le langage et les erreurs auxquelles il peut donner lieu ont fourni à Locke la matière d'esicellentes obi^ervatioQS, Son chapitre de l'asêociation des idées a contribué lui seul , selon M. Dugald Stewart, autant que le reste de ses écrits, aui progrès de la métaphysique dans l'âge suivant*

344 raiLosoMv; moderne.

Les considérations suivantes suffiront ponr donner une idée des services que Locke a rendus à la philosophie^ et en niêfpe temps des imperfeclions que présente son système. Envisagé d'abord sous le point de vue de la. méthode, YEssm sur ^entendement humain a cela d'excellent, que la psychologie ye&i donnée cpmme base de toute saine philosophie. Mais lé mal est qu'au lieu d'observer l'homme^ ^ facultés et les phénomènes qai résultent du développement de ces faculJtps, dans Tétat et avec les caractères que ces phénomènes présentent aujourd'hui , Locke s'enfonce d'abord dans la question obscure de l'état primitif de ces phénomènes , des premiers développements de ces phénomènes , de l|prigine des idées. Ce vice de méthode , l'examen dé la question de l'origine des idées qui devait venir après celles de leurs caractères actuels, jette Locke dans^un système qui ne voit d'autre origine , à toutes nos connaissances et à toutes les idée&, que la sensation et la réflexion. Ce parti pris de faire dériver toutes les idées de la sensation et de la réflexion, et particulièrement de la sensation, impose à Locke la nécessité de confondre certaines idées avec certaines autres ; car il est des idées, par exemple, les sept suivantes: l'idée de l'espace, l'idée du temps, l'idée de l'infini, l'idée de l'identité personnelle, l'idée de la substance , l'idée de la cause, l'idée du bien et du jnal, qui ne peuvent arriver dans l'entendement, ni par la sensation, ni parla réflexion. Locke est donc forcé, pour les faire entrer dans l'entendement humain , de les confondre avec les idées de corps, de succession, de fini ou de nombre, de la collection des qualités, de la succession des phénomènes ,

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des peines et des récompenses , du plaisir et de lal^aleur, lesquelles sont en effet inexplicables par la sensation ou la réflexion ; o'esl-à-dire qu'il est forcé de confondre ou les antécédents ou les conséquents de Tidée d'espace, de temps ^ d'infini, de substance, de cause^ , de bien et de mal , avec ces idées elies-piômes.

Ce TÎce se fait surtout remarquer dans sa théorie de la connaissahce et du jugement. Locke fonde la connaissance et le jugement sur la perception d'un rapport entre deux idées , ç'est-ànlire sur la comparaison , tandis qu'en beaucoup de cas les rapports et les idées de rapport, loin de fonder notre jugement et nos con* naissances , sont au contraire des débris de connaissances et de jugements primitifs , dus à la puissance naturelle de l'entendement, qui juge et connaît par sa vertu propre, en s'appuyant souvent sur un seul terme, et par cons^jfueut sans en comparer deux pour en tirer des idées de rapports.

Locke attribue beaucoup au langage , et il a raison : mais il ne faut pas croire que toute dispute soit une dispute de mots , toute erreur une erreur purement verbale, toute idée générale le seul ouvrage du langage^ et qu'une science n'est qu'une langue bien faite ^p^rce qu'en effet les mots jouent un grand rôle dans nos disputes et nos erreurs; qu'il n'y a pas d'idées générales sans langage, et qu'une langue bien faite est la condition ou plutôt la conséquence d'une science vraie.

Enfin, dans les grandes théories par lesquelles se jugent, en dernier résultat, toutes les philosophies , savoir, les théories de Dieu, de l'âme et de la liberté, on trouve d'abord que Locke confondant la volonté avec

84A mLMMKB MQpÇRNE.

k faôolté de mouirçir, gvae le pouvoir d^agir, do Silra toUo ou tdle action extérieure, et eherehant la liberté daiu la volonté ainsi entendue, par conséquent la eherehant oà elle n'est pas^ la nie, et la donne comme un «impie accident, tandis que c'est un caractère profMre et essentiel. On voit ensuite qu'entraîné par l'habitude de ehereher en toutes choses le point de vue le plus eiternet '^ pl^ vislUe, le plus saisissable, il amnoe b tuppoaition renouvelée d'Oecam , que la substanee spirituelle» impénétrable dans sa pâture, pourrait Inen •e réduire à la substance matérielle , et que la pensée pourrait bien n'être qu'un mode de la matière» tout eomme l'étendue. Enfin , pour ce qui concerne Teid* atepoe de Dieu » toqjours fidèle à son système, ir interroge plutèt la nature que la raison ; il repousse la preuve il prwi de Descartes, et n'adopte guère que la preuve

Tous les contemporains de Locke, et toutes les aptions connues de sa vie, déposent que personne n'ainia plus siooèrement et plus constamment la vérltfi, lu vertu, et la cause de la liberté du genre humain. Il %ima et servit cette noble cause; il eut mèmerhonneup de souffrir pour elle , mais sans jamais s'écarter de la plus parfaite modération. Le trait distinctif de son ca« raotère, c'est la tolérance. Oq vante aussi sa prudence, a» réserve, sa discrétion. Locke était né sage, en quelque sorte : on peut dire qu'il y avait en lui quelque chose de Socrate , ou au moins de Franklin* C'est précisément â la sagesse et à la modération de son carac*t^re qiX^il faut attribuer l'heureuse inconséquence qui règuf^ entre ses théories spéculatives ei ses

piMûtÎTQSi OMIS» indécise et équivoque dans lesduvpage* 'd^ hw^i^i la doctrine da a^sualisme devint bientût» entrep lea maina bardieg de ses successeurs , la base dea théories fermes ef précises qui obtinrent dans pluaieura OQntréea de l'EiiVope uife autorité presque absolue » et seniblèrent le damier mot da la pmsée humaine, Ainaî'la Ibéorie de Locke sur ja liberté tendait au fàj^ Uili^iMf 9oQ ami et son disdiple' Qouiva» et après celais c} V»^ QÂBtLaf 9 nièrent positivement la liberté dé r^opme. Loeke avait insinua qu'il n'était pas impossible quq la matière pût penser ; Dodwell changea cô 4û||tci m (ssrtltiide» et entreprit de prouver la matéi* riiûité 4o l'âme , ce qui ré4M)aait beaucoup nés cbancea cl'immQrlalît^, MAMWviLf.Et trouvant danafiOck^la tiléo* rifi d(il'u(ilité comme seule baae de 1^ ^w\n^ ep qour €àni qu'U P'y a aucupe distinction essentielle eqtre lu \^rtu et le vjçq , et i) aboutit h (:iet^ eopséqueqce qu'on a dit beaucoup trop damai ()u vice; qu'après lout^ I9 vice u'est pas si fort k mépriser dana f éts|t aqcial } quç c'est la source d'uq gr^ud nombre d'avantagen précieux j ^ professions I d'arts, de talepta, de vertus, qui sans lui seraient impossibles (1). Locke avait négligé 1q principe de la causalité; quelques-uns de ses sucpesn seuri», et , à leur tête, le fameu)( Pavid Hunfc, Iç repoussèrent et le détruisirent : alors la preuve à posie-rîori de l'existence de Dieu n'ayant plus de b^ae , le théisme du philosophe anglais aboutit à un panthéisme avoué, c'est-à-dire, ^ l'athéism^. Enfin, desdeu?( sources de la conu2)issance humaine par lui reconnues , la ré-

(1) n fit Mlle ap^loglt ëv TiM 4«iit sa FahU des AhelUti , devenue si

flexion et la sensation , Condillac supprima la pre* mière , ou plutôt l'absorba dans la seconde , tt toute la science humaine pe fut plus que la sensation itanS" formée.

Mais il fallait qu'il s'écoulit plusieurs années a^ant que le temps, ce logicien que rien n'arrête, tirât du

sensualisme de Locke toutes les con^ueaces qui y sont bien renfermées , et dont l'auteur de V Essai sur l'entendement humain ne s'était certainement pas^uté. La philosophie de Locke répandue dans les Pays- Bas, et par suite en Allemagne , par Leclerc, auteur estimé de la Bibliothèque universelle et de la B'Aliethéque choisie, et par S'Grayesande , obtint surtout en France, pendant la dernière moitié du dix-huitièmg siècle, une vogue extraordinaire, due principalement aux éloges qui lui furent prodigués par Voltaire, et aux développements que lui donna Condillac. Mais , avant d'arriver à l'exposition des systèmes issus du sensualisme de Locke pendant l'époque qui s'écoula depuis la dernière moitié du dix-huitième siècle jusqu'à nos jours, nous sommes obligés de remonter aux successeurs immédiats de Descartes^ qui firent pour l'idéalisme de l'auteur des Méditations et des Principes , ce que Gassendi et Lockeavaient fait pour l'empirisme du chancelier BacoUé

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