‹ Histoire de la philosophie atomistiqueChapitre 9 sur 64 · RAPPORTS ENTRE L'ATOMISME HINDOU ET LATOMISME GREC · texte numérisé non relu

RAPPORTS ENTRE L'ATOMISME HINDOU ET LATOMISME GREC

ture et la cause des êtres, concluait que (rla recherche de la science universelle a été spontanée de la part des Grecs ^(^), et repoussait l'hypothèse de la transmission successive et du développement continu de la civilisation à travers les peuples, comme cria plus commune et la plus superficielle de celles qu'on a décorées du nom de philosophie de ThistoircT^i^). Les travaux récents des érudits nont pas ébranlé cette conclusion, et il paraît bien acquis que la spéculation grecque n'est pas le simple prolongement d'une spéculation antérieure, la scolastique plus ou moins dépendante d'un corps de doctrines venu de l'étranger.

Mais ce n'est là que la moitié de la vérité : si original qu'il soit, supposera-t-on que le génie grec n'ait pas d'antécédents? si autonome qu'apparaisse la philosophie où il s'exprime, la croira-t-on fermée à toutes les influences? En regard de la discussion que nous venons de résumer, il est intéressant de placer l'article que M. Barthélemy-Saint Hilaire consacre à Y Inde dans le Dictionnaire philosophique, (rll n'y a pas d'esprit sérieux qui ne doive être frappé des trois remarques suivantes : la langue grecque vient tout entière du sanscrit; le polythéisme grec, malgré des différences évidentes, est une reproduction de la mythologie indienne qui se trouve déjà dans les Védas; la métempsycose, telle que semble l'avoir admise Pythagore^ telle qu'elle est dans Platon, est la croyance fondamentale de rinde à toutes les époques, dans toutes les religions, dans toutes les philosophies. t) Gardons-nous de tirer trop vite argument du consentement universel et des apparences logiques: (r Les Grecs ont cru que leur langue était autochtone, et jusqu'à ces derniers temps on a pu croire comme eux; la philologie a cependant prouvé le contraire.^ Qui se serait douté, avant les travaux dé Bumouf, que les conceptions fondamentales de la mythologie fussent les mêmes de part et d'autre ? (r II est impossible d'admettre que ces ressemblances soient Tortuites et qu'elles ne viennent que de l'identité de l'esprit humain. »

Manuel, Averlissomenl , p. 6. — '*^ Ihid., I. I, p. 8.

5 A LIVRE U, GUAPlTliB I.

ff Enfin, ajoute Tillustre historien, il est une autre analogie frap> pante, cest celle que présentent (entre elles) certaines doctrines philosophiques, et cette analogie nesl pas due au hasard plus que les deux autres Quand on songe que la langue dans laquelle écrit Platon vient de Tlnde, que les dieux populaires de son pays en viennent également, on peut croire que des croyances philosophiques lui sont venues aussi de cette source, bien qu'il ne la soupçonnât pas. On doit donc conclure que la Grèce doit beau* coup à rinde, qu elle a fait à celle-nû les emprunts les plus considérables, fi

A rester ainsi dans le vague des affirmations générales, nous risquerions de ne jamais sortir de la contradiction. Restreignons donc la discussion aux origines de la doctrine qui nous occupe.

On oublie trop souvent que la philosophie n est pas née dans la Grèce même, ni chez des penseurs d'école, mais en Asie, dans ces colonies ioniennes où affluaient toutes sortes d'étrangers, vau milieu d'hommes riches, considérés, versés dans les affaires et instruits par de nombreux voyages t)'^'. Lange attribue, avec raison, une extrême importance à cette remarque : txCest dans la partie arien'taie du monde grec j où les relouons avec l'Egypte y la Pkeniciey la Perse étaient les plus fréquentes y que le mouvement scientifique prit naissance y et ce fait incontestable prouve l'influence de l'Orient sur la culture hellénique, plus clairement que les traditions fabuleuses des voyages entrepris par des philosophes grecs dans le but d'observer et d'étudier. L'idée d'une originalité absolue de la culture hellénique peut être admise, si l'on n'a en vue que la forme, et si, de l'épanouissement parfait de la fleur, on conclut que les racines sont profondément cachées dans le sol; mais cette originalité devient fantastique, quand, se fondant sur les résultats négatifs de la critique de toutes les traditions spéciales, on va jusqu^à nier des connexions et des influences qui ressortent d'elles-mêmes de l'élude des relations na-

I^ange, UUt, du mater,, I. I, p. k.

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