‹ Histoire de la philosophie atomistiqueChapitre 3 sur 64 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

sur la nature de l'être visible est relative à la permanence de la chose à travers les phénomènes dont elle est le sujet.

On peut dire que la réflexion philosopliique est apparue avec ridée de suhslance.

A mesure que s'étendait le domaine de l'observation, celte idée se précisait et se déterminait. On apprenait d'abord que l'essence d'un corps ne dépend pas de son état physique; que leau, par exemple, se solidifie par l'effet du froid et se vaporise par l'effet de la chaleur, sans changer aucunement de nature.

Puis le spectacle de certaines mutations frappantes d'un corps à un autre (la pierre qui produit le métal, le bois qui se convertit en cendre, le sable en verre) mit l'esprit sur la voie d'une conception plus large, celle de Vunilé de matière.

De là les essais cosmogoniques des Hindous et des Ioniens ramenant toutes choses aux agrégations diverses d'un ou de plusieurs éléments primordiaux, et la série des hypothèses matérialistes dont le terme est le mécanisme de Démocrite.

II. Mais cette matière même, qui est la trame de toute existence, le support de tous les |>hénomènes, quelle en est la constitution interne?

Ici encore c'est une observation vulgaire, un fait de sens commun qui sert de base au système : la matière nous apparaît comme divisible par essence, et toute chose semble composée d'une infinité de particules unies ensemble. Il n'est pas jusqu'aux fluides qui ne subissent cette loi : Kanada, comme Lucrèce, tire argument des tourbillons de corpuscules flottants qui sillonnent l'air traversé par le rayon lumineux.

A cette remarque d'ordre sensible viennent bientôt se joindre des considérations d'ordre abstrait.

L'IDEE-MERE DE L'ATOMISME. vu

Les mathématiques, qui sont en voie de formation, ilëveloppenl le concept du nombre^ et Tesprit commence à entrevoir le double abime de Tinfiniment grand et de Tiniiniment petit, par le contraste de Tunivers et de Tatome, deux unités où il trouve les deux pôles de Tertre et de la quantité.

III. Enfin l'idée de la combinaison se dégage, comme une conséquence, des données précédentes.

Une condition unique parait dominer la constitution intime des corps : partout se découvre un groupement d'éléments similafres prenant une unité et une essence nouvelles par leur association à une forme ou à une fonction supérieure. Ainsi les tissus vivants sont composés d'éléments inorganiques, dont la variété s'explique elle-même par une série de compositions graduelles.

Les propriétés de la matière vont se compliquant et s'enrichissant depuis l'atome indistinct et nu, qui n'est que la com^ posante indifférente de l'être, jusqu'au plus haut développement de la vie.

Arrivé à ce point, l'alomisme est fondé de toutes pièces; il ne lui reste plus qu'à déterminer les deux principaux éléments qu'il met en jeu, l'alome et la loi de combinaison.

Tout l'effort des systèmes portera sur cette double détermination qui, suivant qu'elle inclinera dans un sens ou dans un autre, les conduira à une interprétation différente de la théorie dont nous venons de formuler impartialement les termes.

LA

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