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Les Principes

riche patrimoine légué par nos devanciers, c'est nous condamner à une indigence fatale.

D'autre part, n'allons pas, comme quelques-uns le font, confondre la philosophie avec l'étude de son histoire et en faire une simple science d'érudition. Cette tendance, de plus en plus marquée dans ceitains milieux, a le grave défaut de substituer la mémoire à la réflexion, de désintéresser l'esprit de tout effort personnel et sérieux. Elle forme les dilettantes en philosophie et prépare aux plus terribles catastrophes. La pernicieuse erreur du modernisme est due en partie à cette façon de philosopher. On pérore sur tous les systèmes, on disserte sur toutes les questions, mais on n'a pas ce qui est nécessaire pour découvrir l'erreur.

3. Méthode de l'Histoire de la Philosophie. — Nombreuses sont les méthodes suivies pour retracer l'histoire de la philosophie.

La plupart des auteurs exposent la succession des écoles dans leur ordre historique.

Quelquefois, on prend l'un après l'autre, dans leur ordre dogmatique, les grands problèmes de la philosophie ; on en fait l'historique, en en marquant les origines, les phases diverses. Cette méthode a été employée, pour la première fois, par MM. Janet et Séailles dans leur Histoire de la Philosophie : les problèmes et les écoles.

D'autres font l'historique non des problèmes mais des grands systèmes qui se partagent l'histoire de îa philosophie.

On peut se contenter d'une simple chronologie

des faits en notant d'année en année les noms des philosophes et leur effort intellectuel.

Une autre méthode consiste à traiter l'histoire de la philosophie comme l'histoire générale, c'est-à-dire à la partager en trois époques : ancienne, médiévale, et moderne ; puis, dans chaque époque, à grouper les hommes en écoles et les doctrines en systèmes. C'est la méthode à la fois chronologique et logique. Dans une histoire élémentaire de la Philosophie, cette dernière méthode nous paraît préfé- ' rable. Chronologique, elle est de beaucoup plus simple pour les élèves d'ores et déjà au courant des grandes divisions de l'histoire ; logique, elle a l'avantage de leur présenter, aux différents âges, les philosophes et les doctrines, unis ensemble comme en un faisceau, et non pas, ici et là, jetés pêle-mêle, sans aucune liaison entre eux.

4. Divisions de l'Histoire de la Philosophie. — Comme l'histoire générale, nous diviserons l'Histoire de la Philosophie en trois grandes époques : Y Antiquité, le Moyen âge, les Temps Modernes.

I. U Antiquité ou la Première Epoque : de Thalès (600 av. J.-C.) à la suppression des écoles philosophiques par l'édit de l'empereur Justinien (529 ap. J.-C).

IL Le Moyen âge ou la Deuxième Epoque : de l'édit de Justinien à la Renaissance (1500).

III. Les Temps Modernes ou la Troisième Epoque : de la Renaissance à nos jours.

Chaque époque se subdivise en Périodes et chaque période en Ecoles.

Pas n'est besoin de dire que ces divisions n'ont rien de mathématique.

Au surplus, il importe de déclarer que dans une Histoire de la Philosophie et surtout dans une Histoire élémentaire, on ne peut accorder à tous les philosophes une égale attention. Plusieurs seront nécessairement relégués dans l'ombre. Notre tâche se bornera donc — toujours avec impartialité — à mettre en relief la pensée des grands maîtres et des grandes écoles qui, successivement, ont jeté une lumière plus vive sur les graves problèmes relatifs à l'homme, au monde, à Dieu, et ont plus puissamment contribué aux progrès de la philosophie â travers les siècles.

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