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Ibid

ment, ou clans le temps, non. L'introduction du vide dans Y Un premier, avons-nous dit, est la cause déterminante de la production du monde. Mais YUn premier, ^éternellement, a aspiré le vide. La production des choses s'est donc faite éternellement.

Quant à l'âme humaine, les pythagoriciens ne semblent pas avoir eu une notion bien nette de sa nature. Fidèles à leurs théories, ils l'appelaient un nombre et une harmonie, c.-à.-d. un accord harmonieux de qualités diverses et opposées au corps. Cependant, ils considèrent le corps comme le tombeau, la prison de l'âme. Après cette vie, l'âme émigré dans d'autres corps en harmonie avec elle. C'est la doctrin de la Métempsycose introduite en Grèce par les pythagoriciens. Ils admettent les récompenses et les châtiments futurs. Ils enseignent à l'homme la pratique de la vertu et lui conseillent fortement de combattre ses mauvais penchants.

Grâce à la bonne influence exercée par les pythagoriciens sur les mœurs, grâce à l'austérité de leurs pratiques, Pythagore passe pour avoir été un grand Réformateur moral.

34. Empédocle d'Agrigente. — Moins philosophe que poète, Empédocle, à vrai dire, n'appartient à aucune école, ou plutôt on trouve à la fois chez lui les caractères des différentes sectes philosophiques. Né à Agrigente, en Sicile, vers le milieu du Ve siècle av. J.-C, il consacra son immense fortune à procurer le bien-être de ses concitoyens. Venu en Grèce, vers la fin de sa vie, il y exposa ses doctrines.

A la manière de Parménide, Empédocle composa,

en vers, un ouvrage très étendu sur la nature. Pour lui, la grande variété des choses résulte de l'union de quatre éléments : l'eau, Voir, le feu et la terre. Audessus de ces éléments existent deux principes qui ont pour but de les (éléments) unir ou de les diviser. C'est X Amour et la Discorde. Le monde est la résultante du conflit de ces deux forces (force centripète, l'amour — force centrifuge, la discorde). Mais l'amour l'emportera. Il croit à l'immortalité de l'âme et à la métempsycose.

École d'êlke

35. Caractère de l'Ecole d'Elée. — Ce qui prédomine dans l'école éléatique, c'est la recherche de l'un, l'absolu, l'éternel, l'immuable ; et voilà pourquoi les idéalistes de nos jours ne cessent de vanter les doctrines de l'école d'Elée, parce qu'ils y trouvent les germes de leurs systèmes. Les ioniens s'occupaient surtout du côté sensible des choses, c'étaient des physiciens ; les pythagoriciens envisageaient surtout le côté mathématique, tout en ne négligeant pas la multiplicité et la variété des corps ; les éléates ne font aucun cas du variable, du multiple, du sensible, c'est le côté métaphysique, abstrait des choses qui les attire.

Les trois principaux représentants de cette école sont Xénophane, Parménide et Zénon.

36. Xénophane (575-470), naquit à Colophon en Ionie. Après de nombreux et longs voyages, il vint, très vieux, se fixer à Elée, dans la Grandt Grèce, où

il fonda une école de philosophie. Il nous reste quelques fragments d'un poème sur la nature dont il est l'auteur.

Adversaire acharné de l'anthropomorphisme grec, il condamne la mythologie qui attribue aux dieux des passions et des vices de tout genre. Il appelle toutes ces doctrines les mensonges d'Homère et d'Hésiode, et proclame partout que l'anthropomorphisme est plutôt l'œuvre de l'imagination désordonnée que de la saine raison. Il enseigne l'unité de Dieu, mais aussi il soutient que le monde ne fait qu'un avec Lui. Donc la réalité qui nous entoure, n'est qu'une illusion, une apparence. Elle n'est pas véritablement elle-même, mais elle est Dieu. C'est du panthéisme idéaliste.

37. Parménide. — Héritier direct et immédiat des doctrines de Xénophane, Parménide, dit-on, naquit à Elée, vers l'an 519 av. J.-C. .Lui aussi, est auteur d'un poème sur la nature, en deux parties ; la première traitant de la vérité, et la deuxième de l'opinion. Dans l'une, il expose sa doctrine ; dans l'autre, il discute la physique des philosophes ioniens.

Il commence par récuser le témoignage des sens ; seule, la raison, et la raison pure, est un critère de vérité. Disons tout de suite que c'est la méthode de l'idéalisme, du pur rationalisme de tous les temps.

L'objet de sa science, c'est l'être. Et pour ce philosophe, l'être est une conception de l'esprit. N'étant qu'un concept logique, l'être doit donc s'identifier avec la pensée. " La pensée, dit-il, est

la même chose que l'être. " Cet être, abstraction de l'esprit, est seul, immobile, infini, éternel. Hors de lui, il n'y a rien. Car, il absorbe toute la réalité, il est tout. Ce philosophe a donc professé l'unité absolue. La pluralité, selon lui, n'existe pas, c'est une chimère. Héraclite soutenait, au contraire, que seule la pleuralité existe. Avec Parménide, tout est, tout reste, rien ne devient. Avec Héraclite, tout devient, rien n'est, rien n'existe. Comme on le voit, c'est le panthéisme idéaliste de Xénophane, plus approfondi, mis à jour, devenu monisme, et dont plus tard, Hëgel et beaucoup d'autres feront leur profit.

38. Zénon d'Elée, surnommé le dialecticien, le controversiste de l'école d'Elée, vécut vers la fin du Ve siècle avant J.-C. Tout son mérite — et non le moindre — est d'avoir défendu avec une ardeur et une subtilité remarquables les doctrines de Parménide. Il combat la thèse de la pluralité prônée par les Ioniens ; et, indirectement, il défend l'unité de l'être. Pour cela, il s'applique à démontrer l'immobilité du mouvement, partant, de la pluralité. Son grand argument, c'est la divisibilité à l'infini de l'espace et du temps, et il apporte deux exemples qui, dans les manuels de philosophie, avec raison, sont classés parmi les sophismes. Ce sont l'Achille et la Flèche 1. On sait que pour toute réponse, Diogène le Cynique se contentait de marcher en présence de Zénon.

i. Voir Lahr, S. J., I vol., p. 560.

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