CAUSES DE NOS ERREURS
n'estnécessaire ni pour la physique, ni pour la morale. Mais il faut d'abord faire usage de notre esprit sur les idées de nombre et d'étendue, car ce sont les idées les plus claires oîi sont contenues des règles immuables, mesures communes de tout ce que nous connaissons, et de tout ce que nous pouvons connaître. Il ne veut pas cependant qu'on s'arrête trop longtemps aux mathématiques, et recommande de passer bientôt à la physique et à la morale, plus utiles, quoique moins propres à rendre l'esprit pénétrant. Enfin, après divers exemples, tous cartésiens, de l'application des règles particulières à des questions de métaphysique et de physique, il exprime en terminant l'espérance qu'on aura été convaincu, par cet essai de méthode, de la nécessité de ne raisonner. que sur des idées claires et de procéder par ordre, a On méprisera, dit-il, Aristote qui ne les a pas suivies, on reconnaîtra la solidité de la philosophie de Descartes. »
Telles sont les vues critiques et morales, avec les principales règles logiques, par*lesquelles Malebranche veut préparer les voies à la philosophie de Descartes, plus ou moins modifiée par son propre génie. Nous connaissons le but que se propose l'auteur de la Recherche de la vérité^ et l'esprit philosophique dont il est animé ; nous allons maintenant après cette introduction, commencer une étude approfondie des doctrines qui lui sont propres.