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L'ATOMISME THÉOLOGIQUE AU XVII' SIÈCLE EN FRANCE

combinaisons, ni systèmes, ni rien de ce que ia philosophie entreprend précisément d'expliquer?

Il a bien fallu sortir de Tatomisme pur pour achever le système. Ânaxagore et Epicure s'y sont successivement essayés; ils Tout fait comme à tâtons, au hasard de leur imagination.

Le monothéisme, qui est survenu, a fourni une solution de la dilFiculté et tiré d'embarras tous les atomistes à venir. Tout ce qui restait inexpliqué a été renvoyé à un Principe suprême, que l'on a doué à dessein de toutes les déterminations, aGn qu'il pût toujours suffire à son rôle. Peut-être n'est-ce qu'un expédient, mais qu'était donc le hasard? Au point de vue proprement rationnel, la création et la Providence sont à peu près assimilables, comme moyens d'explication, à l'éternité du monde et au hasard : je veux dire que ce ne sont que postulats de part et d'autre, positifs là, négatifs ici, également indémontrables. En tout cas, nous n'avons pas le droit d'alléguer qu'en ajoutant un Démiurge au monde des atomes « on (T change V) celui-ci, qu'on le (t défigurer, qu'on le (t mutile t). Si on ne lui ajoute rien, sûrement on ne lui enlève pas davantage.

Le système subsiste en son entier, étayé à la base et couronné au sommet par des hypothèses chargées d'épargner à l'esprit l'horreur de l'inconnu. Les atomistes étaient bien obligés de supposer la matière antérieure au monde et d'admettre * que l'évolution ces* niique suit une marche constante, susceptible de détermination et de prévision. La théologie ne change rien à ces conditions, lorsqu'elle prétend en rendre raison.

Ceci est surtout vrai pour Gassendi, qui n'a point donné dans les excès de zèle où se sont égarés les Motecallemîn. Il admet, lui, que la création est l'effet d'un acte unique et déGnitif : en appelant les choses à l'être. Dieu leur a imposé les lois qui leur constituent une (r nature 79 et qui dureront autant que le monde. Après quoi, ff il permet qu'elles aillent leur train ordinaire, les laissant agir suivant les mouvements qu'elles ont reçus t). C'est-à-dire, que ia création se complique d'un élément oublié par l'ancien atomisme : en

même temps que Texistence et le mouvement, la direction même du mouvement, ou plutôt la capacité de se diriger suivant une loi interne, apparaît dans Tatome. Tout cela est donné au premier moment, et, encore une fois, il importe vraiment peu que ce soit de toute éternité, ou dans le temps par le fait d'un être éternel.

Loin donc de voir dans l'appendice métaphysique, ajouté par Gassendi, une contradiction et comme un «r suicide?) de ratomisme, j'y vois l'indication anticipée d'un achèvement prochain.

Ce qui manque encore chez Gassendi, c'est la formule de la loi suivant laquelle s'agrègent les atomes, naissent et se développent les combinaisons; mais celte loi, que niaient Démocrite et Epicure satisfaits d'en rapporter les effets au hasard, que niaient également les Motecallemîn résolus à tout rapporter à l'arbitraire volonté de Dieu, cette loi, Gassendi Ta affirmée et comprise. Il lui a donné le degré ^mmaneihce compatible avec l'hypothèse métaphysique qui lui était imposée par son temps et, sans doute aussi, par ses croyances personnelles.

Lange (') insinue qu'en admettant Dieu et l'âme immortelle, il les a placés (t tellement en dehors du système, qu'on peut très bien se passer de l'un et de l'autre d : l'exagération est manifeste; au moins peut-on affirmer qu'après l'acte de la création, complété et déterminé comme nous l'avons dit, l'initiative divine n'intervient plus jamais dans le système, et que le monde atomique accomplit sou évolution en développant, avec une entière indépendance, les causes primordiales qui constituent son essence.

111. Les atomes, qui forment la substance primitive et inde.structihle du monde, sont, chez Gassendi comme chez Démocrite etËpicure, identiques d'essence, solides, impénétrables et indivisibles'^^. Dans la démonstration de ces deux dernières propriétés, Gassendi trouve le moyen de se montrer original, parce qu'il a en

''^ lliM, dutnatér., 1. 1, p. â4i. — '^ Gassendi, Œuvres (Lyon, édition de i658), I. !, j). 356 pI suiv.

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