DOCTRINE ATOMISTIQUE DES MOTEGALLEMÎN
La mèiue. argumentation est applicable à la ligne et au point.
Ni le temps, considéré comme continu, ni le nombre ne sont réels ('); Tunité même n'est pas réelle, ni la pluralité qui n'est qu'un agrégat d'unités.
Quels sont donc les accidents ou déterminations véritables?
Il y en a de deux sortes (^) : i"" les accidents appartenant exclusivement aux objets animés; s"" les accidents propres aux objets inanimés.
A la seconde catégorie appartiennent toutes les choses sensibles : sons, couleurs, odeurs, saveurs, froid, chaud, etc., et les cr apparitions t) physiques qui embrassent quatre sortes de phénomènes : conjonction, disjonction, mouvement et repos.
L'analogie de cette division avec la division correspondante dans Kanada est frappante; il suffit de le noter au passage.
Les objets sensibles perceptibles par la vue sont de deux espèces, à savoir : perceptions immédiates et médiates. Nous percevons immédiatement la lumière et les couleurs, et, par l'entremise de celles-ci , les formes et les figures.
Il y a cinq couleurs : le blanc, le noir, le rouge, le jaune et le vert. Le blanc et le noir sont les couleurs fondamentales, les autres ne sont qu'une portion plus ou moins forte de noir sur un fond blanc W.
Ce qu'on appelle cr apparition -n est l'existence d'une substance dans un volume, ou plutôt son entrée dans un contenant, dans l'espace. Conjonction, disjonction, mouvement, repos sont des phénomènes subordonnés au terme générique d'apparition.
On définit ordinairement le mouvement cr l'apparition d'une substance dans une place après avoir été dans une autres. Une substance est en repos cr quand elle s'arrête dans un endroit pendant un certain temps i).
'*) Sduooelders, Essai, p. 161-166. Schmodden,qni ne sait pas faire la part ^^ Ikid., p. 167. des renseignements qu'il faut donner et
'^^ Noas abrégeons ici l'exposition de de ceux qu*il faut écarter.
358 LIVRE m, PARTIE I, CHAPITRE IV.
Les accidents appartenant exclusivement aux êtres animés sont d'aboi*cl les qualités physiologiques, telles que vie, mort, santé, maladie, force, etc.
A la même catégorie appartiennent les qualités caractéristiques de Ta me, comme science, ignorance, etcJ^).
Une autre qualité importante des êtres animés est la pumance^ qui se trouve déjà sous le même nom et avec la même signification dans Kanada^'^) : c'est cria faculté qui rend un individu capable d'agir ou de cesser d'agir à son gré (')?). Elle ne précède pas l'action, car elle durerait plus d'un instant : «r elle est simultanée avec l'action; l'action est, pour ainsi dire, tirée par elle de son néant. 11 y a entre la puissance et l'action absolument le même rapport qu'entre la cause et l'effet 7).
Une autre qualité caractéristique de l'âme, chez les Motecallemin comme chez les Vaïseshikas, est la volonté , dont le contraire est Yavernon. La volonté est une affection de notre âme, affection qui dépend de la science ou de l'opinion qu'un objet sera pour nous un bien. crLa volonté ne se manifeste qu'isolément; si, après plusieurs réitérations, elle s'arrête au même objet, nous la nommons inientiony dessein. On doit regarder Famour comme une sorte de volonté, n
A ces accidents propres à rc4me, il faut joindre encore la faculté du langage y le plaisir et la doukury et les perceptions des sens.
A propos de ces derniers faits, notons une nouvelle preuve delà communication entre l'Ecole atomistique arabe et l'Ecole hindoue : on retrouve ici la théorie si étrange, si paradoxale de Kanada expliquant la vue par (rdcs rayons qui sortent de l'œil, atteignent
les objets extérieurs et nous en donnent ensuite la perceptions^)'».
. ^'' J*omels (les (Hsliocf ions infinies sur ^^^ Schmoeldei*», fMoi, p. 178.
la science d'aulorilë , la science immédiate, ^*^ Ibid, , p. 1 yi. Cette théorie est cit^'^e
le savoir nécessaire, évident, etc. (Voir comme «ii^^ce//e« qui divisent les Mote-
Schmoeiders, p. 1G9.) callemln; c'est manifestement une acqui-
^'^ ffSunskara. f> sition étrangère.
DOCTRINE ATOMISTIQUB DES MOTECALLEMiN. 359
Cette longue énumération n*est pas d'un bien grand profit théorique, mais elle était nécessaire pour nous donner une idée complète du système : les acct&it(« y jouent un si grand rôle, quon ne saurait se résigner à ignorer ce que signifie exactement le terme.
Le moment est venu de remonter des eiïets à la cause, c'est-àdire des substances et des accidents tout ensemble au principe suprême de tout ce qui existe, à Dieu.
:{G0 livrf; m. partik i, chapitre v.