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ion spécieuse de Fénelon, il resterait à montrer que imisme bien entendu, affranchi de toute limite dans ips et dans Tcspace, ne compromet nullement la uissance de Dieu, en même temps qu'il sauve sa sa sagesse. Mais nous renvoyons cette discussion licée de Leibniz où elle trouvera mieux sa place. . Malebranche, c'est l'union nécessaire d'une periC divine avec le monde, qui seule lui donne un prix iitini, et ne limite pas la toute-puissance de Dieu, alors même que Dieu ne peut plus y ajouter un seul degré de perfection. Mais cette invention théologique ne trouve pas plus grâce devant Fénelon que devant Arnauld. Comme , Arnauld, il oppose l'autorité de l'Écriture et des plus illustres théologiens, dont aucun ne s'est jamais avisé de dire que le monde eût été indigne de Dieu si Jésus-Christ n'y avait été compris. C'est faire le péché nécessaire à l'essence divine qui est l'ordre, puisque ni l'ordre n'aurait pu être sans l'incarnation, ni l'incarnation sans la chute. N 'est-ce pas encore confondre le Verbe divin avec l'ouvrage de Dieu, en le faisant essentiellement inséparable du monde, et attribuer au monde, en vertu de cette union nécessaire, une perfection infinie que rien, môme le péché, ne pourra plus diminuer ?
Dans Fénelon nous retrouvons aussi la plupart des arguments d'Arnauld contre la providence générale. Il accuse Malebranche de renverser les prières et les actions de grâces de l'Église et les principes de la piété chrétienne. Les volontés particulières, par lesquelles Dieu accommode à nos besoins les causes générales, voilà la providence que les hommes adorent et qu'enseigne la religion. C'est donc la ruiner que de la faire générale. Les volontés générales, au lieu de se proportionner aux besoins personnels, les sacrifient à l'uniformité générale de l'univers. A ceux qui souffrent, elles ôtent toute consolation, elles font un Dieu tout aussi insensible à nos maux qu'au changement des saisons. Un tel système est en contradiction avec toute l'Écriture. Il est vrai que Malebranche ne voit
monte aussi haut qa'il Toadra dans Téchelle ascendante de ces degrés, le monde n'en sera tonjoars pas moins infiniment au-dessous de lui ; qu'il descende au contraire aussi bas qu'il lui plaira, le monde, par rapport à lai, sera toujours aussi bon, étant infiniment au-dessus du néant. La parfaite liberté de Dieu ne peut subsister que dans cette supériorité infinie qui lui rend tous les possibles indifférents (1).
Fénelon ira-t-il donc jusqu'à la liberté d'indifférence? £cartera-t-il des conseils divins toute considération d'ordre et de sagesse, sous prétexte de l'affranchir de la fatalité ? Évidemment il hésite à sacrifier entièrement la sagesse de Dieu à l'idée fausse qu'il s'est faite de sa liberté, et il cherche à tenir un milieu impossible entre la liberté d'indifférence et la liberté assujettie à l'ordre. En effet, il ajoute : « Il est pourtant vrai que, dans ce choix pleinement libre où Dieu n'a d'autre raison de se déterminer que son bon plaisir, sa parfaite sagesse ne l'abandonne jamais. Pour être souverainement indépendant de tous les objets finis entre eux, il n'en est pas moins sage, il voit cette inégalité de tous les objets entre eux, il voit leur égalité par rapport à sa perfection infinie, il voit les rapports que chacun d'eux peut avoir à sa gloire, et toutes les raisons de le produire (2). »
N'est-ce pas, par une voie détournée, revenir à Malebranche ? Si les objets ont les uns par rapport aux autres une inégalité dont Dieu, dans sa sagesse, doit tenir compte, n'avons -nous pas retrouvé ce meilleur, dont Fénelon niait l'existence, et suivant lequel Dieu devra se déterminer, parce qu'en même temps que souverainement libre il est souverainement sage ? Pour achever derépondreà Tob-
0) Il développe anssi ce même argument dans les Lettres sur la métaphysique et la religion. (Lettre 4 sur l'idée de rinfiui et la liberté de Dieu de créer ou ne créer pas.) Bossuet soutient la môme doctrine dans ' Traité du libre arbitre^ et le P. Boursier dans YÂctioîi de Dieu sur lesC' . . tares.
(2) liéfuiotion, cliap. viii.
jection spécieuse de Fénelon, il resterait à montrer que l'optimisme bien entendu, affranchi de toute limite dans le temps et dans l'espace, ne compromet nullement la toute-puissance de Dieu, en même temps qu'il sauve sa bonté et sa sagesse. Mais nous renvoyoQs cette discussion à la théodicée de Leibniz où elle trouvera mieux sa place.
Selon Malebranche, c'est l'union nécessaire d'une personne divine avec le monde, qui seule lui donne un prix infini, et ne limite pas la toute-puissance de Dieu, alors même que Dieu ne peut plus y ajouter un seul degré de perfection. Mais cette invention théologique ne trouve pas plus grâce devant Fénelon que devant Arnauld. Comme Arnauld, il oppose l'autorité de l'Écriture et des plus illustres théologiens, dont aucun ne s'est jamais avisé de dire que le monde eût été indigne de Dieu si Jésus-Christ n'y avait été compris. C'est faire le péché nécessaire à l'essence divine qui est l'ordre, puisque ni l'ordre n'aurait pu être sans l'incarnation, ni l'incarnation sans la chute. N'est-ce pas encore confondre le Verbe divin avec l'ouvrage de Dieu, en le faisant essentiellement inséparable du monde, et attribuer au monde, en vertu de cette union nécessaire, une perfection infinie que rien, même le péché, ne pourra plus diminuer ?
Dans Fénelon nous retrouvons aussi la plupart des arguments d'Arnauld contre la providence générale. Il accuse Malebranche de renverser les prières et les actions de grâces de l'Église et les principes de la piété chrétienne. Les volontés particulières, par lesquelles Dieu accommode à nos besoins les causes générales, voilà la providence que les hommes adorent et qu'enseigne la religion. C'est donc la ruiner que de la faire générale. Les volontés générales, au lieu de se proportionner aux besoins personnels, les sacrifient à l'uniformité générale de l'univers. A ceux qui souffrent, elles ôtent toute consolation, elles font un Dieu tout aussi insensible à nos maux qu'au changement des saisons. Un tel système est en contradiction avec toute l'Écriture. Il est vrai que Malebranche ne voit
272 PHILOSOPHIE CARTESIENiNE.
que des tropologîes dans les passages qui lui sont contraires. Mais Fénelon, comme Arnauld, s'alarme des dangers d'un pareil système d'interprétation . Chacun, au gré de sa philosophie, ne verra dans TÉcriture que ce qu'il voudra, et par là on met l'Écriture dans la dépendance de la philosophie, a S'il dit que toute expression de l'Écriture qui ne convient pas à la philosophie doit passer pour tropologique, voilà l'autorité de la lettre des Écritures ahattue. Il n'y a plus entre lui et les sociniens qu'une question de philosophie dans laquelle il aura un mauvais succès; car c'est à lui à leur montrer que la raison universelle, quand on l'interroge, enseigne la trinité et l'incarnation, ou, du moins, que ces mystères n'ont rien qui ne s'accommode clairement avec la raison et avec la philosophie (1). »
Quant aux causes occasionnelles, Fénelon déclare ne pas vouloir entrer dans la dispute d'Arnauld pour savoir si les créatures peuvent être de vraies causes ou seulement des causes occasionnelles. Mais on voit par le Traité de Vexistence de Dieu^ qu'il est en faveur des causes occasionnelles, et qu'il n'est pas moins attentif que Malebranche luimôme à dépouiller les créatures de toute activité. « L'être qui est dépendant dans le fond de son être ne peut être que dépendant dans toutes ses opérations. L'accessoire suit le principal. L'auteur du fond de l'être l'est donc aussi de toutes les modifications ou manières d*être des créatures.» Il rapporte à Dieu, comme cause immédiate, môme les modifications de la volonté. « Cette modification la plus excellente de toutes sera-t-elle la seule que Dieu ne fera point dans son ouvrage et que l'ouvrage se donnera luimême avec indépendance ? Qui le peut penser (2) ? m Mais si Fénelon est d'accord avec Malebranche pour ne considérer les créatures que comme causes occasionnelles, il blâme l'usage qu'il en fait par rapport à Dieu, et les consé*
(1) Réfutation, chap. xix.
(v) Traité de l'existence de Dieu, l'« partie, art. C5.
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quences qu'il en lire en faveur des volontés générales, • dans Tordre de la nature et dans celui de la grâce. En prouvant que les créatures sont des causes occasionnelles, non-seulement Malebranche , selon Fénelon , n'a rien prouvé en faveur de son système, mais il a établi un principe dont les conséquences se tournent contre lui.
Serait-il vrai, ce qui est scandaleux et insoutenable, que les anges sont causes occasionnelles de tous les miracles de TAncicn Testament, il ne réussirait pas encore à épargner à Dieu toutes les volontés particulières. Dieu, il est vrai, dans ce système, n'aurait fait, par sa propre volonté, que créer la masse grossière et inanimée du monde et c'est par la volonté des anges qu'il aurait été déterminé à former les plantes, les animaux et l'homme lui-même. Mais pour achever d'exclure les volontés particulières, il faudrait donner aux anges une puissance sans bornes sur le reste des créatures, les rendre les maîtres non-seulement du cours de la nature, mais de sa formation, leur attribuer un pouvoir absolu sur le genre humain, sur la vie et la conduite de chaque individu ; il faudrait enfin assujettir Dieu sans réserve à toutes leurs volontés. Ce prétendu ordre inviolable n'aboutit donc qu'à lier les mains au Créateur, qu'à en faire une divinité indolente qui se contente de créer une masse inanimée, pour exécuter ensuite sans choix tout ce qu'il plaît aux anges. Fénelon à ce système oppose la Genèse qui montre Dieu créant le monde par des volontés particulières, et non par le seul fait des lois générales du mouvement. Enfin il lui oppose aussi, avec Arnauld, tous ces germes innombrables ou moules d'animaux et de plantes qui, de l'aveu même de Malebranche, ne peuvent être le produit des lois générales du mouvement. Si l'auteur est forcé d'admettre tant de volontés particulières, elles ne sont donc pas incompatibles avec l'ordre, et puisqu'il convient qu'avec quelques volontés particulières de plus, le monde serait plus parfait, il convient par là que l'ordre lui-môme les exige. Loin donc de manifester la perfection infinie de
Dieu, les volontés générales et les causes occasionnelles la compromettent. En créant les causes occasionnelles, Dieu a dû se proposer pour fin de rendre son ouvrage plus parfait qu'il ne serait en ne le produisant que par ses volontés générales, sans causes occasionnelles. Il aurait donc eu besoin de suppléer à ce qui manquait du côté de sa volonté par celle des créatures. Quelle étonnante perfection dans les créatures, et quelle imperfection très-indigne de l'Être souverainement parfait !
Non-seulement les causes occasionnelles, si contraircï à sa gloire, ne diminuent pas les volontés particulières, mais elles en augmentent singulièrement le nombre. Sans nul doute. Dieu ne les a établies que pour qu'elles fussent par leurs mouvements, leurs désirs, leurs volontés, l'occasion des desseins qu'il veut accomplir conformément à sa sagesse. Il a donc voulu toutes ces choses en particulier, d'où on voit qu'une infinité de volontés particulières est la conséquence nécessaire de la doctrine des causes occasionnelles. Gomment les désirs des anges et les désirs de Jésus-Christ, en tant qu'homme, épargneront-ils à Dieu une seule volonté particulière, puisque c'est Dieu qui meut l'âme de Jésus-Christ et des anges? Malebranche n'a-t-il donc pas vu que tout cela découlait du principe de la création continuée?
La critique de Fénelon redouble de vivacité contre la doctrine sur la grâce. On ne s'étonne pas de le trouver aussi sévère qu Arnauld lui-même contre la manière dont Malebranche explique que Dieu voulant sauver tous les hommes, tous ne sont pas sauvés, et contre ce rôle de cause occasionnelle de la distribution de la grâce qu'il assigne à Jésus-Christ. Mais comment se fait-il qu'il ne soit pas un peu plus indulgent pour cette faible part que Malebranche semble vouloir laisser à la liberté et aux mérites humains dans l'œuvre de notre perte ou de notre salut? En effet, non-seulement Fénelon n'a pas été un des champions de la grâce efficace, mais même il a pris parti, sur la fin d6 sa vie, contre la prémotion physique de Bossuet, pour Mo-
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lina et pour le congruisme qui réserve une part à la liberté humaine (1). Cependant il accuse ici Malebranche de renverser le mystère de la prédestination gratuite, et de tomber dans l'erreurdu semi-pélagianisme. Il s'indigne, comme s'il s'agissait de la plus monstrueuse et de la plus dangereuse des erreurs, qu'il ait osé dire, que l'homme ne mérite qu'en avançant librement et par soi-même vers le bien, et en surpassant par sa volonté le degré de délectation dont Dieu l'a prévenu. Mais, à meilleure raison, reproche-t-il à Malebranche de ne pouvoir concilier cette intervention du libre arbitre dans les effets de la grâce avec sa doctrine de l'inefficace des causes secondes.
Fénelon termine en exhortant Malebranche à rétracter ses erreurs : « Nous avons assez examiné ces principes qu'il avait crus si féconds en vérités et qui ne le sont qu'en erreurs monstrueuses. Je le conjure de lire cet ouvrage avec le même esprit qui me l'a fait écrira. S'il aime et s'il recherche la vérité, comme il l'a toujours témoigné, il craindra l'erreur et non la honte de s'être trompé, il entrera en défiance d'une doctrine nouvelle qui a soulevé tous les théologiens éclairés et ceux mêmes qui sont le plus exempts de préoccupation contre lui. b Une lettre au P. Lamy, en 1709, nous montre Fénelon persévérant dans son opposition aux idées de Malebranche sur la grâce : « Je ne connais rien du P. Malebranche sur cette matière que son système de la grâce; mais, dans ce petit ouvrage, il ne justifie l'inefficacité de la volonté de Dieu pour le salut de tous les hommes que par une impuissance qui vient de la simplicité des voies de Dieu et des homes
(1) Aussi le P. Tournemine et quelques autres théologiens ont-ils soutenu que Fénelon avait varié sur cette question, en se fondant sur des passages du Traité de l'existence de Dieu qui semblent autoriser la prémotion physique, par la force avec laquelle ils expriment que Dieu est la cause de toutes les modifications des créatures, et même de la volonté; c'est plus tard, et dans sa lutte avec Bossuet, que Fénelon s'est prononcé en faveur du congruisme et contre la prémotion physique. (Voir V Histoire littéraire de Fénelon^ par l'abbé Gosselin, p. 337.)
276 * 'philosophie CARTÉSIENNE.
du cerveau de Jésus-Christ. C'est ce qui est nouveau dans l'Église, éloigné de toute théologie et indigne de
Dieu (1). »
Mais si, dans la Réfutation, Fénelon est un adversaire de Malebranche, on dirait qu'il en est un disciple dans le Traité de l'existence de Dieu où, selon le P. André, on trouve de quoi autoriser tout son système, surtout en philosophie. Comme il n'est pas question , dans le Traité de l'existence de Dieu, des doctrines de la providence et de la grâce qui sont Tunique objet de la Réfutation, les deux ouvrages néanmoins ne se contredisent pas. Ici nous trouvons, entre Fénelon et Malebranche, une double et remarquable analogie dans le langage et dans les doctrines. Chez l'un et chez l'autre, le cœur parle en même temps que la raison, l'imagination colore les idées les plus abstraites de la métaphysique, et d'ardentes aspirations vers l'infini, des élévations lyriques de l'âme à Dieu, se mêlent aux démonstrations sévères de la métaphysique.
D'après le témoignage de M. de Ramsay, les deux parties du Traité de l'existence de Dieu n'étaient que l'ébauche d'un grand ouvrage que Fénelon avait entrepris dans sa jeunesse et qu'il n'acheva pas*(2). Dans la première partie
(1) Œuvres de Fénelon, édit de Versailles, t. III, p. 36*2.
(2) Histoire de Fénelon, parle cardinal Bausset, t. III, livre YIII, p. 351. — La première partie du Traité de V existence de Dieu parut seule du vivant de l'auteur et à son insu, par Tiofidélité d'un copiste, en 171!, sous le titre de Démonstration de Vexistence de Dieu tirée de l'art de h nattitre. Elle fut ininiédiatement tjraduite en anglais et en allemand ei dans la plupart des langues de l'Europe, et presque aussitôt une seconde édition parut avec une préface du P. Tournemine. J'emprunte au manuscrit du P. André quelques détails nouveaux sur cette préface et sur l'affaire qui s'ensuivit entre Malebranche, Fénelon et les Jésuites. QuauJ parut, dit-iJ, cette première partie du Traité de ^existence de Dieu, 1« jésuites furent fort embarrassés. Ils ne purent en effet s'aveugler au point de ne pas voir que Fénelon était dans les sentiments de Malebranche, auxquels ils faisaient si vivement la guerre dans le sein de la compagnie, Ils n'osaient attaquer ce prélat avec lequel ils étaient en une liaison très* étroite, et ils ne voulaient pas cependant qu'on pût se prévaloir de son autorité en faveur de Malebranche. La première éditiou étant épuisée,
du traité, il démontre Dieu par Tart qui se remarque dans la nature, en quoi il s'éloigne de la méthode de Descartes qui, tout au contraire, fonde sur la vérité de l'existence de Dieu, la certitude de l'existence du monde. Mais,toul en se servant de la preuve physique, Fénelon ne méconnaît ni l'excellence ni la supériorité de la preuve métaphysique. Il avertit, en commençant, qu'il la regarde comme le plus droit chemin qui conduise l'homme à Dieu, et même que seule elle est parfaite : « Que les hommes accoutumés aux premiers principes connaissent la divinité par son idée; c'est un moyen sûr pour arriver à la source de toute vérité. Mais plus ce chemin est droit et court, plus il est rude et inaccessible au commun des hommes qui dépendent de leur imagination. C'est une démonstration si simple qu'elle échappe par sa simplicité aux esprits incapables des opérations purement intellectuelles. Plus cette voie de trouver
ils chargèrent un de leurs pères les plus habiles, le P. Toarnemine, de mettre une préface à la seconde pour corriger un peu le mauvais effet du livre. Dans cette préface, au lieu d'attaquer directement Fénelon, Tha^bile Jésuite feint de le défendre contre les critiques d*aalres adversaires, et, sous prétexte de le difendre. il ne manque pas d'attaquer les nouveaux philosophes. L'auteur s'est servi des principes de Descartes et de Malebranche pour démontrer l'existence de Dieu, et il n'a pas expressément réfuté Spinoza, voilà les prétendus griefs contre lesquels il s'agit de défendre Fénelon. Or, le P. Tournemine imagine de le justifier en disant qu'après avoir employé les preuves universellement admises, il a dû se servir d'arguments ad hominem, fondés sur les principes de ceux avec qui on dispute. Ce sont des démonstrations pour les malebranchistes et les cartésiens. « L'auteur n'a pas dû les oublier. II a, dit-on, oublié les Spinozistes, etc. > Ainsi, il semblait mettre les malebranchistes au rang de ces impies auxquels il faut qu'on démontre Dieu ; Malebranche fut piqué au vif de cette préface, et chercha les moyens d'obtenir un désaveu de Fénelon. Le cardinal de Polignac, ami de Malebranche, se chargea de . négocier cette affaire avec rarchevôque de Cambrai. Fénelon répondit au cardinal, qu*il désavouait cette préface, qu'il ne l'avait pas lue avant Timpression, que les preuves de l'existence de Dieu, puisées dans la Recherche^ lui paraissaient bonnes, et qu'il ne s'en était servi que parce qu'il les croyait telles. Cette lettre en main, le cardinal alla voir le P. Letellier et obtint de lui qu'il serait enjoint an P. Tournemine de faire une satisfaction publique à Malebranche dans le Journal de Trévoux, Cette satisfaction se trouve dans le Journal de Trévoux^ avril 1713.