DOCTRINE ATOMISTIQUE J)ES MOTECALLEMÎN
cessaire dès qu'ils admettent la première (^). En etTet, si Tunivei^s était plein de ces parcelles, comment donc pourrait se mouvoir ce qui se meut 1 Car on ne peut pas se figurer que les corps entrent les uns dans les autres, et ces parcelles ne peuvent se réunir et se séparer que par le mouvement, t)
D'ailleurs, bien que comprenant cette nécessité logique, Maïmo* nide déclare (^) que crce qui résulte de l'existence du vide est encore plus extraordinaire et plus absurde que tout)). Il rappelle le célèbre Livre des artifices ^^\ par les Béni-Schakir, renfermant au delà de cent artifices qui tous sont appuyés de démonstration et ont été mis en pratique; or, si le vide pouvait exister, crpas un seul de ces procédés ne pourrait s'effectuer et bien des opérations hydrauliques ne pourraient avoir lieu d.
Les Motecallemin prétendaient établir directement l'existence du vide : «Deux lames bien polies (^) étant superposées de manière que tous leurs points se touchent, si l'on arrache l'une d'elles tout d'un coup, il y a un vide entre ces lames, du moins pour un instant, jusqu'à ce que l'air soit entré)).
L'exemple est puéril. Ils donnaient une preuve plus réfléchie , tirée de l'existence du mouvement : lorsqu'un corps passe d'une place à une autre, il trouve cette place remplie ou non. S'il ne la trouve pas remplie, il y avait un vide; si, au contraire, elle est remplie, il ne peut y entrer, de sorte que le mouvement cesse; ou bien il est obligé de chasser ce qui la remplit pour s'y établir lui-même. Or l'objet chassé doit en repousser un autre, et ainsi de suite jusqu'à la rencontre du videW.
On reconnaît là le raisonnement des adversaires de Descartes.
^'^ Concernant Inexistence des atomes. relatives aux dift^renles branches de ia
(*) Cuûfe<ie« ^or^f, 1. 1, p. 883-385. science m^niqae. (Voir la note de
(*) Ibid., p. 385. Ces Bëiii-Schakir flo- Munck.)
rissaicnt vers le milieu du ix* siècle. Leur ^^^ Schmoelders, Euai, p. 179.