‹ Histoire de la philosophie atomistiqueChapitre 8 sur 64 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

BAPPORTS RNTRE L'ATOMISME HINDOU BT I/ATOMISMB GREC.

En traitant des origines de iatomisme grec, on voudrait éviter de soulever à nouveau la question des rapports de la spéculation hellénique et de la spéculation hindoue prises dans leur ensemble. Mais la doctrine dont nous étudions révolution se confond, pour ainsi dire, avec la philosophie de la nature dont les différentes formes remplissent toute la période antésocratique ; elle emprunte ses principaux éléments aux trois grands systèmes qui font précédée, rionisme, le pythagorisme et Téléatisme : il faut donc, bon gré mal gré, faire remonter la recherche jusqu'aux origines mêmes de la pensée grecque et l'étendre aux diverses tentatives par lesquelles elle s'est d'abord manifestée.

Aussi bien peut-on affirmer que le dernier mot n'a pas encore été dit sur cette obscure question, et que c'est par des enquêtes partielles, comme celle que nous poursuivons ici, qu'on a le plus chance d'avancer la solution générale.

Les arguments qui tendent à établir la spontanéité et l'indépendance de la philosophie grecque ont été résumés de la façon la plus complète et la plus exacte par M. Zeller'^). Après une judicieuse critique des témoignages concernant les rapports vrais ou

Phtl, des Grecs, l. I, p. q5*i53.

5i LIVRE II, CHAPITRE I.

supposés qui ont pu exister entre les savants hellènes et les savants orientaux, Féminent historien s'attache à montrer combien différents sont les caractères des deux races, des deux génies et des deux spéculations. En Grèce, d'ailleurs, le développement philosophique est si régulier, si logique, qu'on ne peut s'empêcher de le croire autonome; (ries doctrines des plus anciens philosophes sont si simples et si indépendantes Tune de l'autre, qu'elles apparaissent comme les premiers efforts d'une pensée qui se révèle à elle-même; et, de même, pour expliquer leur marche ultérieure, on n'est jamais forcé de recourir à des influences venues de l'étranger (^). Il n'y a là aucune lutte de l'élément grec primitif avec des éléments hétérogènes, aucun emploi de formules ou de termes incompris, aucune allusion à la tradition scientifique des temps antérieurs; d'une manière générale, aucun des caractères par lesquels se manifeste» par exemple, au moyen âge, la dépendance de la philosophie. Tout se développe très naturellement, d'après les conditions de la vie hellénique. Et jusqu aux systèmes pour lesquels on a supposé une influence profonde venant des rapports avec l'étranger, tout s'explique, quant aux traits essentiels, par la culture indigène et les ressources intellectuelles des Grecs. Ce mode de développement de la philosophie grecque serait incompréhensible, si elle avait réellement Eatit à Fétranger autant d^empronts que l'ont supposé certains écrivains anciens et modernes *» ^^}.

C'est fort bien dit « et l'on peut admettre avec Lange '^'^ que v cette critique a fait justice, pour toujours, des idées grossières d'après lesquelles TOrient aurait été le maître de la Grèce v. Déjà, en 1866, M. Renouvier« après avoir remarqué que la philosophie antésocratique se partage en autant de doctrines qu*il est possible de poser de principes généraux et contraires pour expliquer la

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