Ibid., p
lité de la statue, une sorte de quiétisme béat auquel l'homme doit tendre de toutes ses forces.
Au contraire, par une étrange confusion de mots, le non-agir du maître est l'expression de l'activité conforme à la raison, et partant, en contradiction avec toute activité désordonnée et sans règle. Au surplus, le texte même du Tao-te-king confirme cette interprétation du non-agir. Nous y lisons, en effet, des passages comme ceux-ci1 : " Il (le sage) venge ses injures par des bienfaits. . . Il commence par des choses aisées, lorsqu'il en médite de difficiles, par de petites choses, lorsqu'il en projette de plus grandes. . . 2 " Le sage agit donc. . . il venge, il médite, il projette. . . etc. N'est-ce pas là avoir une conduite tout à fait active ? Et cette activité bannit toute préoccupation inutile, tout souci, tout ennui. Elle n'est, ni plus ni moins, que cette sérénité d'âme, cette quiétude semblable à l'éternel repos du Tao, de Dieu qui fait toutes choses et les gouverne sans jamais sortir de son immuable béatitude.
L'idée d'humilité et de simplicité perce dans toutes les maximes morales de Lao-tseu ; et certaines pages du Tao-te-king nous semblent tirées de l'Evangile. Mal comprises, la simplicité et l'humilité, pour lui, sont opposées à tout mouvement d'ordre social ou politique nécessaire à la civilisation. On peut en juger par les lignes suivantes : '* ( Si je gouvernais) un petit royaume et un peuple peu