II
compréhensibles. Tout cela sans ordre, sans principes, sans liaison de Tentés entre elles, n
Sa théologie achevée, il refusa (1), comme un office trop mondain, un canonicat qu'avaient obtenu pour lui les amis de sa famille et, à Tâge de vingt et un ans, il entra à l'Oratoire qui convenait, mieux que tout autre établissement, à son goût pour la piété, la méditation et l'étude. D'abord pendant cinq ans, il se livra sans succès, sous la direction des P. Lecointeet Richard Simon, à des travaux d'érudition et d'histoire pour lesquels il ne se sentait aucun goût. Nous voyons le jeune novice vainement à la recherche de sa vraie vocation jusqu'au jour où, par un hasard heureux, un libraire de la rue Saint-Jacques lui présenta le Traité de r homme de Descartes. Quoiqu'il ne connût guère Descartes, il l'acheta, dit le P. André, uniquement à cause de la sin* gularité du titre. S'étant mis à le lire, il fut tellement saisi par la nouveauté et la clarté des idées, par la solidité et l'enchaînement des principes, par une mécanique si admirable du corps humain, que de violentes palpitations de cœur l'obligent plus d'une fois d'en interrompre la lecture. « L'invisible et inutile vérité, dit Fontenelle, n'est pas encore accoutumée à trouver tant de sensibilité parmi les hommes, et les objets ordinaires de leurs passions se tiendraient heureux d'y en trouver autant. » Ainsi le Traité de rhomme donna à Malebranche le coup de la grâce philosophique, et fut pour lui, ce qu'avait été, pour saint Augustin VHortensius de Cicéron.
Après le Traité de thomme^ Malebranche lut et médita tous les autres ouvrages de Descartes. Pour mieux les comprendre, il étudia les mathématiques, u A la faveur de cette lumière il envisagea, dit le P. André, la philosophie de M. Descartes par tous les côtés, et comme tout y est appuyé sur l'existence de Dieu créateur et moteur de la nature, sur la spiritualité de l'âme et son immortalité, son
(1) Il venait de perdre sa mère, et cette mort, dit André, lui avait fait faire des réflexions sur la vanité des choses de ce monde.
VIE DE MALEBflANCHE. 19
cœur était pénétré de joie de voir une philosophie si bien d'accord avec la religion (1). h
Quels ne sontpas l'admiration et l'enthousiasme de Malebranche pour le grand philosophe qui a fait briller à ses yeux une si vive et si pure lumière ! a Descartes, dil-il, a découvert en Irenle années plus de vérités que tous les autres philosophes ensemble (2). s C'est à lui seul qu'il fait honneur du peu d'ouverture qu'il a pour les sciences (3). H est plein de vénération pour celui qui a démontré, d'une manière très-simple et très-évidente, non-seulement l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme, mais une inQnité d'autres vérités qui avaient été inconnues jusqu'à son temps (4). « Ceux qui liront les ouvrages de ce savant homme, se sentiront une secrète joie d'être nés dans un siècle et dans un pays assez heureux pour nous délivrer de la peine d'aller chercher dans les siècles passés, parmi les païens, et dans les extrémités de la terre, parmi les barbares et les étrangers, un docteur pour nous instruire de la vérité (">). » Notons que les barbares dont il s'agit sont Platon et Aristote. Malebranche a platonisé. en quelque sorte sans le savoir, et sans remonter au delà de saint Augustin. S'il l'appelle fe(/!UmP/a(on, c'est par pure ironie. N'esl-il pas étrange de voir ainsi le Platon français se moquer du Platon grec, sans paraître se douter de l'atllmté do leurs doctrines et de leur génie? QuantàAristote, il en fait le prince des faux philosophes, et l'exemple le plus frappant des grossières erreurs dans lesquelles l'esprit humain peut tomber. L'enthousiasme de Malebranche pour Descartos rappelle parfois celui de Lucrèce pour Épicure.
Cependant, il ne le tient nullement pour infaillible : " Je
0) Le p. André et le P. AÛry raconteni cette anecdote, dont la vérité ne noua parnlt pax pouvoir tire mise «n doulH. lïl Re-herche 'le lu vérité, liï. I", cliap. lit. {») Priifiice du Troiii tur les lois du tnoiUKment. (t) Heehnvhe, IV* livre, chap. vir.
(6) Reclierche de la virile, VI, dernier cliap.
crois pouvoir, dit-il, démontrer qu'il s'est trompé en plusieurs endroits de ses ouvrages. Mais il est plus avantageux à ceux qui le lisent de croire qu'il s'est trompé, que s'ils étaient persuadés que tout ce qu'il dit fût vrai. Si on le croyait infaillible, on le lirait sans l'examiner ; on croirait ce qu'il dit sans le savoir, on apprendrait ses sentiments comme on apprend des hi:>toires, et l'on ne se formerait pas Tesprit. » D'ailleurs, Descartes ne nous avertit il pas de ne pas le croire lui-même, à moins d'y être forcés par l'évidence : « Car il ne ressemble pas à ces faux savants qui, usurpant une domination injuste sur les esprits, veulent qu'on les croie sur parole (1). »
Le P. André nous apprend aussi ce qui tout d'abord ne plut pas à Malebranche dans la philosophie de Descartes, et comment il voulut le corriger avec saint Augustin. Il ne pouvait, dit-il, goûter certains endroits de sa métaphysique, principalement sur l'essence des choses, sur la nature des idées, sur les vérités éternelles. C'est en ces divers points qu'il réforma Descaries avec saint Augustin. (( Il avait lu autrefois les ouvrages de saint Augustin où ces matières lui avaient paru mieux traitées et plus approfondies. Il les relut et, en effet, après une longue méditation, il trouva que le docteur de la grâce avait mieux connu l'esprit, et que Descartes, qu'on peut appeler le docteur de la nature, avait mieux connu le corps. Il crut donc que de l'un et de l'autre on pourrait faire quelque chose d'accompli (2). » Remarquons cependant que Malebranche attribuait aussi à Descartes d'avoir mieux distingué qu'on ne l'avait fait avant lui , y compris saint Augustin lui-même, l'esprit d'avec le corps, ce qui diminue l'exactitude de l'antithèse du P. André (3).
La recherche de la vérité ayant paru à Malebranche,
(1) Recherche y liv. VI, chap. iv.
(2) ln-12, Paris, Pralard.
(3) « On peut dire avec assurance qu'on n*a point assez clairement connu la différence de l'âme et du corps que depuis quelques années. » {Préf, de la Recherche.)
VIE DE MALliltRANCnE.
romme à saint Augustin, d'une obligation indispensable à l'homme, ce Fut d'abord la matière qu'il médita et dont il fit l'objet de son premier ouvrage, la Recherche de la vêrilc. 11 publia en 1674 te premier volume qui coutenaitlea trois premiers livres, sur les sens, l'imagination el l'esprit pur. Le second volume, avec les trois autres livres, sur les inclinations, les pasisions et la méthode, ne parut que l'année suivante, n Le premier volume avait fait dire au public que jamais homme n'avait si bien connu l'esprit humain que le P. Malebrancbe, et ce second faisait dire hautement que les replis dn cœur humain n'avaient jamais été si bien développés {I), »
M. Pirot, docteur en Sorhonne, chargé de l'examiner avait refusé de l'approuver, non qu'il y trouvftl, comme il le dit lui-même, quelque chose de contraire à la foi, mais à cause des opinions cartésiennes dont il était rempli. Heureusement l'abbé d'Aligre, qui tenait les sceaux à la place de son père le chancelier d'Aligre, en fut enchanté, et fit expédier à Malebranclie un privilège gratU (2), Quoique la Recherche de la vÉriiê soit, suivant nous, inférieure aux Méditations chrétiennes et aux Entretiens mélopfiysiques, c'est de tous les ouvrages de Malebranche, le plus lu encore aujourd'hui, et le plus universellement goûté, à cause des grâces piquantes, et du ton un peu cavalier du style, à cause surtout de cette analyse si fine et si délicate des causes de nos erreurs dont la vérilé sub'iisteîndépendamment de tous les systèmes 1 a Recherche de lavrtté, lorsqu'elle parut, fut admirée même ptr ceux qui allaient bientôt devenir les adiersaires les plus véhémenls de 1 auteur, tels qu'Arnauld, Bossuet et Fénelun soit qu ils n y
|I) Vie lie Malebraiidie. par le P. André, mamiBci il <lc Tn.jLS. (21 Il,id. A pai'iir du Trailé i/e la nature el dt la grdce, fn IfiPO, Malebranche ne piiE obtenir »utun pfiïilégn en France et fui obligé d'imprimer ions seti ouvrngegà l'élraugei'. En I£1N> seulement, par le crédit de son .Aacim élÈve, Carré, membre de l'Académie des Sciences, cetln inierdictisn fui levAK en Taveur des Entreliens lur la mnrt et de ta 2° édition des \ tSnlTetUni atii' la métapkyiiijae, en S vol. in-l!.
eussent pas vu d*abord ce qu'ils crurent y découvrir plus tard, soit que les doctrines sur la providence et sur la grâce, contre lesquelles ils devaient bientôt s'armer, n'y fussent encore qu'indiquées, et reléguées sur le second plan. Malebranche reçut même des félicitations publiques de rassemblée générale de son ordre présidée par le P. de Sainte-Marthe qui bientôt devait prendre parti contre lui , dans la querelle avec Amauld au sujet de la grâce ({).
A partir de ce premier ouvrage, Malebranche fit paraître une série d'écrits (â) qui ajoutèrent à sa réputation
'J) La Recherche de la vérité a ea six éditions da vifant de Taatear ; la dernière et la plus complète est celle de 17i2, 4 ▼cl. in- 12, Paris. Elle a été traduite en latin par Lenfant, ministre réfugié, prédicateur de la reine de Prusse, et membre de l'Académie de Berlin. De imquirenda vert" taicy libri sex^ GeneT», 1685, in-4. Malebranche loi écrifit une lettre de remerclments : « Je me trouve fort heureux, en ma qualité d'auteur, que TOUS ayez entrepris un dessein qui me fait honneur, et qui rendra immortel^ ce qui pouTait au plus durer un siècle, à cause de l'inconstance des langues TÎTantes. » Cette lettre est une des plus curieuses de la Correspondance inédite^ publiée par l'abbé Blampignon. Le même oaYrage a été traduit en anglais par le mathématicien Brook Taylor, secrétaire de la Société royale. LeTassor, qui, après avoir quitté TOratoire et embrassé le protestantisme, passa en Angleterre, en a donné aussi une traduction dans la même langue, précédée d'une Histoire abrégée de la polémique de Ma" lebranche et d^Atimuld,
(2) Conversations chrétiennes, dans lesquelles on justifie la vérité d^ la religion et de la morale de Jésus-Christ^ in-12, Paris, 1676. Elles eurent sept éditions, dont la meilleure est celle de 1702, in- 12, Paris, Ânnisson. Â la suite de cette édition, comme à la suite de celle de Cologne, 1693, et de celle de Rouen, 1695, on trouve les Méditations sur C humilité, la pénitence^ avec des considérations de piété pour tous les Jours de la semaine, qui parurent pour la première fois, en 1677,in-24, Paris. — Traité de la nature et de la grâce, en trois discours, in-12, Amst., 1680. A la seconde édition, Rotterdam, 1G94, Malebranche slIouXaV Éclaircissement sur les miracles de Vancienne loi, pour prouver qu'ils ne supposent pas en Dieu des volontés particulières. Ce Traité eut six éditions du vivant de l'auteor; la dernière édition est de 17i2, Rotterdam, Leers. Il fut censuré à Rome, eQ 1690, avec la plupart des écrits publiés par l'auteur pour sa défense. — Méditations chrétiennes et métaphysiques, in-12, Cologne, 1683. L'oQTnfe fut tiré à 4,000 exemplaires, et néanmoins bientôt il en fallut fiûre une nouvelle édition. Ces Méditations eurent quatre éditions ; la
VIE DE MALEBHANCHE.
comme philosophe et comme écrivain, mais qui Tengagè- ' rent dans de nombreuses querelles, malgré son amour du repos et son aversion de la polémique. Son génie, dit Fontenelle, était fort pacilique, tandis que celui de M. Arnauld était tout à fait guerrier. Malebranche avoue quelque part que l'amour du repos, ou plutôt la paresse, est pour lui la plus séduisante de toutes les passions ; néanmoins il fut contraint de passer, pour ainsi dire, toute sa vie les armes à la main, toujours eu guerre, tantôt contre Régis, tantôt contre François Lamy, tantôt contre le P. Valois, tantôt contre le P. Tournemine et les journalistes de Trévoux, tantôt contre Arnauld et le P. Boursier, c'est-à-dire contre les jésuites et contre les jansénistes. Mais une fois engagé dans la dispute, Malehranohe
dernière est de 1 707, Plaignard, Lyon, et Pnrîs, Darid. — Trnité lie moni/«,in-n. Cologac, 168:), Efmand. Il eut aussi ijnitre âdltion». L'édition delOB7,! vol. in- 12, Lyon, Plaignard, eslsuiiisdu Traité de l'amour de Dieu, — Entretiens sur la métnipkysiquc et sur la religion, 2 vol, in-lï, Rotterdam, lOBR. A 1» troisième âdilion. Paria, ItoDland.IGGS.MsInbranche s «joaté Iroia Enlredens sur la mort. Cet ouvrage contient toute In doetTini> de Malebrnnche dans son plua liaul et son dernier développement L'ouvrage eut cinq éditions, la dernifere, da 1732, Michel Dnvid, Paria. — Traité de l'amour de Oi>u, Lyon, I69T, \a-n. — Riflexiom sur la prémotion physique, contre le P. Boursier, 1715, Paria, in-Il. — Entretiens d'un philosophe chrétien avec un philosophe chinois lur l'existence tt la nature de Ditu, petit in'lî, Paris, David, 170S. Il faut ajouter i cette liste, dea traita et des uiémoirea aeientittques, tels que le Traité dei lois de la communication du tTiuuueinen/, in- 12, Paria, 1692, publié de nouveau et fort reiDucbâ ea 1699. — Hé/lexions sur la lumière, les rxuleurt et la génération d'i feu [Mim. de l'A':adémie de» Scieneer, 1699). Il Rtnl njouler encore un grand nombre d'ouvragea de potéinît|ue, de Répontei, de Défenses, lelleaque : Défense de fauteur de /o Eeclierche contre l'acctuation deloaii delà Ville, in-lï. Parla, 16791 Réponse à M. Régis, ia-M, Paris, 169'! \ et Réponse à l'avis de M. Régis, 16S4. Quant aux nombreui dcrilB relatifs à In contealalion avec Arnauld, noua en donnerons la liste quand noua cipoaerons cette polémique. Noua dirona seulement ii^i que 'MalebraucliB lea a loua réunis en 4 vol. in-U. (Recueil de toutos les Hé pontes du P. Malebranche à M. AmaiiJd, Paris, UOfl.) — Lsi Nouvelles l>luBieurs aniclea de l'oraoncemant la
'a Ré/m'.lique des lettre \ 'torien. Voir encore le Recueil de quelques piH»s ci
L phitosopliie de il. Descartts (I
), Autslerdam, I68i.
%J^ PUILOSOPHIE CARTÉSIENNE.
^'y montre, à ce qu'il semble, d'autant plus aigre et plus opiniâtre, qu'il a été plus contrarié dans son amour naturel de la paix. Il est impatient de la contradiction, il abonde en son sens, et il répète sous des formes diverses, avec une inépuisable abondance, ses propres arguments, plutôt qu'il ne discute ceux de son adversaire. Admirable dans l'analyse de ses propres pensées, dans la méditation, dans les élévations au Verbe ou à la sagesse étemelle, il n'excelle pas au môme degré dans la polémique et l'art de la dialectique. A tort ou à raison, sans cesse il se plaint qu'aucun de ses adversaires, ni Bossuet, ni Amauld, ne le comprend, ce qui fit dire à Boileau : « £h I mon Père, qui donc voulez-vous qui vous comprenne ? » Aussi ses ouvrages de pure polémique, malgré des traits heureux et un assez vif assaisonnement de verve ironique, sont-ils en général inférieurs à ceux de pure spéculation.
Il fit preuve de beaucoup de fermeté dans sa lutte contre Arnauld, et surtout dans sa résistance à Bossuet (1). Attaqué non pas seulement an point de vue philosophique, mais au point de vue théologique, accusé de ruiner le surnaturel et les fondements mêmes de la foi, par son Traité de la nature et de la grâce^ mis à l'index par la cour de Rome, Malebranche n'a jamais rien rétracté. On trouve dans l'histoire du P. André des détails, qui ne sont pas à l'honneur d'Arnauld, sur la condamnation du Traité de la nature et de la grâce par la congrégation de V Index. C'est en effet par les intrigues d'Arnauld et de ses amis que l'infortuné Traité^ comme dit Malebranche, fut mis à l'index, m<^me sans l'adoucissement du donec corrigatw\ le 29 mai 1690. Ainsi ce tribunal dont Arnauld méconnaissait Taulorité contre lui même, il l'invoquait contre son adversaire, ce qui fait dire au P. André : « On sait assez que c'était sa coutume de faire valoir les censures de Rome qui lui
(1) Nous renvoyons aux chapitres snr Arnauld et sur.Bossuet, les détails fiur leurs relations et leurs controverses a?ec Malebranche.
. ami
VIE DE MALEBRAfiCHE.
étaient favorables, autant que ses amis méprisaient celles 4jui lui étaient conLraires (I). »
Malubranche'n'accueil M l pas avec beaucoup de respect et de déférence la. décision du saint Office, si du moins nous en jugeons par la lettre qu'il écrivit à un de ses plus intimes amis, i'abbé Barrand : a Je vous assure. Monsieur, que la leule peine que j'ai de celte nouvelle, c'est qu'il y aura leul-Ctre quelques personnes, à qui mes livres pourraient ' 'e utiles, qui ne les liront pas, quoique la défense qu'on a faite à Home soit une raison pour bien des gens, même en Italie, de les rechercher. Ce n'est pas au reste que j'approuve cette conduite. Si j'étais en Italie où ces sortes de condamnations ont lieu, je ne voudrais pas lire un livre condamné par l'inquisilion, car il faut obéir & une autorité reçue. Mais ce tribunal n'en ayant point en France, on y lira le Traité. Cela même sera la cause qu'on l'examinera avec plus de soin ; et si j'ai raison comme je le crois, la vérité s'établira de plus en plus. Aimons toujours. Monsieur, celte vérité et tâchons de la faire connaître per mfamiam et bonam fumam (2). »
Peu de temps après son entrée à l'Oratoire, en 1661 et 166J, Malebranche avait signé, avec toute la maison de 'iaint-Honoré, le formulaire de l'assemblée du clergé de France et celui d'Alexandre VII. Mais plus tard, à l'époque le la publication de la Recherche de la vérité, et lorsqu'il itaitencorc lié avec Arnauld, il se lit scrupule d'avoiralLesté, être assuré par lui-même, que les fameuses pro-
) Élude sur Ualehranclie, par l'o n nifmo lemps qua le Traité, furent mU t l'indet l«s divers écrks publiés r Malpbriintho pour le dëfendra eontrp ses adversaires. Un auipo déret du mÈiDB tribunal, en 1708. oondamna lo T'-ailë de morale, las Enr lu mélap/iytiqiie et I& TraducLion latine da la Heciienht, pnr Bnbiit. Matebranclie, quoique condamné de Bon vivant, n'eut pas même . du domt eorriganttir qu'avait en Deseartps mort. P. Ai^dré avait entre I» mains la Rapport, anjoard'lmi perdu, du 4r chargé de l'afTaire d.ins le sein de la congrégaiioii. Ce Boni, » broulllcrîes porpélnelli'f, de fausses impuiatioiiB, des mi^priae-' iKliirei, dus calomnies.
positions étaient clans le livre de Jansénius, et il rétracta sa signature, eo 1(»73, par un acte qui fut déposé dans les archives de Port-Royal, et qui ne fut publiï que longtemps après sa mort. Suivant la remarque du P. Cloyseault, dans sa Vie du P. Malebranche, cette rétractation fait honneur à sa droiture età ladélicatesse de son amour pour la vérité{l). Malebranche a dignement continué cette alliance entre
n telle que nous la ssilt, l'aulBur déjA àlè de Vies de queli/ues pères impériales, cartons !S0. 2Î1.)
Il Après avoir reconnu devant Dieu la Tuutn que j'ai Tuile en Bigaant deux ou (rois fois, en ditTârenta temps, le Formulaire ci éveqne d'Yprra, contre r croyance contraire k l'acti demiËre signature, atsez ai cette aclioa, quoique J'aie i «onnes auxquelles je me st été rendue à l'Eglise, ils ( publiquement. Cepetidant, j'a chant psB
ejel
semble, avec une après avoir été, depuis ma de tt dans l'inquiétude par délivi'é en partiedo mes peines par les perwveM là-dBBSiia, k cause que la pain ayant cm que je n'étais pas oblîgi! de me dédire I crn que je devais faire ce désaveu, ne saie changeront point de race, en souhaitant de tout le point coiitribner à la condamnation de M. Janténiua. Je rétracte de pur cet écrit le témoignage que j'ai rendu par mes signatures • contre oe prélat en le conl^aaant auteur des cinq propositions, défenseur des faéréaies qu'elles reufiTment et comiplenr de la doctrine de Sdint Augustin, et je confesse aujourd'hui que j'ai signé contre lui des faits dont Je ne suis point persuadé, et rjui me paraissent au moins fort douieni et fort incertains. Je proiesie donc que je n'ai sauscrii aux fomiiilaires simplemenl et sans restriction, principalement la dernière fois, qu'avec une ettrBme répognance, par une obéissance aveugle i mes supérieurs, par imitation, et par d'autres considérations humaines qui ont vaincu mes répugnances ; qu'ainsi j'ai signé par faiblesse la nouvelle formule, comme on a voulu, sans encepier les faits qu'elle atteste contre cet auteur, bien que Je ne fusse pas persuadé qu'ils fussent vrais. Si je ne puis faire passer cet acte par devaut notaire, à cause des déclarations du roi, j'entends qu'il soit considéra comme la principale et la plus Importante partie de ma dernière volonté ; et, pour cet effet, je l'écris et je le signe de ma main propre, afln que ceox qui le verront ne puissent prendre mes aonscriptions qui sont au bas des formulaires comme un témoignage contre H. Jansénius, mais qu'ils regardent cet écrit comme nne réparation de l'Injure que j'ai faite k la mémoire d'un grand évéqae, en lui attribuant des erreurs en la foi. lesquelles je ue pense pas qu'il oit onaeignées, qnoiqoe alors je n'eusse rien va de son livre intitulé, Auganlinu^. Je pria oeui entre les mains de qui cet écrit tombera, par ce qu'il 7 a de plu*