CHAPITRE XIV
Gealincx. -— 8i tie. — Obligé de quitter l'université catbolique de Lou- Tain pour se réfugier à l'université protestante de Leyde. — Gaïues de sa disgrâce. — Genlincx précurseur de Malebrancbe* — Dîeu seul véritable cause. — Négation de toute action iéciproque entre r&me et le corps* — Le corps et l'àme, instruments que Dieu met en barmonie Tun avec l'autre. — Doctrine des causes occasionnelles. — L'bomme, spectateur impuissant de tout ce qui se passe dans le monde, et dans son corps. — Éternité et immutabilité des vérités naturelles. — Les corps particuliers modes du corps en soi. — Les esprits particuliers simples modes de l'esprit univenel. — Morale.de Geulincx.- r— L'amour de la raison, principe de toutes les vertus. — Pieux et bayiid'nitionalisme. — Rapports de sa morale avec sa métaphysique. — Cartésiens préenrteora da Tractaius iheologko^poliiieus, — Hardiesses rationalistes. •
— Meyer. — La phfkMophie posée comme règle de l'interprétation des BotHurea. — Baltbasar Bekker. — Guerre aux superstitions.
— Le principe cartésien, que Dieu seul est cause efficiente, opposé au £b. dogme de lu puissance des anges et des démons. — Préparation et en* fantemenidé'Spinoza par le cartésianisme bollandafs.
Geulincx (i), suivant la même voie, va au delà de Glauberg, comme Glauberg lui-même est allé au delà de Descartes. Par la nature pieuse et presque mystique de son esprit, comme par les tendances de sa métaphysique, il a été le Malebranche de la Hollatide. Nous n'avons que peu de détails sur sa vie. Né à Anvers en 1625, il étudia la philosophie et la médecine, et prit le grade de docteur à Louvain. Bientôt il fut maître, dans cette même université, où il avait été élève, et pendant douze ans, il fit des cours avec un
(1) Dans les titres mômes de ses ouvrages, son nom est écrit de différentes manières, Geulincs, Geulinck, Geulinxs, Geulinx et Geulincx. Nous adoptons cette dernière orthographe qui est celle de la ^^ édition des SatumaHa de 1669, publiée par lui, l'année m^me de sa mort.
grand succès . Tout à coup nous le voyons obligé de fuir Lpuvain, et nous le retrouvons à Leyde, exilé, sans ressources, exposé môme à périr de faim ou à mendier, comme le raconte réditeur de son Ethique^ sans la généreuse assistance d'Heidanus (i). Geulincx, dans la préface de sa Logique, fait allusion à cette catastrophe, mais sans en dire la cause, et sans entrer dans aucun détail (2). En changeant de pays et d'université, il dut changer de religion, et de catholique il se fit protestant. Faut-il ajouter foi au témoignage, un peu suspect, de Tabbé Paquot qui l'accuse d'avoir été obligé de quitter Louvain pour cause de dettes et de brouillcries avec ses collègues (3)? N'est-il pas plus vraisemblable que son attachement à la philosophie de Descartes, qui pendant quelque temps fut proscrite de runivcrsilé de Louvain, que les thèses où il tournait en ridicule l'ancienne philosophie, les moines, les méthodes et les usages de l'université, ont été la principale cause de sa disgrâce ? Ayant été autorisé en 1663, par la protection d'Heidanus, à donner des leçons particulières dans l'université de Leyde, il lit preuve du même zèle, et il eut le même succès qu'à Louvain. Absorbé tout entier par l'enseignement de la jeunesse, il ne put achever, ou du
(1) Rem cum paupertate habuit, comque ea diu lactatus est ; eo usque ut tandem famé pereundum, aut honesto viro mcndicandum faisset, nisi sua liberalitate et munificentia eum sustentasset Heidanus (Prœf.).
(2) « Adolescens philosophiam Lovaoii duodecim annos palam et sez postremls annis in prima cathedra cum frequentissimo discipulorum afâuxu professus. Nuper autem ad virilem œtatem et simul etiam ad academiam vestram (Lugdunum-Batavorum) e naufragio reram mearum appuisus, nihil remisi de antiquo. eamdem operam etsi privatam et minus qnsestuosam navo juventuti vestrae collegia mea frequentantL » Brucker a eu le tort de prendre à la lettre cette expression de naufra* giumy et de dire dans sa biographie de Geulincx : « Postea naufragiam passus cum Lugdunum-Batavorum devenisset. » On voit aussi par ce passage qu'il n'était pas professeur en titre à l'université de Leyde, mais qu'il avait seulement obtenu d'y donner des leçons particulières.
(3) Mémoires pour servir à r histoire littéraire des 17 provinces des Pays-Bas, 18 vol. in-8. Louvain, 1768, par l'abbé Paquot, licencié théologie de Louvain (Voir le 13^ vol., art. Geulincx).
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moins il ne put publier lui-même la plupart de seç ouvrages, Çjoi ne parurent qu'après sa mort. Les deux principaux sont sa Métaphysique et son Éthique^ auxquels il faut ajouter une Logique, une Physique et des notes ou commentaires sur les Principes de Descartes. Il mourut, comme ÇSauberg, jeune encore, en 1669, à l'âge de quarante-quatre ans (1). ^
Disciple ^élé de Descartes, Geulincx aspire à compléter et à développer sa philosophie. Jamais encore aucun cartéq^, pas même Glauberg, n'avait fait à Thomme et à la ï création une application plus rigoureuse du grand principe, que Dieu seul est causeefficiente. L'âme ayant pour essence* la pensée, il en tire cette conséquence, que rien ne lui appartient si elle n'en a conscience , et que les seuls effets dont elle soit cause sont ceux dont elle connaît, non seulement l'existence, mais le mode même de production. fmpossibile est ut ù faciat qui nescit quomodo fiât (2), Tel est Uaxiome sur léqôel se fonde Geulincx pour nier toute actîifijn réciproque de l'âme sur le corps, pour les dépouiller Tune et l'autre de toute causalité, et n'en faire que de simples instruments aux mains de Diea^
Comment supposer que le corps puisse agir sur l'âme ? Si, parmi la foule de nos pensées , il en est qui ne
(1) Voici la liste de ses ouvrages : Metaphysica vera et ad mentem peripateticam^ juxta manuscriptum jam editum, Amst., 1691, in-16. Il nous a été impossible de nous procurer la Metaphysica vera que nous ne connaissons que par des extraits de Ruardus Andala qui en a fait la cri* tique. — rvw6t aeauTov sive EthicCy post tristia auctoris fata, Amst., 1696. — Physica vera. — Logica fundamentis suis a quitus hact&fius collapsa fueraty restituta, Amst., 1G98, in-12. — Annotata majora in Principia philosophiœ Renati Cartesii. Dordraci, 1691, in-4o. — Saturnalia seu guœstiones quodlibeticœ in utramque partent disputatœ, 2® édit. Leyde, 1665. Ce dernier ouvrage est on recueil assez insignifiant des thèses qu'il fit soutenir à Louvain.
(2) hietaph, vera^ p. 26. — Il dit ailleurs, dans le même ouvrage : Si nescis quomodo fiât, id non facis ; et dans V Éthique (tractatus 1, sect. 2} : « Qua fronte dicam id me facere, quod, quomodo fiât, nescio ? » et, dans la Physique, p. 120, « si moveremus, sciremus utique quo modo moveremus, et hoc profundissime nescimus. »
dépendit pas de nous, et qui semblent venir du dehors, il ne faut pas croire néanmoins que réellement elles dépendent de Taction du corps et des sens. Y a-t-il, en effet, un rapport quelconque entre le corps et le moi, entre le mouvement et la pensée? Qu'y a-t-il dans le corps, sinpp la masse et l'étendue? Qu'y a-t-il dans le mouvem^^ sinon le rapprochement et l'éloignement des parties ? Donc nul rapport possible avec le moi simple, indivisible, immatériel. D'ailleurs le feu, auquel on attribue la sensation de la chaleur, sait-il qu'il nous chauffe, l'œil sait-il qu'il voitî Ce ne sont donc pas les causes de la chaleur et de la vî-"S «ion, mais des instruments, dont se sert un être, qui connaît et qui veut, pour agir sur nous.
Mais si le corps est impuissant à produire des changements dans l'âme, l'âme sera-t-elle impuissante à agir sur le corps? Geûlincx, à la différence de Glauberg, ôte l'action à l'âme comme au corps. Ce n'est pas nous, en réalité, qui agissons sur le corps et le mettons en mouvement, puisque nous ne savons pas comment nous prodoiàons le mouvement, ni comment le mouvement part du cerveau, pour aller aux nçrfs et aux muscles. Si nous n'agissons pas sur notre propre corps, à plus forte raison n'agissons-nous pas sur les autres corps. Il faut donc que notre âme ne soit à l'égard du corps qu'un instrument dont se sert, pour le mouvoir, celui qui sait comment le mouvement se produit.
Dieu qui manie ces deux instruments, les met en harmonie l'un avec l'autre, en quoi, selon Geûlincx, il se montre A^raiment admirable. Il me fait penser et sentir ; or précisément à ce moment môme, il produit un mouvement dans les organes, pour que je pense et que je sente, non par ce mouvement, mais à son occasion, non par sa vertu propre, mais par la vertu de Dieu, qui unit entre elles ces deux choses, qui meut mon âme tout autant de fois qu'il meut mes organes, afin que mes sensations soient le signe des mouvements et des actions de mon corps. Nous voulons ces mouvements, voilà tout notre rôle, mais c'est par
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Dieu seul qu'ils se produisent à la suite de notre volonté (i). L'éditeur àéV Éthique de Geulincx, le pseudonyme Philarète, explique d'ailleurs, dans une note, le sentiment de Geulincx avec une précision qui ne laisse rien à désirer : Deus has res diversissimas {motum mater iœ et arbitrium vo- Itmtatis meœ), inter se devinxit, ut cum voluntas vellet, motus talis adesset qualem vellet et contra, cum motus adesset, voluntas vellet sine ulla alterius in alterum causalitate vel influœu. Pour faire comprendre cette correspondance, il se sert de la comparaison de deux horloges qui s'accordent, quoique indépendantes, parce qu'elles sont également réglées sur le cours du soleil, comparaison que reprendra Leibniz en faveur de son harmonie préétablie (2). Ainsi, en étendant aux rapports de l'âme avec le corps ce que Clauberg n'avait appliqué qu'aux rapports du corps avec l'âme, Gieulincx fait un pas de plus dans l'occasionnalisme (3),
Toutefois il ne refuse pas, d'une manière absolue, comme le fera Malebranche, toute action à l'âme humaine. S'il lui refuse tout pouvoir d'agir au dehors, il lui accorde le pouvoir d'agir sur elle-même. Il faut reconnaître, dit-il, que je ne puis faire rien hors de moi : Nihil me extra m£ facere, quidquid facio in me hœrere, nihil horum quœ ago, ad meum aliudve corpus aut alio quoquam manare. De tout ce qui se passe hors de nous, et môme dans notre propre corps, nous ne sommes que simples et impuissants
'X(l) Deus hic mirabilem se ostendit. lUe me cogitare et sentire facit, et quidem eo momento quo idem ille motum quemdam in orgaDÎs efficit, ut ego cogitem et sentiam ad motum organorum, non ex motu, non yi ejus, sed virtute Del qui duo ista conjungit, quique toties moyet organa, toties me cogitando commovet, ut sensus isti mihi signa sint aliquid in corpore
meo moveri et peragi Ego fieri ista percipio et hoc nnum valeo ut
velim ssepe motus illos et dum volo etiam succédant {Metaph, vera, p. 22).
(2) Sicut duobus horologiis rite inter se efr ad solis cursum quadratis propter meram dependentiam qua utrumque ab eadem arte et simili indnstria constitutum est. (^Mi'c, p. 124, note.)
(3) Voir la thèse de Ruardus Andala intitulée : Disputatio de unione mentis y où est combattue la métaphysique de Geulincx.
spectateurs, nudm et inermis spectator. Sur cette machine du monde et du corps faire ou refaire, construire ou détruire quoi que ce soit n'est pas en notre pouvoir. Tout cela est l'ouvrage d'un autre (1).
Cette simple vision que nous avons du monde n'a lien elle-même, d'après Geulincx, que d'une manière miraculeuse. Si nous voyons le monde, ce n'est ni par notre propre action, ni par l'action du monde, mais par l'action seule de Dieu. Ce n'est pas le monde qui se présente à nous, mais Dieu lui-même qui, d'une manière ineffable, incompréhensible, le présente à notre esprit (2). Gomme rien de fini ne peut être conçu sans l'infini, notre raison limitée ne se sépare pas de la raison infinie, et nous ne pouvons rien connaître qu'en Dieu. Ainsi, de même qu'on trouve les causes occasionnelles dans Geulinc|i. de même on y trouve le germe de la vision en Dieu. iÊ&ii à la différence de Malebranche, il n'entreprenij. pas d'expliquer comment Dieu lui-même présente le monde à notre esprit.
D'ailleurs, comme Wittichius, et comme Malebranche, Geulincx admet des vérités naturelles, éternelles et immuables, en blâmant Descartes et les cartésiens qui les faisaient dépendre d'un décret arbitraire de Dieu. Ceuxlà, dit-il, se trompent qui attribuent à Dieu le pouvoir de faire que deux et trois n'égalent pas cinq, et de nous faire voir les choses au rebours, s'il lui plaisait de retourner notre intelligence. Veut-^n donner à Dieu ce pouvoir, il faudra dire aussi qu'il a pu faire qu'il n'existe pas, l'impossibilité, dans le second cas, n'étant pas plus grande que dans le premier (3).
(1) Sum igitur speculator hujus machiose. la ea nihîl ego fingo, vel refingo, nec strao quidquam hic, nec destruo. Totum id alterius cojusdam est opus {Eihic.^ 1 tract., 2 sect.).
(2) Ipsum tamen mundum non posâe se mihi spectandam exhîbere ; solam Deum mihi exhibere illud spectaculum, idqne modo ineffabili incomprehensibili. (Ibid.)
(3) Errant ilii qui veritates omnes creatas esse volunt, quiqtie Dec attribuant eam potestatem, ut si modo alium nobis intellectum dedisset, po-
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Mais si Geulincx sa.rapproche de Malebranche, il ne se rapproché pas moins dé Spupfcpza . En e£Fet tous les corps particuliers ne sont pour lui qbé des modes du corps en soi, et tous les esprits particuliers des modes de l'esprit universel. Si' nous étions, dit-il, des esprits^ et non pas seulement .:-'4^ modes de Tesprit, nous serions Dieu. Otez ces modes, que reste-t-il? Dieu (1). Aussi Geulincx, peu de temps après sa mort, fiit-il attaqué par Charles Tuyman, ministre de Middelbourg, comme un fauteur de Spinoza.
Afin de cflombler une lacune de la philosophie de Des- ^cartes, Geulincx a fait un traité de morale qu'il a intitulé l'Éthique. Il estime, non sans raison, qu'on ne peut considérer comme une vraie morale les trois règles provisoires de conduite, que donne Descartes, au commencement du Discours sur la Méthode, Dans la préface, il attaque d'abord ces faur cartésiens qui, pour avoir négligé rétude de la morale, nient l'existence d'une loi mècale, enseignent que. tentes choses, que nos actions elles-mêmes sont nécdssàires, et tombent dans l'athéisme. Qui sont ces faux cartésiens dont parle ici Geulincx ? Sans doute quelques professeurs de physique ou de médecine qui transportaient dans l'ordre moral le grand principe, que tout se fait mécaniquement dans la nature. Rappelons Régius, et aussi Welthuysen, qui a réfuté Hobbes, mais de telle façon qu'on a pu le prendre pour un de ses disciples. Oiiiilincx se propose de montrer comment nous devons a^r d'après la vraie philosophie de Descartes unie à la sagesse chrétienne.
La première partie seule de son Éthique a paru pendant sa vie, la seconde n'a été publiée qu'après sa mort. La mo-
tuisset efâcere ut 2 et 3 non essent 5. Sed si hoc Deum posse dicant, necessum qnoque est ut dicant, Deam posse effloere ut ipse non sit, quia eamdem impossibiiitatem concipio in eo, atque in cœteris veritatibus. {Metaphysica vera,)
(1) Sumusigiturmodi mentis; siauferas moduni,remanetDeus. if^/apA. vera^ part. 2. — Ruardus Andala critique vivement ce passage, Dissertationum philosophicarum pentas, frSkïïék.^m-A^, 1712. Dissertât, quar ta.
raie de Geulincx est empreinte d'un esprit de piété, d'humilité et de résignation, conforme à ses principes métaphysiques sur la dépendance des créatures à l'égard du Créateur, et inspiré peut-être aussi par les malheurs de sa vie. Il traite de Tesscncc de la vertu, de ses propriétés* premières, de ses diverses applications, de sa fin et de sa récompense. L'amour de la droite raison, identique avec l'amour de l'ordre, d'où Malebranche, dans son Traité de Morale, fait dériver toutes les vertus particulières, voilà le grand principe de la morale de Geulincx : Virtus est rectœ ratiords amor unicus. De même aussi que Malebranche, on le voit allier à une vive piété un hardi rationalisme. La raison, selon Geulincx, est la loi et l'image de Dieu dans nos esprits ; il n'y a rien de si grand et de si saint qui ne lui soit soumis en quelque façoii : nihil est tant magnum, sublime, sanctum, quod non aliqua ratione rationis examinr subjiciatur ' {Tract, ^cap. 2). Les vertus cardinales, ou les propriétés essentielles de la vertu, sont la diligence, l'obéissance, la justice et l'humilité. La diligence est le zèle ou l'attention à écouter la voix de la raison. Si la diligence nous rend les auditeurs attentifs de la raison, l'obéissance nous en fait les serviteurs dociles. Cette obéissance à cela seul qui est raisonnable, a pour prix la vraie liberté : Nemini servit qui ratùmi sermt, La justice est l'exacte convenance, l'équation de toutes nos actions avec la raison, elle donne le contentement intérieur qui est le fruit du devoir fidèlement accompli. Elnfin l'humilité, sur laquelle Geulincx insiste le plus, est comme le couronnement de toutes les autres vertus. L'abandon et le mépris de soi-même en vue de la raison, voilà en quoi consiste l'humilité. Elle nous détache de notre propre personne pour nous élever à Dieu, elle donne la vraie grandeur, d'après cette parole, que celui qui s'abaisse sera élevé. Comment ne serions-nous pas humbles, puisque nous ne pouvons rien? Nous ne pouvons agir si Dieu n^agit en nous, nous ne pouvons mouvoir notre corps si Dieu ne le meut, ni connaître le monde si Dieu ne nous le fait connaître. Puisque nous ne pouvons rien, qu'avons-