VIE DE MALEBRANCHE
desséché jusqu'à n'être plus qu'un vrai squelette : a Son mal, dit ingénieusement Fontenelle, s'accommoda à sa philosophie , le corps qu'il avait tant méprisé se réduisit presque à rien, et l'esprit, accoutumé à la supériorité, demeura sain et entier. Il n'en faisait usage que pour s'exciter à des sentiments de religion, quelquefois par délassement pour philosopher sur le dépérissement de la machine. Il fut toujours spectateur tranquille de sa longue mort dont le dernier moment, qui arriva le i3 octobre, fut tel qu'on crut qu'il reposait (1). »
(1) Tel aussi nous le montre le P. André, dans le récit de sa grande maladie de 169G, contractée à la suite des soins donnés à l'édition de V Analyse des infiniment petits au msiTqms de VEùpitsd : < Dans les égarements de son esprit aliéné, il revenait sans oesse à ses pieuses méditations, toujours un peu philosophiques, mais, à leur ordinaire, toujours édifiantes. Le sentiment de ses vives douleurs, au lieu d'exciter ses plaintes^ ne faisait, le plus souvent, que lui rappeler des idées qui lui étaient si familières, de la structure du corps humain. » — Voici son article dans \eNe'crologe de l^ Oratoire ^ p. 80: « Il a été des plus célèbres philosophes de son siècle ; mais sa grande réputation ne lui a rien fait perdre de sa douceur dans la conversation. Il a su allier une grande piété avec les études les plus abstraites et les plus profondes recherches de la philosophie. »