‹ Histoire de la philosophie Cartésienne (volume 2)Chapitre 25 sur 68 · les miracles de l'ai · texte numérisé non relu

les miracles de l'ai

!àe même, la pluie de la grâce tombe tout aussi bien sur les l'Cœurs endurcis que sur les âmes préparées à la recelToir{l). Delà tant de grâces inefficaces, e[ en conséquence lianlde réprouvés. Il raisonne sur les réprouvés, pour justifier la providence, comme sur tes monstres et les désorfres physiques. Si Dieu agissait par des volontés particu- ^ères, n'est-il pas visible que toujours la grâce aurait son bfilTet, et qu'il pourrait sauver tous les bommes? Dieu veut nréritablement sauver tous les hommes, sans exception ; frÉcrilure et la raison sont d'accord pour nous le persua- 'iT. D'où vient donc que les hommes ne sont pas tous luvés, si ce n'est qu'il en est empêché par sa sagesse, il aime plus que son ouvnige, et qui ne lui permet pas d'agir autrement que par des volontés générales? Malebranche veutiâire dépendre la prédestination elle-même, non de décrets particuliers, mais d'une loi générale. Les »înts et les élus, les prédeslinés, ne sont pas tels par refît de quelque prédilection particulière, mais parce qu'ils i trouvent renfermés dans ces voies simples et fécondes, ^^c la sagesse de Dieu a. dû choisir, pour élever le temple spirituel. Leur prédestination est roffet d'une volonté générale, et non d'une volonté particulière.

Dieu agissant comme cause générale dans l'ordre de la grâce, s'y détermine également suivant des causes occaeioonelles qui lui épargnent des volontés parliculiôres. Hais quelles sont ces causes occasionnelles de la distribution de la grâce? Elles ne sont pas dans les volontés des hommes, dans nos elTorts et nos désirs ; en effet, selon Maibrancbe, ce serait fonder la prédesticiation sur les méfetes humains, et tomber dans l'erreur des semi-pélagiens.

^|l) Mslsbranche affeciioiiUB fort celle compapaiaoïi, qu'il JustiliB par ~ ~ it Augustin : ■ Sainl Augustin entend de la gi'ica ; pluviam volunta- » àtiât Dominus. Il y a cent oiidroîls dnna ses ourraËeE qui disent U n cUose, et je suis bien nise que vous l'ayez remarqua, car il y a eHfecrement de» gnna qui ont trouvé i redire à la comparaison que je fais de k pluie et de la grâce dans le Ti-ailé de la miure et de la grâce. « (Correspondance inédite, publiée par l'abbé Blampigoon, f. T.)

H4 PHILOSOPHIE CARTESIENNE.

Comtne il n'y a que Jésus-Christ qui puisse nous mériter la grâce, de même il n'y a que les pensées et les désirs de Jésus-Christ, en tant qu'homme, qui puissent Être les causes occasionne] les -de sa distribution dans les &mes. Malebranche ne craint pas d"c rejeter sur Jésus-Chrisl, sur les bornes de son inteUigence, en tant qu'homme, les difficultés relatives à la distribution de la grâce; de là le reproche ironique, qui lui a été adressé, de justifier le père aux dépens du fils.

Ce n'est qu'ensuite des désirs de Jésus-Christ que les grâces sont données aux pécheurs ou aux justes par Dieu, qui s'est fait une loi d'obéir à l'ame de Jésus-Christ dans tout ce qui regarde le gouvernement de son Église, Or, les pensées et les désirs de rame de Jésus-Christ, en tant qu'homme, de môme que ses connaissances, sont bornés. Il ne peut penser à toutes choses, ni à tous en même temps, d'où il résulte que ses grlces ne se répandent que successivement, tantôt sur certaines personnes, tantôt sur d'autres, et que souvent elles sont inutiles, n'étant pas proportionnées aux dispositions de ceux qui les reçoÎTent , parce que Jésus-Christ ne les connaît pas toujours {)), Par là Malebranche s'attire, de la part d'Arnauld, l'accusation d'attribuer de l'ignorance à l'âme sainte de Jésus-Christ et

(1) MnJE, avant lu venue de Jésus -Cbriet, quelles érnient, selon Mit^ branche, les cuusen occssionn elles an In grflce 1 C'est aiiK diisjrs de^ anges et surtout de l'arcbange Michel, prOposii ï la conduite du peuple juif, qu'il imugine de fitiro Jouer, dans l'ancienne loi,leaienieralequ'aui désira de Jésus-Christ dans la nouvelle. Dieu eiécntait leurs désirs et par eut. ses propres desseins. selon certaines lois générâtes. C'est sur quoi il sa fonde pour soutenir contre Arnauld <]ue les miracles de l'ancienne loi ^e marquent nallemeni que Dieu uit agi souvent par des volontés parliculiËres. Kous nous bornons ï ludiquer cette ï.utn! Imagination (héologique de Malebranche, plaisamment quallSêa de Micltaélocratle par Faydit. Si Dieu s choisi l'archange Michel pour ce rOle, c'est qu'il n prévu qu'il eiigeraii da lui, pour le gouvernement de son peuple, un moins grand nombre de miracles que Ifs autres anges. De là ce bon mot de Nicole : Dieu a doniiÉ i l'arcbangc Michel la conduite du peuplejuirau rabais des miracles. (Voir le dernier éclaircissement de lu 2* édition du IVaiV^ de la nature et de la gràca, et la Dissertation d'Arnauld sur les miraclts de l'ancienne loi.)

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