‹ Histoire de la philosophie Cartésienne (volume 5)Chapitre 30 sur 77 · SUITE DE LA PHILOSOPHIE DE FÉNELON. 28D · texte numérisé non relu

SUITE DE LA PHILOSOPHIE DE FÉNELON. 28D

qu'il est infini, mais qu'il est un et absolument simple, 'immuable, éternel, immense. Il est un, car deux infinis sont contradictoires ; il est absolument simple, car toute composition témoigne de quelque imperfection. Ce qui ^st par soi est immuable dans son être, ayant toujours en soi la même raison d'exister, c'est-à-dire son essence même, laimuable dans son être, il l'est aussi dans ses manières d'être. Les modifications étant les bornes de l'être, comment l'infini serait-il susceptible d'aucune espèce de mo- <iifîcation ? Les modifications, au contraire, sont essentielles à la créature, parce qu'elle n'est pas tout être. On peut changer sa borne, mais il lui en faut une nécessairement. Ce continuel changement de la créature sans cesse renouvelée, non-seulement dans ses modifications, mais dans son être , par la création continuée , enferme la succession et constitue le temps. Le temps qui consiste uniquement dans cette succession, est la négation d'une chose très-réelle, à savoir de la permanence absolue de l'être, ou de l'éternilé.

Fénelbn par une foule de belles images essaye de

donner une idée de l'éternité, ou de celte pe;:'manence

absolue de Dieu, opposée à la durée successive et à la

défaillance perpétuelle de l'être des créatures. Rien dans

l'être infini ne ressemble à la durée variable et successive

qui est le propre des créatures, car en lui rien ne s'écoule,

rien ne passe, tout est fixe et permanent. L'éternité,

comme tout ce qui est infini, étant indivisible, ne soufFre

ni commencement, ni milieu, ni fin. Au sein de l'éternité,

il n'y a pas de chronologie possible, il n'y a pas d'ère à

partir de laquelle on puisse marquer une date. Une

éternité partagée en une partie antérieure et une partie

postérieure ne serait pas une. L'idée de deux éternités

n'est pas moins contradictoire que celle de deux infinis.

Déjà et après, passé et futur sont des termes indignes de

Dieu. Un présent immobile, indivisible, infini^ convient

seul à l'être éternel. Ce mot de toujours, qui nous paraît

si plein d'énergie, est lui-même indigne de son éternité,

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