PHILOSOPHIE SENSUALISTE
EN FBANCE.
À la tête des écrivains français qui propagèrent en la dénaturant la philosophie de Locke , doit se placer
(1) L'école écossaise.
cet homme prodigieux qui , cultivant avec [un égal SQceès tous les genres les plus élevés de la littérature , y laissa partout l'empreinte de son génie heureux et ' flexible. Mais ce n'est pas en développant d'une manière ! scieniilique et suivie une doctrine philosophique , que ' VoLTAiRi exerça sur l'esprit de son temps T immense i influence qui a rendu son nom si populaire. Placé en
> quelque sorte au-dessus de celte foule d'écrivains qui
> s'inspiraient de ses pensées , c'était lui qui semblait I donner le signal à ses amis, encourager leurs efibrts^
et imprimer à leurs travaux une direction systématique. Le caractère distinctif de sa philosophie est un esprit de critique, un scepticisme superficiel et moqueur, qui s'expliquent d'abord par la nature de son esprit, et qui devaient être d'ailleurs l'inévitable I conséquence du système qui , après avoir placé l'ori- I gine de nos connaissances dans les mouvements de la sensibilité physique, ne pouvait manquer de conduire à des résultats opposés aux croyances éternelles du genre humain, et par conséquent d'inspirer quelque défiance et quelque doute à un homme doué comme lui de tant de sagacité et de bon sens*
Ce fut lui néanmoins qui, après avoir fait connaître I Newton et Locke à ses contemporains, signalant les travaux de Gondillac comme ceux du plus grand philosophe qu'eût possédé la France, y popularisa la philosophiede la sensation. D'Alembert, Diderot, HelvÉTius, d'Argens, b'IIolbac, Lahétrie, ne se con- I tentèrent pas d'expliquer par les impressions du monde I extérieur sur nos organes tous les phénomènes de l'intelligence; ils appliquèrent leur système métaphy-
406 PHILOSOPfen HOraRHE.
Bique à la morale, à la religion, à T histoire^ à Téco-» nomie politique} et oe fut dans le but d^aûèaotir non* seulement le catholicisme, mais encore tanit ce qui porte le nom de religion positite, qu'ils conçurenl la pian de cette Tàsle publication conove sous k nom i' EmeffÊfhpéJie ^ recueil immense renfermant sans douté plusieurs choses exoel lentes, mab rédigé, pMir os qui wncerne h philosophie , dans un esprit de partinliaé et de dinlgrement qui ne ss ressent que trop des dia* positions anti^religieuses de ses auteurs. A rentrée da «M M8€6 Bahel 4êi iemia$tideta ntaon^ comme Tap^^ pelle un écriirain moderne (l)^ d'AJembert et Diderot placèrent «a dkcamrs prétmimire ^ qtli est hn des mell« Iburs morceaux de Tou? rage, et daiîs lequel, emprantant à Baeen la elasbiiication eUcyelepédiqne des connair sanoes humaines , ils eherohèrent à mohtrer l'eadml^ neshent des sciences et des arts, et de tracer rhlsioirs dss progrès de l'eqsrit humain, jusqu'à la naissanoe des lettres* Tous les deux adoptèrent le nataraliime et en eiposèrent Ite principes qu'ils appliquèrent i l'st^ nalyse de l'esprit huhiain et A Tétode des fceaQx<*«rU». D'Alembert était un mathéitiaticieh du premier ordre ^ et il a mérité une grande renomàfée par ses travaux eeleSitifiques. Quant i Diderot , le talent dont il a donni ifuelques indices n'a reçu aucune applieatiod entiers, Il était doué d'une Ame ardente et désordonnée. Ssas oontiaissances profbntles sur aucunes choses, saas persuasion arrêtée, sans respect pour aucune idée reçue, pour aucun sentiment, il erra dans le vague^ en y faisant parfois briller quelques éclairs. < Au total)
(4} Ji. ee €lilteauM«na.
tfiDiSlilIB ÉPOQUE « Hfn
d^ M. de Baniite (1) , Diderot fut un écrivain funeste à la Uttératore comme à la morale.. Il devint le modèle dé ces hommes froids et vides, qui apprirent à son écc4e comment on pouvait se battre les flancs pour se donner de k verve dans les mots , sans avoir un foyer intérieur de pensée et de sentiment. »
Un ami de Frédéric le Grand, de ce monarque phU iMôjihe qui i plein d'enthousiasme pour la littérature Ihittçaili» appela auprès de lui les savants les plus diMiogués de eette époque, Jean Boyer, marquis p^Anéfiiii ^ lisait à répandre parmi les gens du monde le goAt des études philosophiques, par la publication de M PhtbMpMBéi bon sens , ouvrage conçu dans l'esprit do sensualisme, mais où il montra bien moins de hardiesse que ne lé fit ensuite un autre favori de Frédérie ^ LAiiÉTtttfi. Cet apôtre du matérialisme a rendu éoû tkùOk célèbre par la publication de trois traités qni ont pour titres : F Hùntme-MacMne , Traité de Cdme, et FUemmé^Ptante. il s'efforça de prouver la non-existende d'une âme spirituelle et l'identité absolue de ce <{ue le vulgaire appelle ftme avec le corps et son organte&tioiié Ses arguments, combattus par M. de Luzac, àmê un ouvrage auquel il donna pour titre : l'Homme fiShffiiB moe/iine, se réduisent en dernière analyse à l'ej^p-^tion de cette idée, qui déjà n'était pas bien neuTi?, et à laquelle tout le talent d'un physiologiste fiMueux de nos jours (2) n'a pu donner plus de vie ^ savoir t que toutes les opérations de l'ftme dépendent du eorps , et que par conséquent on ne peut démontrer
(1) Tableau de la liUératûre au xviii« siècle.
4M PoiLosoMiE voneiiiiE.
ni sa spontanéité ^ ni son activité absolue* Ce qai se réduit à prouver ( ce qu'aucun spiritualiste ne nie ) que le corps est un organe indispensable à rame, dans Tétat actuel de son existence ; c'est-à-dire , qoe le corps détermine et modifie Taction de rame, de même que l'âme à son tour détermine et modifie celle du corps.
Mais aucun écrivain n'employa plus d'adresse, d'hft^bileté et de passion pour ébranler jusque daa» leurs fondements les principes de la religion , de la morale et de la politique , que l'auteur du livre devenu si célèbre sous le titre de Système de la nature. Le bot de cet ouvrage , que l'on attribue avec beaucoup de vraiaenblance au baron d'Holbach (1) , est d'établir le fatalisme et l'athéisme sur des bases philosophiques. L'homme , dit l'auteur, n'est malheureux que parce qu'il mécon* naît la nature, et qu'il veut ôtre métaphysicien avant d'être physicien. 11 est donc nécessai re qu'on le rappelle à l'étude de la nature, d'après la voie de l'expérieDce. La théorie exposée dans le Système de la naimre a de nombreux rapports avec celle d'Épicure ; mais les arguments en faveur de l'athéisme sont mieux développés et adaptés aux découvertes de la physique moderne, à l'état de la science philosopliiqae,^^^ croyances religieuses et aux doctrines mora^ ^s peuples.
Après avoir présenté quelques considérations sur le mouvement et la matière , qu'il prétend avoir existé de toute éternité, l'auteur enseigne que l'homme est soumis aux mêmes lois générales que les autres choses
(1) n M publié à Londres, eo 1770, sous le nom supposé fie IfinilNnd»
de la naUire. Sa vie n'est qu'une suite de mouveinents néoessaires et liés qui ont pour principes, soit des causes refermées en lui-même^ c'est-à-dire les matières solides et fluides dont son corps se compose^ soit des causes extérieures qui agissent sur lui. Ce qu'on appelle intelligeiace dans . rhomme n'est qu'un résultat des actions mécaniques, d'où proviennent tous les autres phénomènes de la nature.
L'homme se fait toujours le centre de l'univers : c'est à lui-même ifu'il rapporte tout ce qu'il y voit. Dès qu'il croit entrevoir une façon d'agir qui a quelque conformité, avec tarsienne, ou quelques phénomènes qui l'intéressent y Jl les attribue à. une cause qui lui ressemble ; c'est donc à une cause intelligente à sa maniée qu'il rapporte toute la nature : ainsi s'est formée l'idée d'un Dieu intelligent qui produit l'ordre de la nature.
On ne. omçoit pas ce que c'est qu'un pur esprit; lorsque l'homme veut se former une idée de l'âme, il faut nécessairement qu'il ait recours à des caractères iQatériels , ce qui prouve déjà que cette âme ne peut point être immatérielle. L'âme n'est donc autre chose que le cerveau ; c'e^ le centre commun du système nerveux, le point où aboutissent tous les mouvements des nerfs, c'est-à-dire toutes les facultés de l'âme.
Les facultés intellectuelles et morales n'étant pas les mêmes chez tous les hommes, cette diversité met entre eux de l'inégalité, et ceitte inégalité fait le soutien de l'état social. La nécessité que l'homme vive en société rend pareillement la morale nécessaire. Mais comme ce qu'on appellequalités morales n'estque le résultat immédiat du tempérament , c'est la médecine qui peut seule
MO raiLO80Mlt ItOftElllfk.
dODuer att moraliste la olef du oœor humaitt : en ^é^ riaèaDt le corp«y il serait assuré de guérir aussi Tesprlt.
L'homme est un être physique , lié à la nature uni* terselle^ et soumis aux lois nécessaires et immuable^ qu'elle impose à tous les êtres qu'elle renierilie t s'il était Ubre , comme on le prétend , il fiiudraU qu'il flkft tout seul plM fort que la nature entière, ou qu'il ttt, hors de cette nature.
Il est de l'essehce de l'homme , comme de tdus les êtres de la nature, de tendre au bien^re et de vouloif se o«nserter^ Tous les mouvements de sa nature sont des suites nécessaires de cette impulsion primitive. Il aime 1» plaisir et abhorre la douleur. U failt done ttéeessairement que sa volonté soit détwmlnëe par les sbjets qu'il croit utiles, et repoussée par ceux qu'il sroit nuisibles* Ce que nous appelons délibératioti n'6st autre chose qu'être successltement attiré et repoussé, fout loi est donc mécanique.
C'est surtout pour combattre le dogtne de Fimmor^ tklité de l'flme que l'auteur du Système de la fMtfiars emploie toute la force de sa logique : il termine éOû argumentation par l'apologie dn suidde, qu'il ta ju^u'à i^ecommander en certaines occasions.
Yeiei sa morale :
tlien de plus chimérique, dit-il, qu'une morale qui se fonde sur des mobiles imaginaires qu'on a placés hors de la nature, ou sur des sentiments innés indépendants des avantages qui doivent en résulter p%r fldus. Il est de l'essence de l'homme de s'aimer lutmême , de vouloir se conserver , de chercher à fendre «Ml etisMnM lMHreusê4 Ainsi l'iiiiéfét on te éésir dd
fconhrar est Tani^Qe mobile de toutes ses aotiohs. Cet imérôt dépend de son organisation tctueile, dé ses besoÎBS) de ses idées acquises ^ des habitudes qu'il i contractées.
On a dit que Tathée ne poutait avoir de Vertus ; rien de plus faut : uh athée est un boinnie qb! a étudié M sature et ses lois ^ qui connaît éa propre natii^e et qui sait ce qu'elle lui impose. Un athée à de l'expériëhce t eelte expérieneé lui proute à chaque instant (}ue le tice peut lui nuire ; son intérêt, qu'il comprend , lui indique donc qu'il doit bien se conduire à Tégaird de ses isem* MaUes ^ et ^égler ses propres penchants de ménièfe I me pas comfnroimttreaon bonheur^
il sens a bieil fttita exfioser tout au lohg cet Kbrégé des doiitrinea db la philosophie senstMlîstedd k Viu* siècle. €é ne MMt pas^ en eflkt) les doetl'tnes pr^fe^éés pa^ MB individu isdlé, par dn rdtenr èâiMittâ hëi^ dek limites de la raison par une iibâgiiiatiikl tagftbonde et dérégiéeé Qud qu'ait été rautiur du Syêtème de ta nohtre; il ne fUsait que coordonner les arguments qu'il en^^ tendait répéter autour de lui ^ et qUe rehfërmaietat déjà ao grande partie tes ouviagea publiés par les eneydlopédistes. On eoaiiali le tnoi dfune fotntne d'esprit dé «ette époque^ qui dit, à l'apparition d'un attli^ livre non moins célèbre ^ dans lequel Helvétitts essaya de prouver ((ue toutes nos vertus n'ont pour base que régime i « C'est un homme qui a dit le sédtet de li»ui la^monde. »
S'il est vrai , ooteme oa le -pvétend , que le livhe dé VEgprii ak été composé de matérhioit recueillis pal^ Helvétius dans la société où il avait habitude de Vitre;
413 raiLosoraiE moderne.
et qu'il présente le tableau authentique des principes alors en vogue parmi les beaux-esprits de Faris , que pouvons-nous penser d'une société qui avouait publiquement une pareille doctrine ?
C'est dans cet ouvrage qu'Helvétius s'eibrce de prouver que la cause de la supériorité de Tàme humaine sur celle des bétes ne provient que de la diffëreooe de l'organisation physique.
ç Si la nature, dit-il d'un air de triomphe, au lieu de mains et de doigts flexibles, eût terminé nos poignets par un pied de cheval , quLdoute que les hommes , sans arts, sans habitations, sans défenses contre les animaux, tout occupés du soin de pourvoir à leur nourriture et d'éviter les botes féroces, ne fusseit encore errants dans les forêts , comme des troupeaux fugitib ?» On peut lire dans les Mémoires de Xénophon la réfutation &ile par Socrate de cette ridicule doctrine , qu'avaient admise les sophistes de la Grèce. Nous trouvons aussi, dans le Traité de Galien sur l'usage des diverses parties du corps, un passage qui répond directement à t'assertion du philosophe français :
c Gomme de tout les snimaux l'homme est le pl«s sage, aussi les mains sont-elles adaptées aux besoins d'un animal sage. Car ce n'est pas parce qu'il a des mains qu'il est plus sage que les autres animaux, mais c'est, au contraire, parce qu'il est plus sage que les autres qu'il a reçu des mains, ainsi que le pensait judicieusement Aristote ; et ce ne sont pas ses mains <prf l'ont formé à l'étude des beaux-arts : c'est sa raison. Les mains ne sont que l'organe avec lequel il met cette étude en pratiqife. »
Helvétius avait pensé que l'on pourrait , en partant des principes de l'intérêt pei^sonnei^ composer à l'usage des peuples un Quéchisme philosophique, dont les maiûnies seraient claires, positives, invariables. « 11 dépend du législateur, ajoutait-il , de rendre les citoyens vertueux : la récompense ^ la proiecikm, la gUrire et l'iitfanHe^ sont quatre divinités qui peuvent répandre les vertus et eréer des hommes illustres dans tous les genres. » Le vœu d' Helvétius a été exaucé. Nous avons vu d^ nos jours publier , sous son expression la plus franche et la plus naive, ce Catéchisme de Morale dont l'observation devait faire le bonheur des peuples. YoLNEY fit pour la morale d'Helvétius ce que le grand médecin Cabanis avait exécuté quelques années aupa^ ravant pour sa doctrine physiologique , en exposant, d'après le Traité des Sensations, avec toute l'autorité d'ua savoir incontesté et tous les attraits d'un style élégant et varié, les rapports du physique et du moral. Derniers représentants de cette famille de philosophes qu'avait produits l'école de Condillac, ils ont prouvé que la différence des temps n'empêche pas un système donné de produire ses inévitables conséquences. C'est un singulier livre de morale que celui dans lequel Volney se borne à enseigner à l'homme que sa suprême loi est de se cemerver , et à lui conseiller par conséquent de ne point commettre de crimes , d'après cette considération que la loi ne manquera pas de le punir ! Mais cette morale découlait tout naturellement du système philosophique qui identifiait les plus nobles et les plus sublimes créations de l'esprit humain avec les mouvements les plus grossiers de l'organisme.
414 PiaOMMDi HOMUUIB.
Ainii i68 diseiple» de GoiiéiHae eo France, de néme que ceux de Locke et de Baeon en Angletnre, s'âlnn* çant hors des limitée dans lesquelles la sagesse da leop maître avait circonscrit leur doctrine, dé^ppadaienl la nature humaine , et renversaient hardiment tonlM )« lois de la morale > tous les principes eonservalean de la société. 11 faut avouer que l'esprit général de la natioa lea portait naturellement à ae livrer i toute h fougue de leur imagination^ à tout le vague de leurs tjiéoriee. Mji c^était une idée universellement répandue que notre étal social devait subir des réformes radicales. La eor« ruption des mœurs , triste résultat des exempiea légués à la cour de Louis XV par les turpitudes de la r^fence; rineptie des hommes du pouvoir, cherchant à dissimultf leur faiblesse ^ous le voile d'une tyrannie petite, tra* cassiére, immorale; le triste état des finances, publiquement dilapidées, tout semblait justifiais hardiesse des philosophes , que le cri public appelait à la noWe mission de détruire les abus. Certes noqs ne oon* mettrons pas F injustice de méconnaître les immenses services que la philosophie du xvui* siéole a rendus è la société française : mais il faut lui adresser les mêmes reproches que nous pouvons également Isire à cette graiide révolution de 80 , sur laquelle elle a exercé une si puissante influence. Dans soi) impatîenoe d'en finir aveo le mo]ren*ége, la révolution Crangaise n'a pas teu* Jours respecté les limites devapt lesqueliea devais s'arrêter son action destructive. De même, entraînés psr leur sèle, les philosophes du xvm* siècle, en 8od«^ mettant ù l'analyse les éléments constitutif de la société, songèrent plus souvent à détruire les institattons qû
TEOISlàMB ÉPOQUI. 4lK
leur paraissaient iricieuses , qu'à indiquer les bases sur lesquelles on devait en établir de nouvelles. Convenons aussi qu'une théorie philosophique qui faisait dériver t0U3 les développements de l'intelligence et de la moralité humaine d'un principe aqssi variaMe, aussi individuel, que ealui de la sensibilité physique, était éminemment fmpte i égarer les écrivains du xvni* siècle dans une voie étroite et exclusive. Mais cette doctrine devait entraîner une conséquence d'un autre genre. Après avoir atliiquë successivement les principes théorétiques sur leiquels se fondent les lois morales, la croyance à l'existence de Dieu et à l'immortalité de Tâme, on ne pouvait manquer d'appliquer le même esprit de critique aux principes de la science elle-même : il fallait bien que I^ philosophie aensualiste produisit le scepticisme. Deji les écrits de Voltaire offraient asses clairement cette tendance à combattre les prétentions des philoaophSs dogmatiques; et^ quoiqu'en général il parât adopter les théories de ses amis relativement à l'origine de la connaissance humaine, il avait plus d'une fois exprimé des doutes sur la certitude des principes empruntés i r^périence. Cependant il ne songea jamais k développer méthodiquement les motifa qui pouvaient sefvir de base à ses opinions sceptiques. Il n'en Ait point de mêmd du philosophe écossais DAVia Hmm ^ qui, du point de vue enfùrique de LockeetdeCoiidillae, ei^aminaot avec autant de sagacité que de profondeur la naltire de l' homme considéré comme un être intelligent et actif, déduisit de cet exameq un aystàmç fortement lié, dans lequel il sapa jusque dans jours fondements tous les principes de la science humaiid.
416 raiLosoruiE moderne.