PRELIMINAIRES
L Dans la plupart des traités historiques suivis , i exposition de la philosophie d'Anaxagore précède celle de latomisme proprement dit, et il semble, au premier abord, que la chronologie s allie à la logique pour justifier cet ordre.
D abord ^^\ si Ton en croit le témoignage de Démocrite lui-même dans un fragment qui présente toutes chances d authenticité , Anaxagore lui est antérieur de quarante ans. Ensuite, si Ton a égard aux doctrines , il semble bien que celle d'Anaxagore , au moins en ce qui concerne la physique, révèle un développement desprit sensiblement inférieur; c'est au point que Diogène fait de Démocrite le disciple et le continuateur d' Anaxagore (^). Il est donc naturel de supposer que les honuBoméries ont servi, comme le sphœruSy de transition entre îhylozoïsme ionien et le nouveau mécanisme , et que, de toute façon, Démocrite, héritier d'Anaxagore comme d'Empédocle , doit venir le dernier dans la série des philosophes naturalistes d'avant Socrate.
Mais la réflexion ne tarde pas à faire surgir des argumente en sens inverse.
D'un côté, €est à tort qu'on prend Démocrite comme premier représentant de l'Ecole atomistique : ce titre revient à Leucippe,
Diogène, II, 7. — ^'' /d., IX, 87.
qai était certainement contemporain d'Anaxagore et n*a subi, de la part de ce dernier, aucune influence de pensée (^).
Quand nous aurons ajouté que tous les principes fondamentaux de Tatomisme doivent être attribués à Leucippe (ainsi qu Aristote en témoigne et que cela sera démontré), nous n'aurons pas de peine à établir que Démocrite lui-même ne doit rien à Anaxagore, car la seule idée qu'il eût pu lui emprunter, celle d'un moteur transcendant, a été encore plus rigoureusement écartée par lui que par son prédécesseur.
D'autre part, s'il est vrai que le système de homoeoméries semble placé à mi-chemin entre la théorie des quatre éléments et celle des atomes identiques, il convient de remarquer que cette position intermédiaire n'est nullement liée à une question de date, car ce n'est pas par le développement du même principe qu'on peut expliquer le progrès accompli de l'une à l'autre. Anaximandre a devancé Anaximène par ses conceptions, bien qu'il lui fût postérieur; il n'est pas contradictoire que Leucippe, qui était du même âge qu'Anaxagore, ait poussé plus loin que lui, avant lui, l'évolution logique du système qu'ils cherchaient, séparément, à construire.
Bailleurs, à considérer l'ensemble de la philosophie grecque, cest Anaxagore qui paraît le dernier venu, car il apporte avec lui un élément de doctrine qui va ouvrir une ère nouvelle à la spéculation. Après lui, la notion de l'Intelligence ordonnatrice, cause suprême du monde, s'imposera à tous les penseurs, et le courant de l'esprit grec se trouvera définitivement dévié de la physique vers la métaphysique.
Nous conclurons donc, avecZeller (dont les raisons ne diffèrent guère de celles qui viennent d'être déduites) ^^\ que cria philosophie de Leucippe doit être antérieure à celle d'Anaxagore ?), et que les
^'^ Leodppe parak néme appartemr, MéL, I, 3« ^ià : i^XocIf itèp wfàtspet
caam& ëerrrain« à k géiiéralMO anltf- roO tpmwhoiiXémtf, êpyûiêV ^9t9pof,) rieurs, carBâait du mène Ifeqn'Empé- ^' Zdkr, p. i36. Cf. p. iot, 979,
doeleqm écrivit «MNl il iMMn9orv.(Ari8i., 3o6, 389, 438.
to.
raisons de date et de doctrine s'unissent pour nous conseiller de présenter Tatomisme comme le terme de l'évolution matérialiste commencée par Thaïes, tandis que la conception démiurgique d'Anaxagore est une correction et une addition à ce système, tenu pour incomplet.
IL On sait peu de chose de la vie de Lieucippe, pas même la date de sa naissance ni de sa mort; mais on connaît ses origines doctrinales : il est sorti de l'école d'Elée. Tzetzès (^) le fait disciple de Mélissus , Simplicius le rattache à Parménide ^^\ et la plupart des autres scoliastes à Zenon ('). La question n'est pas tout à fait dénuée d'intérêt, à cause de l'importance que les théories de la divisibilité de la matière ont prise dans latomisme. Tennemann écarte Zenon, parce que celui-ci est donné par tous les historiens comme contemporain de Démocrite, qui était lui-même plus jeune que Leucippe^^). L'argument n'est pas probant, car il ne s'agit peut-être, de part et d'autre, que de quelques années d'intervalle, qui ne sauraient faire obstacle à des relations telles que celles de maître à disciple , en ces premiers temps de l'enseignement philosophique. Le mieux est d'avouer qu'on n'a aucune raison de se prononcer catégoriquement dans un sens ou dans un autre, et de ne retenir du débat que ceci : les relations de Leucippe avec l'école d'Ëlée sont établies (^), et l'influence de Zenon est manifeste dans la constitution de la nouvelle doctrine.
Bien que le moment ne soit pas venu de discuter la place que l'alomisme doit occuper dans la série des systèmes grecs, il faut
(>> ChUtade, III, 980.
^•^ Comm. de la phys. (d*après Thëophraste).
^^ Diogène , IX , 3o ; item , Galien , Suidas, Gément d'Alexandrie, Origène, etc.
^^^ Lafaist (Dissert, sur la phil, atomistique, i833) objecte que, chez les Grecs, le mattre n'ëtait pas toujours plus âge que
le disciple. Ainsi Protagoras, qui commença la philosophie dans un âge avance, fut disciple de Dëmocrite, plus jeune que lui (p. 17).
(^) Épiphane, qui est un ëcbo de la tradition courante dans les écoles , l'appelle nettement èpurrixàs^ c'est-è-dire disciple des Kléales. ( Exposit. fid. , 1 087. )
pourtant mentionner, en passant, la thèse de Ritter (^) qui déclare que iatomisme doit être antérieur à Leucippe, puisque Parménide dirige principalement Teffort de sa dialectique contre la conception du vide. La conjecture n'est pas absolument dénuée de fondement, en ce sens que Téclosion de Tatomisme a été longuement préparée par les prédécesseurs de Parménide, et que celui-ci trouvait, chez Pytbagore même, les principaux éléments d une physique fondée sur la multiplicité de l'être. Mais de là à prétendre que Leucippe n a rien inventé, il y a loin. On peut retourner le raisonnement et sou^ tenir que c'est Parménide lui-même qui, par sa critique des conditions qu'entraîne la pluralité, a suggéré à Leucippe l'idée d'ériger le vide en principe. En tout cas, l'hypothèse du vide ne suffit pas à constituer l'atomisme; il y faut les atomes, et, à part la possibilité d'une émanation des doctrines orientales, nul n'a jamais songé prétendre que l'origine en doive remonter plus haut qu'à Leucippe. Tous les témoignages s'accordent à présenter Leucippe comme le maître de Démocrite^^', et c'est grâce à ce fait que nous pouvons fixer à peu près l'époque où vécut le premier. Démocrite , plus jeune de quarante ans qu'Anaxagore, a dû naître vers /i6i ('). Ceux qui reculent cette date jusqu'en Ix^lx (^) n'ont d'autre but que de rendre possible, sinon vraisemblable, la légende contée par Diogènc, d'après laquelle, étant encore enfant, il aurait été instruit dans l'art de la magie par des soldats de la suite de Xerxès, hébergés chez son père <*'.
^'' HiêL de la phil. anc. , liv. VI , chap. a .
^'^ Diogène , IX , 3& ; Glëm. , Strom. , I , 1 o3 , etc. — Arislote {Met. , 1 , 4 , 986 ) le nomme seulement son compagnon , érafpoç.
^^ Suivant Apoiiodore (ap. Diogène, IX, &i ), il serait ne en A60.
^** Diodore (Diogène, ibid.) le fait mourir en Ao&, à TAge de quatre-vingtdix ans, ce qui donne Yannée A9& pour
sa naissance; ces deux dates sont contredites par Tensemble des témoignages.
^^^ C'est avec surprise qu'on voit Lafaist tirer argument de cette anecdote ridicule pour (r confirmer n ia date donn^ par Diodore {Dise, sur FaL, p. AS). Ladite anecdote est rapportée par Valère-Maxime (VIII, 7) et par Diogène (IX, 34) : M4yùnf Tivw Itifxowre xal ^(aXiaiùnf . . . ërt "mais &p.
Démocrite eut-il d'autre maître que Leucippe? Ou Tiguore, mais il est infiniment probable qu il ne traversa pas la Grande Grèce sans entendre les représentants des deux grandes écoles de |)hilosopbie qui illustraient encore ce pays, les Pythagoriciens et les Ëléates. Thrasylle lappelle ^ùf^cûTv^ Tœv zsidcLyopixtâv ^^^ ; Glaucus de Rhégium, sou contemporain, le représente comme étant en relations étroites avec la secte (^); d'après Apollodore, il aurait connu Philolaiis lui-même et aurait donné le nom de Pythagare à un de ses ouvrages ^^'.
Tout cela explique le caractère synthétique de sa doctrine , où se trouvent résumées les principales acquisitions de la philosophie de la nature, depuis les origines de la pensée grecque. Et c'est pour ne lavoir pas remarqué que Zeller se désintéresse de la question d'antécédents (^). Nous sommes d'un tout autre avis, et cette condition particulière de l'atomisme, qui se forme au confluent de l'éléatisme représenté par Leucippe et du pythagorisme représenté par Démociîte, nous paraît s'imposer à l'attention de la critique.
Deux mots sufiisent sur les voyages qu'on lui prête, d'abord {>arce qu'il est impossible d'apprécier la véracité des témoignages qui les rapportent, ensuite parce qu'on ne peut citer aucun fait qui prouve que ses voyages ont exercé une influence quelconque sur la direction de sa pensée. Il est fort probable qu'il visita l'Egypte; mais quel élément de doctrine peut-il bien en avoir rapporté ? Gladisch et Rœth , sans trop d'invraisemblance , ont prêté à Pythagore et à Empédocle des relations positives avec l'Orient, à cause de certaines traces de mysticisme qu'il leur était loisible de relever çà et là chez l'un et chez l'autre : il ne faut pas songer à en user de même avec Démocrite, le plus conséquent des naturalistes.
Encore, si son voyage dans les Indes était bien établi, pourrait-
^*^ Ap. Diogène, IX, 38. licite de cet ouvrage serait des plus doa-
^*^ UémoM t6v UfàSoeyopotû^v rtvùç teases. cbcoOffof a^&v. '*^ Page 989 , t II (note eo bas de la
^** Diaprés Loiizing et Zeller, lanthen- P«g«)-
on supposer quil a recueilli un écho de la doctrine des Vaïseshikas, ou plutôt des Djaïnas, sur les atomes et sur les groupements dont ils sont susceptibles; mais il parait certain qu'il ne s'enfonça pas dans le cœur de l'Asie, et d'ailleurs Leucippe avait posé, avant lui, les bases du système. Qu'avaient d'ailleurs à lui apprendre les Hindous ? Py thagore avait déjà enseigné le pouvoir des combinaisons et la loi des complications graduelles; la division de la matière en particules infinitésimales avait été indiquée par Empédocle et précisée par les réfutations des Ëléates. Si l'idée de l'atomisme est venue de l'Inde, c'est au temps de l'Ecole italique. Tout au plus Démocrite a-t-il pu entendre parler, soit en Phénicie, soit aux confins de la Chaldée et de la Perse (en admettant qu'il ait poussé jusque-là), d'un système antique qui retrouvait alors une nouvelle jeunesse dans la prédication enflammée des bouddhistes, et qui réalisait pleinement l'idéal enirevu par les matérialistes d'Ionie : le monde entier composé d'une même matière, homogène et indéterminée, qui, par l'effet d'une seule et même loi, devient le principe effectif de toutes choses, selon la disposition des particules associées à telles ou telles formes.
Sans doute, la pensée grecque n'avait pas besoin d'un secours extérieur pour atteindre ce dernier achèvement, mais il est certain qu'elle crut le devoir à autrui et qu'elle exagéra même l'importance de la dette. La légende s'empara de bonne heure du philosophe qui semblait avoir dérobé ce secret à la mystérieuse Asie. Lui, qui avait tout fait pour ce rendre la nature à elle-même d, passa bientôt pour un mage uniquement occupé du surnaturel. Le temps aidant, le sens même de sa doctrine se perdit, et, de ce savant universel qu'admirèrent tous ses contemporains, de cet cr autre Aristotet à qui Aristote doit plus qu'il ne dit, la tradition ne conserva qu'un trait caric^ural : Démocrite est pour elle le cr rieur t) perpétuel qu'elle oppose à l'éternel (r pleureurs, Heraclite!
III. Il ne nous reste rien des ouvrages de Leucippe, et nous ne
savons même pas quels ils étaient. Le péripatéticien (^) à qui 1 on doit le De MeltsaOy etc.y parle bien des (r traités qu'on lui attribuait?) [èv Toîs Aevxhntov xaXovfiévots Xàyoïs), mais le renseignement est si vague, qu'il semble dénoncer l'absence d'œuvres connues et certaines. Stobée cite quelques mots d'un Uepl voxiy mais comme Démocrite passe pour être l'auteur d'un écrit de même titre , Miillach (^) pense avec raison qu'il a dû y avoir confusion entre les deux philosophes de la môme école. Pareille hypothèse doit être opposée au témoignage de Théophraste qui, si l'on croit Diogène, rapporterait à Leucippe le Méyas Sidxocrfios^^^ universellement attribué à Démocrite. Pourtant il est probable, comme Zeller le remarque, qu'Aristote était en possession de quelque ouvrage du fondateur de l'atomisme, car il emploie, en parlant de ses opinions, le mot ^i/eriv qui semble indiquer la documentation (^).
Quoi qu il en soit, Leucippe et son disciple sont si bien liés par la tradition, qu'on cite d'ordinaire leur opinion comme commune; et c'est seulement en cherchant à dresser la liste des ouvrages personnels de Démocrite que nous avons chance de déterminer les origines respectifs de la doctrine qu'ils ont partagée.
Cette liste, conservée par Diogène^^), a été rétablie par Mullach dans l'ordre où Thrasylle en avait disposé les différents termes au moyen d'une division systématique en quinze tétralogies (^).
En voici le contenu:
A. Morale. — i° Uvôayépvs. Ce traité, qui serait un éloge ou
^') M. Zeller a démontre (au début du t. II de la traduction de M. Boutronx) que le De Melisso, Xenophane et Gorgia ne pouvait être attribue à Aristote.
^*) Notice sur Démocrite {Fragm, pkiL grme., p. 887 ).
w Ap. Diogène, lX,/i6.
<** Voir Degen, et corr., I, 8. Diogène dMpoUonie rite aussi Leucippe.
^'^ IX, â6f /19. Nous en excluons, de propos délibërë, tons les ouvrages notoirement apocryphes, formant Tœuvre occulte du Pseudo-Démocrite. Ceux-là seront étudiés, au point de vue de leurs tenants et aboutissants historiques , dans les chapitres consacrés plus loin aux Arabes et à Talchimie.
<•> Mûllach, Frag. phiL grœc, , p. 887.
une réfutation de la doctrine éthique de Pythagore , s'accorde mal avec ce que Ton sait de l'auteur présumé et du temps où il a vécu : on ne pourrait, en effet, l'attribuer qu'à un Pythagoricien proprement dit (or Démocrite ne s'est jamais donné pour tel, même en morale), ou à un adversaire déterminé, ce qu'il n'était pas davantage f''. Les critiques s'accordent à le tenir pour apocryphe ou inventé. Aucun des fragments que nous possédons ne paraît pouvoir y être rapporté.
3® Uepl Tïis Tov (t6(Pov SiCLÔéascûs. Aucune autre mention n'est faite de cet ouvrage par les auteurs qui ont parlé de Démocrite. S'il a existé, on pourrait y rattacher, d'après le sens du titre, quelques-uns des fragments moraux qui nous restent (notamment les premiers numéros de la liste de Mullach).
3*^ Ilep* rœv èv kSov; mentionné par Athénée ^^' ainsi que par Proclus W. L'authenticité ne parait pas en être contestée. Elle se vérifie même par un assez curieux rapprochement : l'auteur de la lettre apocryphe cr du sénat d'Abdère à Hippocrate ^ sur la folie de Démocrite a pensé qu'il inspirerait confiance en visant, dans son texte, un ouvrage réel du philosophe, et il cite le Uepl tSjv èv kSoxj. Aucun des fragments conservés ne s'y rapporte.
U^ TpiToyéveia. Ce traité passe également pour être de Démocrite. Suidas lui-même, qui déclare ailleurs (^) n'admettre la parfaite authenticité que de deux ouvrages [Méycts SiixocrfjLOs et Uepl (pvcreeûs x^o-ftov), cite la Tpiroyéveia^ également acceptée par Tzetzès et par Eustathe ^^K Ceux-ci nous donnent même une idée du sens général de l'ouvrage. (rLa Tritogénie, dit Eustathe
^') PMtarque affirme cependant qu'il ^'^ Camm.m Plat. RempubL,\^ p. 6i à
aurait écrit piasieors traités contre Pytha- (édit. Estienne).
gore; mais la polémique n*est guère dans ^^^ Art. Démocrite (édit de BAle).
Fesprit du temps. {Adv. ColoL, &.) ^^^ Tzetzès, Ad LyeojA. Alex., 819;
<*> IV, 19. Eustathe, Iliad., 0, p. 696.
\U UVK U. CBAPITIE UL
esl Failégorie de k sagesse qui, d'après Démacnte, eniante trois choses : le bien raisonner, le bien eiprûner sa pensée» et le bien laire '^U. Txelxès llnterprëte à pen firès dans le même sens : « vonloir bien, juger droit, agir juste ^^'v.
Aocon rapprochement direct avec le texte des firagments.
5* Ilepi âvSpayaOifps H xsepi âpérips; n'est cité par aucun auteur au moins à notre connaissance. M. Liard Fomet dans sa liste W.
6"^ kfiaXOeiv^ xépas; fréquemment cité par les anciens (*), surtout au temps de la décadence latine, où le goût du symbolisme était Yenu aux écrivains. Pline s*étonne du c merveilleux choix i» des titres d'ouvrages chez les Grecs et cite celui-ci en exemple (^1.
Ce titre, d'ailleurs, nest pas assez explicite pour donner lieu à une identification dont il serait Tunique point de départ.
7^ Le Uepl BÙOvfiin^ est, avec le traité suivant, le seid que Lorlzing(*} admette pour authentique, fl était parvenu jusqu'à Séuèque qui eu âdsait grand cas^~>. Ueulhmmie est la tranquillité d'âme, et les premiers fragments de Tédition Mûllach font ootainement partie de cet ouvrage.
8*^ ^vofivtfliiTùâv iOiOiûv H. Cest le traité que Lortzing désigne sous le nom ivKodnxou et qu^il considère, avec le précédent, comme la seule source des fragments qui nous restent. Zdler se
^'^ TpffOTéwns ié àXXiiyopm^ i ^ HùL mL, I, p. 3 : «Inscriptioiiis
ÇpàwifffH, tu9i naxà AypAfpcTO» rp^ apad Gfboos mira Cefiâte . . .alii nip^s
yiy9€r9i ^aifo^ "TÙêi Xoyii^admt, ÀfisX^clwqiiod est copoe coma (inteDigi
rà Xéy€t9 naXéÊS rà woifOiw, nal ré Tolebanl).^
dpMs «rpdMctv odrô. <*) UekrHeeAiiekem/irÊfmemie Démo-
^ BaoXcic9 WÊkîÊÇ, xp£pm hpâm, krk's (BerlÎD, iSyS).
mpMttw ImmiâK. ^ Hane rtabflem aniflii iedem Gneci
^ Ar AcMcnito^tbète btine, 1873. ti^pio yocmiI, de qn Democriti toIih
<^' Auia-Geile, NoeL Atik.y Iît. XX, neii egugi— icrt; ego tranqniBitatiwi
chap. 19. Yoeo. (Af TrÊmfmOMi, 9.)
rauge à sou avis'^l M. Liard ne mentionne même pas ces ùnofMni^ fiara ou vfâjodvxcu dans la liste qu'il donne au cours de sa thèse sur Démocrite. il s'en rapporte sans doute au témoignage de Golumelle qui les attribue à l'Égyptien Bolus de Mendès (^).
La plupart des critiques, d'ailleurs, s'accordent à penser qu'on ne doit pas faire trop de fond sur la liste de Diogène, ni même sur les indications qui ont permis à Mûllach d'établir son recueil de Fragments (r donl un grand nombre sont d'authenticité douteuse ou apocryphe (')?). Mais, dans l'impossibilité où nous sommes d'opérer une sélection justifiée, nous continuerons à considérer ces fragments comme une seconde source, utile pour compléter et contrôler les témoignages directs portés sur Démocrite.
B. Physique. — Les fragments physiques sont d'une importance bien supérieure pour l'objet que nous poursuivons.
9^ Le premier est le M^ya^ Siixo(T(jios qui paraît avoir été l'œuvre maîtresse de Démocrite. C'est le seul de tous les traités dont l'attribution n'ait paru douteuse à personne , si nous exceptons Théophraste qui le rapporterait à Leucippe; mais cette indication, rapportée par Diogène, a sans doute été mal comprise par lui; le disciple d'Aristote, dont l'autorité est considérable chez les anciens, n'aurait pu professer une opinion si différente de la tradition commune sans que les autres commentateurs s'en fussent préoccupés. Peut-être jugeait-il simplement que la plupart des idées contenues dans cet ouvrage venaient de Leucippe, ce qui n'a rien de surprenant puisque celui-ci est le véritable fondateur de i'atomisme et puisque le Méyas SuixocTfios devait être un traité d'ensemble exposant la philosophie générale de l'école.
Quoi qu'il en soit, l'antiquité tout entière en fait honneur à
^'^ T.II, p. i85. IiciieLortziog,Heiin- quœ appellaoUir (nrofcvi^fMR'a, sub no-
sôth , MÂHach , et auasi le traite de Schleier- mioe Democriti Uso producantar ( VII ,
mâcher nu* la liste donnée par Diogène. 5 ). Voir Bertheiot , Orif. de l'akh, , p. 1 5 7 .
^'^ Bolus Mendesius, cujus commenta ^'^ Voir Zeiler, ioe, cii.
Démocrite^ ainsi qu en témoigne Suidas, après Athénée (^l C'est sans doute au début du Méyas Sidxoaiios que Cicéron fait allusion (^) lorsqu'il s'émerveille de l'audace superbe de Démocrite, osant commencer son livre par ces mots : «r Je vais traiter de l'universel (*). -n Gomme on ignore le plan de l'ouvrage, il est impossible d'y rapporter tel ou tel fragment.
10^ Le Mixp6s S^àxofTfjLOs est moins connu; c'était sans doute un abrégé, composé par un disciple plutôt que par le maître. On ne sait rien de ce qu'il pouvait contenir W.
1 1® Ko(T(jLoyp(x(^iV' La seule raison que l'on puisse alléguer en faveur de l'authenticité de ce traité est le témoignage de Strabon qui, au début de son livre, compte Démocrite parmi ceux qui se sont les premiers occupés de géographie.
13® Uepl tSûv ^^aviiTOJV. Muilach estime qu'Aristote y fait allusion (^) lorsqu'il cite l'opinion de Démocrite et d'Anaxagore sur les comètes considérées comme le résultat de la rencontre fortuite de deux astres W.
Sénèque doit également avoir en vue cet ouvrage lorsqu'il apprécie ainsi les connaissances astronomiques de Démocrite : (r De* mocritus quoque, subtilissimus antiquorum omnium , suspicari ait se plures stellas esse quae currant, sed nec numerum illarum posuit, necnomina, nondum comprehensis quinque siderum cursibus('').T)