Vie et œuvres de Schelling. — Schelling
naquit à Léonberg, en Souabe. A l'âge de seize ans, il entra au Séminaire de Tubingue où il étudia la théologie, la philosophie et la philologie. Il enseigna à Iéna où il eut Fichte comme collègue. Après quelques années de professorat à l'Université de Berlin, il mourut dans cette ville.
Ses ouvrages sont: Idées sur une philosopliic de la nature. Système de l'idéalisme transe end entai, Philosophie et religion. Recherches philosophiques sur l'essence de la liberté humaine.
308. Caractères de la Philosophie de Schelling. — 1" Manque d'unité: c'est une philosophie composite où se rencontrent au moins cinq systèmes. 2° Idéaliste-objective : dans l'enseignement de Schelling, le moi et le non-moi, la pensée et la nature ne dérivent pas l'une de l'autre, mais d'un principe supérieur, objet, substance commune aux deux, appelée l'absolu. 3° Panthéiste: parce que l'absolu se développe suivant une double sériation, idéale et réelle, et s'identifie avec tout ce qui est.
309. Philosophie de Schelling. — La philosophie de Schelling a passé par cinq phases différentes que nous allons brièvement exposer.
La première se caractérise par son adhésion complète à la philosophie de Fichte.
La seconde phase est appelée l'idéalisme physique ou philosophie de la nature. C'est l'histoire du nonmoi inconscient, traversant, selon le rythme de l'évo-
lution absolue, les étapes qui constituent les divers règnes de la nature.
h'idéalisme traiisceiideiital vient en troisième lieu. C'est l'histoire du moi conscient.
Dans une quatrième phase, Schelling montre que le moi et le non-moi s'unissent ensemble dans un principe commun, qui est l'absolu, force immatérielle, immanente au non-moi (nature, matière) aussi bien qu'au moi (pensée), qui se trouve à l'état somnolent dans les êtres inférieurs et prend conscience de lui-même dans l'homme. C'est un quatrième système connu sous le nom de philosophie de rid entité.
L'absolu qui, fatalement, indifféremment, se développe par gradations dans les êtres, est, plus tard, pourvu d'intelligence et d'idées. Comment cet Absolu, doué d'intelligence et d'idées, devient-il une réalité finie? Ce devenir est, pour Schelling, un fait inexplicable, mais " libre ". On appelle cette cinquième et dernière phase: philosophie de la liberté.
310. Appréciation. — Schelling fut par excellence un philosophe de la nature. Versé dans toutes les sciences naturelles de son temps, au courant de toutes les découvertes scientifiques, il voulut rendre à la nature ce qui lui était dû. Et cependant, sa doctrine offre des difficultés quasi insolubles. Sa puissance d'imagination qui présente tout sous des couleurs un peu sombres, la subtilité des questions qu'il traite, ce va-et-vient continu à travers les différents systèmes, rendent sa philosophie inaccessible à plus d'un. A lui, comme à son devancier, on doit
reprocher toutes les contradictions du panthéisme. Il ne peut rendre compte de toutes les étapes parcourues par l'absolu qui part de lui-même pour descendre aux choses finies avec lesquelles il s'identifie.