‹ Histoire de la philosophie CartésienneChapitre 12 sur 37 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

De rhypothèse des tourbillons. — Formation des tourbillons. — Des mouve ments de la matière et des figures qu'elle prend au sein de chaque toar^ billon. — Matière subtile. — Deux explications diverses de Deseartes sur la formation des planètes. — De la révolution des planètes sur elles-mênies et autour du soleil. — Des comètes. — Le monde de Descartes immense et admirable machine. — Inclination de Descartes à peupler Tinfinité de l'étendue d'une infinité d'êtres intelligents. — Application à la terre des )oh générales du monde. — Du mouvement de la terre. — Subterfuge inugàié par Descartes. — Explication de la pesanteur par la force centrifuge des tourbillons. — Du flux et du reflux. — De la lumière. — Découverte des lois de la réfraction. — ^De la chaleur. — Des seuls principes employés par Descartes pour l'explication de tous les phénomènes. — Lacune dans les Principes au sujet des corps organisés. — Physiologie de Descartes. — Traité de V homme et du fœtus. — Explication mécanique de tous les phénomènes de l'organisation et de la vie. — Médecins cartésiens. — École iatromécanique. — Services qu'elle a rendus à la médecine. — Caractère général de la physique de Descartes. — Le mécanisme cause immédiate de tous les phénomènes de la nature. — ^Jugement sur la physique de Descartes.— ^Descartes injustement sacrifié à Newton. — Les tourbillons jugés par Voltaire et d'Alembert. — Descartes père de la physique comme de la métaphysique moderne.

Gommenl de la confusion primitive de tous les éléments l'ordre est-il sorti , comment toutes choses, depuis les soleils

J «sq'u'à la plante et à rdnimal, se sont-^lles formées et conli-

K:BDeBl-«lle8 d^étre et de se mouvoir, Descaries l'explique par

â^OD hypothèse des lourbîUons (1). De même que Platon,

j 1 expose ce qu'il pense de la création et la formation du

naonde sous l'ombre et le voile d'une fable, au travers de la-

<2«ielle il espère que la vérité paraîtra suGBsamment. Par pru-

^«nce, il feini de laisser de côté ce monde réel que Dieu créa,

M i y ei cinq ou six mille ans, pour nous faire assister à la créa^

€ mon d'un tout nouveau dans les espaces imaginaires.

Il suppose 4ofic d'abord que Dieu crée autant de matière <l:«s.e, de quelque c^é que notre imagination se puisse étendre, ^I M ^ n'aperçoive plus de vjde (2). Avant que Dieu ait dooné le ittveme«t à cette matière , elle est plongée dans un repos \lu. En «et état , Descartes veut que nous la concevions ime la co^rps le plus dur et le plus solide qui soit au «nonde^ «tassicomne composée de parties inégales disposées à «e se Qvoir pas, ou à seniouvoir en toutes façons et en tous sens.

'^^^""t étaal plein , le mouvement donné par Dieu 4 la manière

^ se commuvMqu^ à toutes ses parties. Alors l'agitation

répandue dans cette masse inflnie , et toutes les parties

>&« matière, en Vtorta de la secoffide loi dumouvement, ont lait

rt pour se mouvoir en ligne droite. Toutes s'empéchiMt

Mm^ l^s autres , par jleur mutuelle action et réaction, eMes

ewspiré à e^e .mwvoif en un mouvement drcutaire. Mais

^ '^^ yerinté diiiQCiUvemefit dont elles ont été primitivameat ani-

3, duelmr ayfMit pas permis 4^ s'accorder à itourner antotir

aeal centre , elles ont tourné autour de plusieurs dii^er*-

^"ï^ ) Sur rhypolhcse des lourbillons voir la 3* partie des Principes , les ^pitres 8, 9 et 10 du Traité du monde , Texposilion qu'en a faite Mafle-

kcAie dans la Recherche de la vérUè , rhap. 4, la Théorie des towrbiUwi^ ***^^«ien» par FouteneUe.

(^) Le Monde ou Tr»ité de la lumivre, chap. Vl.

sèment situés à I*égard les uns des autres. Plus toutes les parties de l'étendue auront rencontré de difficultés à se mouvoir en ligne droite , et plus grand sera le nombre des tourbillons. Si nous considérons avec Descartes un seul de ces tourbillons, les mouvements de la matière qu'il entraîne et les figures qu'elle doit prendre, nous allons assister à la naissance des mondes. Ce qui se passe dans un tourbillon se passe de même dans tous les autres, et les figures qu*y prend la matière sont celles des trois éléments. Emportées par le tourbillon , la plupart des parties de la matière, dans leur frottement les unes contrôles autres, brisent leurs angles et s'arrondissent. Celles, qui , à cause de leur masse, n'ont pas encore été brisées et arrondies, forment le troisième élément qui sera la matière des planètes. Celles, qui ont été arrondies par le frottement, forment le second élément composé d'une quantité de petites boules rondes destinées à devenir la matière de Tair et des cieux.

Que devient la matière de ces aspérités et de ces angles brisés par le choc des parties qui se rencontrent et s'arrondissent? Descartes l'envoie remplir l'intervalle entre les parties rondes, ou sans cesse brisée de nouveau, sans cesse moulue, pour ainsi dire, entre ces corps qui la pressent de tous côtés, elle est bientôt réduite à l'état d'une poussière, dont la subtilité dépasse tout ce que l'imagination peut concevoir. Cette poussière est la matière du premier élément, c'est cette matière subtile, qui joue un si grand rôle dans toute la physique cartésienne, et qui va devenir Tunique dispensatrice du mouvement de la lumière et de la pesanteur. Elle remplit les interstices entre les boules rondes du second élément, et suivant la forme de ces interstices, elle prend ellemême différentes formes, de là des parties triangulaires courbes ou cannelées. Descartes prétend expliquer une foule de phénomènes particuliers par les différentes figures de ces

parties et surtout par les parties cannelées. Les parties du

remier élément plus petites que celles du second ont moins

e force pour continuer leur mouvement en ligne droite , en

onsëqence elles doivent af&uer vers le centre, tandis que les

orties du second élément rempliront le reste du tourbillon.

ëunie au centre du tourbillon, la matière fluide du premier

ément y forme d'immenses globes liquides qui sont le soleil

les étoiles fixes. Autant il y a de tourbillons, autant il y a

soleils ou d'étoiles fixes qui en sont le centre. Telle est

rigine et la formation des étoiles fixes.

Mais parmi les parties primitives dont se composait lama-

i.t ^^ re, avant qu'elle fut mise en mouvement , il en est de tel-

ent grosses que le frottement n'a pu les réduire à la ténuité

a parties du premier ou du second élément. De là le troi-

«ne élément, dont les parties en se liant les unes aux autres,

^ment d'immenses agrégats dans le sein des tourbillons. Ces

Knenses agrégats sont les planètes. Les planètes, entraînées

K" le mouvement du tourbillon autour de son centre, en sont

^■^^5 ou moins rapprochées, selon qu'elles ont moins ou plus

Solidité et de grandeur. Descartes donne cette explication

l'origine du troisième élément et des planètes dans le Traité

Monde ou de la Lumière, mais il en a aussi donné une

»*e dans les Principes, ou il fait dériver le troisième élé-

^t non plus de Tagrégation des parties primitives de Téten-

^^, mais de l'agrégation des parties du premier élément, qui

, - Jes par les plus subtiles hors du globe liquide, ou du so-

qu'elles composent, s'attachent les unes aux autres et

^S'^nt à sa superficie et lorsqu'elles sont en fort grande

^^^tililé, forment des taches semblables à celles du soleil.

**^si, des étoiles ont pu se recouvrir entièrement de taches

de croûtes épaisses, et, impuissantes à se soutenir et à

^*fendre leur tourbillon contre les tourbillons environnants,

^*^8 ont tourné autour du centre du tourbillon qui les a ab-

sorbëes et sont devenues des planètes. Les planètes et la terre elle-mtoie ne seraient donc que des soleils encroûtés (1).

Les planètes suivent le cours de la matière du ciel sans lé^ sistance et se meuvent d'un même branle avec elle, mais éHcs ne se meuvent pas aussi vite, en raison de leur masse. Pur cette infériorité de vitesse plus ou moins grande et propor-* tionnée è leur \x>lume , relativement aux parties qui les tn.^ tratnent, Descartes explique les révolutions que les planètes accomplissent sur elles-mêmes, en même temps qu'elles toui^ nent autour du soleil. La matière du ciel , en faisant tourner les planètes autour du soleil , les fait donc tourner aussi sur leur propre centre, et en tournant sur elle-même, la plaoèie communique son mouvement à une partie de la matière qui Tentôure. Ainsi se forme autour d'elle un petit tourbillon, qui se meut dan& le même sens que le grand tourbillon dont il fait partie. Chaque planète a son tourbillon particulier plus ou moins étendu, selon que sa masse est plus ou moins grande, qui eniratne tout ce qui est à sa portée. Si donc deux pki^ nètes se rencontrent également massives , quoique d'inégal volume, et par conséquent disposées, d'après ce qui a été déjà démontré, à prendre leur cours à égale distance du so^ leil , la plus petite devra se joindre au petit ciel ou an peCil tourbillon qui sera autour de la plus grosse et tournoyer avec elle. Les planètes qui se meuvent autour d'un grand centre^ deviennent donc elles-mêmes des centres par rapport ani— quels se meuvent des astres plus petits, qu'elles entratnent avec elles dans leur tourbillon.

Les comètes se forment comme les planètes. Ce sont aussi des masses composées par l'agrégation des parties du troi«sième élément. Jusqu'à Descartes, les astronomes n'avaient

(1) Pi'incipes, 3*^ partie, art. 94 et i46.

mi que des idées très fausses sur les comètes. Suivaot les an- ■eus ^ ce n'étaient que des exhalaisons ou des feux follets lacés bien au-dessous de la lune. Tycho-Brahé, le premier modernes, osa dire que les comètes n'étaient point au- S80U6 de la lune, et que leur région s'étendait jusqu'à ipogée de Vénus. Mais Descartes, le premier, les considère mme des astres qui ne différent des planètes que par leur ^^sseur, et qui s'en vont voyageant de cieux en cieuz, de «orbillons en tourbillons, bien au-dessus de Saturne. En Sson de leur grosseur les comètes peuvent passer d'un tour- Ion dans un autre , tandis que les planètes moins massives «neurent toujours dans le même. Ainsi qu'on voit à la renaître de deux rivières un gros bateau passer sans difficulté ^ ^^u courant dans l'autre, tandis que des corps légers, tels « l'écume, demeurent dans le même. A propos de cette V3iparaison de Descartes, remarquons que Tidée fondantale des tourbillons semble prise du courant qui entraîne larque.

-^vant de descendre plus avant dans les détails, donnons- ^^le spectacle de l'unité, de la simplicité et de l'harmonie ^;et univers conçu par le génie de Descartes. Je le vois ^^^*^lable à une seule et immense machine composée de roues ^^^^ rnant sur elles-mêmes et dont tous les ressorts ont été dis-

par Dieu de la manière la plus simple. Notre système ^^ ^^ est qu'une roue avec le soleil pour centre, et les étoiles ^'"' sont autant de centres de roues dont la circonférence

peut-étre^ plus vaste encore. Ces roues communiquent

^f>re à d'autres, et dans Tétendue indéBnie de l'univers,

re imagination ne peut concevoir un seul tourbillon qui

soit borné par un autre, et ainsi de suite à l'infini. Ces

^^ombrables tourbillons, par un admirable enchaînement,

^^ Servent mutuellement de contrepoids et produisent l'ordre

^^ V*équilibre des mondes.

Mais cette infinité du monde serait-elie déserte et dépeuplée, hors la terre, qui n'est qu'un de ses points, ne contiendrait-elle pas un seul être pensant? Descartes, sans oser Taftirmer, incline visiblement à croire que l'infinité de l'étendue sert de séjour à une infinité d'êtres intelligents. Dans sa Lettre à Chanut, en réponse aux objections de la reine Christine contre l'infinité du monde, il dit : « Quoique je n'infère point qu'il y ait des créatures intelligentes dans les étoiles, ou ailleurs, je ne vois pas aussi qu'il y ait aucune raison pour laquelle on puisse prouver qu'il n'y en a point (1). » 11 ajoute que, pour inférer qu'il peut y avoir des habitants ailleurs qu'en cette terre, il n'est pas besoin d'admettre l'étendue indéfinie de l'univers. L'étendue que tous les astronomes lui attribuent n'y suRit-elle pas amplement, puisqu'il n'y en a aucun, qui ne juge que la terre est plus petite au regard de tout le ciel, que n'est un grain de sable au regard d'une montagne? Il cherche même â préserver ce sentiment des difficultés qu'il pourrait souffrir du point de vue des prérogatives que la religion accorde à l'homme. « Je ne vois point que le mystère de l'incarnation et les autres avantages que Dieu à faits à l'homme, empêchent qu'il n'en puisse avoir fait une infinité d'autres très-grands à une infinité d'autres créatures. » Les biens spirituels sont de telle sorte qu'ils ne diminuent pas, étant partagés, et qu'ils peuvent être accordés a toutes les créatures intelligentes d'un monde indéfini, sans rendre moindres ceux que nous possédons. Descartes y voit donc au contraire une raison de nous estimer davantage, a cause que nous sommes des parties d'un tout plus accompli, et de louer Dieu d'autant plus, que nous sommes des parties d'un tout plus accompli.

Par ces lois générales de l'univers s'expliquent toutes les

(1) LcUrcs, éd. Cousin, lonio IX, paj^r 50.

pv^lncipales actions qui se produisent sur la terre, et par ces

t^wTM ncipales actions tous les phénomènes particuliers. Descaries

^t^CDrde d'abord dans les Principes , mais avec une extrême

^<;onspection, ia question du mouvement de la terre. Il allait

ttre la dernière main à ce grand ouvrage du Monde ^ dont

^ donné le plan dans la cinquième partie du Discours de la

Ihode, lorsqu'il apprit la condamnation de Galilée par le

nl-Office, le 22 Août 1633. Résolu d'éviter toute querelle

^^^^c les théologiens, non seulement dans l'intérêt de sa tran-

ilité, mais dans celui de sa philosophie, il se hâta de retirer

ouvrage des mains des imprimeurs, et jamais il ne le fit

araîlre sous la forme qu'il lui avait d'abord donnée. Tou-

Vdîs, s'il se soumet, il n'est pas convaincu, comme on en

Qt juger par ce passage d'une de ses Lettres : « J'avoue

si ce sentiment du mouvement de la terre est faux , tous

fondements de ma philosophie le sont aussi , parce qu'il se

lontre par eux évidemment. Il est tellement lié avec les

P^ loties de mon traité, que je ne l'en saurais détacher sans

^^Hdre tout le reste défectueux. » Plus tard, encouragé par

^Xcmple d'un grand nombre de philosophes et de mathé-

^^^t-iciens catholiques que n'avait pas retenus la condamna-

'^n du Saint-Office , il transporta dans les Principes ceiie

^ï^*Hio« du mouvement de la terre, mais en se servant d'un

^^is pour ne pas heurter de front la Bible et les théologiens.

8q défend de la prétention d'expliquer les choses telles

^^*^Iles sont, il ne veut que faire une hypothèse pour con-

^tlre les phénomènes et rechercher les causes naturelles, et

^ ^tlopte celle de Copernic, qui lui semble plus claire et plus

**^ple que celle de Tycho, mais en ayant le soin de ne pas

^^îbuer du mouvement à la terre. Or, voicf comment il ima-

S^ne de faire mouvoir la terre sans lui donner du mouvement.

^^ ciel liquide l'environne et la^'porle ; elle est emportée par le

^^Urs de ce ciel, comme un vaisseau qui n'est poussé ni par le

vent, ni par des rames, quoique en repos au milieu de la mer, peut élre insensiblement emporté par le flux et le reflux de cette grande masse d*eau. Ainsi croit-il éviter le mouvement de la (erre avec plus de soin que Copernic et plus de vérité que Tycho.

Ce sont donc les tourbillons qui , emportant la terre , lai donnent son mouvement. Par les lourbillons s'expliquent aussi la pesanteur, la lumière, la chaleur, qui sont les trois principales actions par lesquelles tous les corps ont été produits. Descartes fait de la pesanleur un eflbt de la force centrifuge des tourbillons et non une propriété inhérente à la matière. C'est une loi de la nature que tout corps qui se meut en ligne courbe, tend à s'éloigner du centre de son mouvement, par une ligne droite qui toucherait la courbe en un point. Telle on voit la fronde qui s'échappe de la main. La force de la pesanteur ne consiste qu'en ce que les parties du petit ciel qai environnent la terre, tournant beaucoup plus vite que les siennes autour de son centre, tendent aussi avec plus de force à s'en éloigner, et par conséquent repoussent vers le centre les parties de la terre. En efiet , cette force supérieure avec laquelle la matière du ciel tend à s'éloigner du centre de it (erre, ne reçoit son effe( , è cause de l'impossibilité du vide, qu'autant que ses parties montent à la place de quelques parties terrestres , qui sont forcées de descendre à la leur. Qu'on se représente les parties terrestres dans la matière subtile , comme un corps plongé dans un liquide d'une moindre pesanteur spécifique ; de même que ce liquide le repousse vers le côté opposé à celui où il tend par sa pesanteur, de même les corps terrestres, au sein du tourbillon, seront repoussés vers le milieu dont il tend à s'éloigner (1). L'efibrt que font toutes

(I) Monlucla, Histoire des MafJumatifiucs, 2^ vol., pari. 4, livre 3.

los parties de la madère du ciel pour occuper sa place et le <^oi:^traindre à descendre, voilà en quoi consiste la pesanteur cl^mmn corps. Quant à la diversité de la pesanteur des corps, elle v*^^^lte de la diversité des éléments dont ils se composent. I^lud ils contiennent de matière subtile et moins ils ont de peteur, parce qu'ils tendent davantage à s'éloigner du centre la terre. Telle est cette explication de la pesanteur par la centrifuge des tourbillons, que d'Alembert juge la plus b^II« hypothèse que jamais peut-être le génie de Thomme ait conçue.

I>escartes tirait aussi de ses tourbillons une explication non

^^oins séduisante du flux et du reflux. La matière subtile, plus

Pi*essée dans son passage rétréci entre la lune et la terre ,

Pv^esse davantage les eaux de la mer qui s*enfoncent sous les

^^opiqoes et s'élèvent vers les pôles, et aussi les marées ne sonl-

^lles jamais plus hautes qu'à la pleine et à la nouvelle lune.

l^scartes avait donc remarqué que le flux et reflux de la mer

se règle principalement sur le mouvement de la lune , et s'i'

^ ^ pas découvert la vraie cause du phénomène , au moins a-

^ — ^tt mis ses successeurs sur la voie.

la lumière, comme la pesanteur, est un efiet de la matière

^l^Ule et des tourbillons. Elle ne vient pas du soleil à nos

^^^x , mais elle est produite par la force centrifuge du tour-

*^*lloD, qui pousse la matière subtile contre nos organes. L'ef-

^<"l que fait la matière du ciel pour s'éloigner de son centre

^^ 96 pousser à la circonférence , voilà la cause de la lumière.

^^ite action fort prompte et fort vive est transmise, en un in-

^m, à nos yeux par l'air et les autres corps transparents , de

^ tDéme façon que le mouvement ou la résistance des corps

^^^Hn aveugle rencontre passe à sa main par l'entremise de

' ^^ bâton. Cette action sur l'organe y produit un mouvement

"^^•*ticulier, h l'occasion duquel a lieu dans l'âme la sensation

^^ la lumière. Par la théorie des ondes ou des vibrations, la

physique moderne a ici abandonné Newton pour revenir h Descaries.

Les diverses manières dont les corps reçoivent et renvoient la lumière contre nos yeux produisent les diverses sensations de couleurs. Selon la nature des différents corps que rencontre la lumière , ses rayons sont réfléchis , réfractés ou dispersés. Une des plus belles découvertes de Descartes est celle des lois de la réfraction. Il discute dans plusieurs de ses Lettres la méthode qu'il a suivie pour les découvrir, et il cite comme l'ayant éclairé et guidé, ce principe apriorij que la nature, pour arriver à ses fins, prend toujours les voies les plus simples, naturam per vias breviores semper operari. Huygens a accusé Descartes , mais sans preuves suffisantes , d'avoir dérobé à Snellius la gloire de celte découverte (1).

Descartes explique la chaleur de la même façon que la lumière , par l'agitation des petites parties des corps qu'exdte l'action de la matière subtile. Cette agitation des parties des corps devient-elle plus grande que de coutume , elle agite les nerfs et produit en notre âme la sensation de la chaleur. Si la chaleur persiste en l'absence de la lumière, c'est que, celle agitation elle-même persiste, jusqu'à ce que quelque autre cause vienne l'ôler. La pesanteur, la lumière, la chaleur sont les trois principales actions qui résultent directement de l'influence des tourbillons sur notre globe. Ces actions, combinées avec la diversité des éléments, suffisent c'i Descartes pour expliquer, dans la dernière partie des Principes , tous les corps et tous les phénomènes , les métaux , les sels , les bitumes ,

(1) 11 dit dans une lettre : « Ces lois de la réfraction ne sont pas de Descartes, selon toute apparence, car il est certain qu'il a vu le livre manuscrit de Snellius. «Il ajoute «qu'il n'aurait fait que se servir des sinus au lieu des sécantes, comme l'avait fait Snellius. ce qui ne change rien au théorème. » {Frug. philos, de M. CouMn, 2^ vol., S^éflilion.)

l^^^ tremblements de terre , la foudre , les propriétés de l*ai-

m ^nt et celles de la plupart des corps. Force centrifuge des

t(^m:KrbilIons , mouvement , disposition , figure des parties , il

n'^^^n faut pas davantage h Descartes pour expliquer l'univers

ei=ft €.jer. Quoiqa'elle ait été convaincue de ne pouvoir rendre

cc^snopte de tous les phénomènes, n'admirerons-nous pas cepen-

i^ w^i la puissance, la simplicité, la fécondité de cette hypothèse

V&l embrasse l'univers entier, qui porte en elle une explica-

^i^wï universelle des choses, qui, par les mêmes principes, rend

^nnpte de la formation d'un sel ou d'un soleil, du mouvement

^^s astres oa de celui d'un insecte? Ne nous étonnons pas

4^'elle ait séduit de grands esprits et qu'ils aient fait longtemps

'®s derniers efforts pour la défendre.

Toutefois , dans cette partie des Principes qui devait com- P^'^tidre tous les corps et tous les phénomènes , on doit re- '^^^rquer que Descartes laisse de côté les corps organisés. -"^Hiis une de ses Lettres, il prévoit que celte omission lui sera •"^prochée : « Ils y trouveront peut-être à redire sur ce que je ^ y parle pas des animaux et des plantes , et que j'y traite

^^lement des corps inanimés , mais ils pourront remarquer ^^e ce que j'ai omis n'est en aucune façon nécessaire à l'intel- 'S^nce de ce que j'ai écrit (Ij. » Huygens, dans une lettre à ^^îbnitz , reproche en effet à Descartes cette omission , qu'il ^^^ribue, à l'impuissance de rendre compte de la formation des ^^iiDaux, è l'aide des particules et du mouvement. Cependant ^ Traités de l homme et de la formation du fœtus suppléent J^Sq^'à QQ certain point à cette lacune des Principes , puis- ^^*Us renferment une explication mécanique de la formation

^s corps organisés et de tous les phénomènes de la vie. Rebuté ^bord de la difficulté <f une telle entreprise , Descartes nous

U) Éd. Cousin, tom. IX, p. 178.

apprend qu'ilcroyait par la suite en avoirlriompbe.il De s* éftaii, dit-il,(l'abord proposé que de mettre an net cequ^il pensaitcoonaître de plus certain touchant les fonctions de Tanimal, parce qu'il avait presque perdu Tespérance de trouver les causes de sa formation. « Mais , en méditant tà-dessus, j'ai tant décou?ert de nouveaux pays , que je ne doute presque point que je ne puisse achever toute la physique selon mon souhait , pourvu que j'aie du loisir et la commodité de faire quelques expé^ riences (1). »

Descartes attribue au corps tout ce qui n^est pas la pensée , et tout ce qui est dans le corps , il l'explique par ud pur mécanisme. Tout le Traité de l'Homme s'appuie sur cette supposition, que le corps ne serait qu'une statue ou une machine de terre, formée exprès par Dieu, pour la rendre aussi semblable à nous qu^il est possible. Descartes y met toutes les parties nécessaires pour l'accomplissement des fonctions organiques , parties exactement semblables à celles de noire corps , qu'il est en conséquence inutile de décrire, et dont ii faut seulement expliquer les divers mouvements. Le phénomène de la digestion a lieu par rinterventioa de certaines h^ queurs, qui se glissent entre les parties des aliments déposai dans Teslomac « et agissent comme l'eau commune sur la chaux vive, ou comme l'eau forte sur les métaux. On peut encore supposer qu'il se produit dans l'estomac une fermentation semblable à celle qui a lieu dans du foin entassé. Mais le plus remarquable mouvement qui doive s'opérer en cette miH chine est celui du cœur. La chair en est si chaude et si ardente qu'à mesure que le sang y arrive des veines , il s'y vaporise et s'exhale ensuite dans le poumon , où il s'épaissil , rafraîchi par l'air. Cette dilatation et cette condensation «1-

(1) Éd. Cousin, tom. IX, p. 364

(c3 j:*naUv6S du sang sont la cause du mouvement du cœur. La

«leur du cœur est donc le grand ressort de tous les mouve-

iDtsqui sont en cette machine ] c'est elle qui engendre les es-

prS |g animaux , lesquels à leur tour meuvent tous les mus*

^•^s du corps.

A*hypothëse des esprits animaux n'est pas particulière à ^^scarles. Elle est dans Hobbes et Gassendi , et, après avoir •^■•^i à Descartes, elle servira à Malebrancheet an XVIPsîè- ^'^ tout entier. Tous les phénomènes de la vie , de Thumeur ^^ de la passion furent alors expliqués par les esprits animaux, pour plus de commodité, on en imagina de différentes es*

; il y eut des esprits animaux agités, des esprits animaux ^^etti^ants , et même des esprits animaux libertins. Void ^^^Ocinienl Descartes explique la formation des esprits animaux. ^^ sang qui arrive des veines , après s^étre vaporisé dans le ^^^Hr, se condense dans le poumon , mais les plus vites , les I^^Ua subtiles , les plus fortes parties de ce sang vaporisé par le ^^^^^Ur, au lieu de s'arrêter au poumon, montent jusqu'au cer- ^^au en beaucoup plus grande quantité qu'il est nécessaire I^^Ur la nourriture de sa substance.

Ces petites parties sont les esprits animaux, une mobilité ex-

^^^8sive, semblable à celle des parties de la flamme d'un flam^

^^aa, et qui produisent dans le cerveau comme un vent très-

^^btil, ou une flamme très-vive. Logés en quantités innomtra*

^^^ dans les pores innombrables du cerveau, ils n'y sont pas

'^^Qaobiles et emprisonnés, ils entrent et sortent à chaque in--

**^iil. Notre âme se détermine-l-elle à quelque mouvement

^^tis le cerveau , ils passent du cerveau dans les nerfs où ils

^^t la force de changer la figure des muscles. Descartes

^^^pare leur action à celle de l'eau qui s'échappe de sa source

^^ de certains tuyaux, avec une force suffisante pour mettre

^^ mouvement diverses machines , et il compare l'âme rési*

i ^^ni dans le cerveau au fontainier qui fermant et ouvrant à

son gré ces divers tuyaux , fait mouvoir ou arrêter ces machines.

En effet, pour les besoins de l'hypothèse, il imagine que les nerfs sont de petits tuyaux, par lesquels les esprits ani* maux s'écoulent du cerveau dans les membres, pour les mettre en mouvement. Le muscle s^enfle, se raccourcit ou s^allonge, lorsque les nerfs eux-mêmes s'enflent, se raccourcissent ou s'allongent, selon la quantité des esprits animaux qui y entreni ou en sortent. Tout dans le corps humain et dans les diverses fonctions des organes n'est donc que pur mécanisme, c*est-àdire, ne s'accomplit qu'en vertu des lois générales du mouvement, et sans Tintervention d'un principe vital ou d*une force particulière quelconque. Ce caractère général de la physiologie de Descartes est parfaitement résumé dans ce passage qui termine le Traité de l'Homme : a Je désire que vous considériez après cela que toutes les fonctions que j'ai attribuées à cette machine, comme la digestion des viandes, le battement du cœur et des artères, la nourriture et la croissance des membres, la respiration, la veille et le sommeil, la perception de la lumière, des sons, des odeurs, des goûts, de la chaleur, et de telles autres qualités dans les organes des sens extérieurs, rimpression des idées dans Torgane du sens commun et de l'imagination, la rétention ou l'empreinte de ces idées dans la mémoire, sont de telle nature qu'ils imitent le plus parfaitement qu'il est possible ceux d'un vrai homme. Je désire, dis-je, que vous considériez que ces fonctions suivent tout naturellement en cette machine de la seule disposition de ses organes, ne plus ne moins que font les mouvements d'une horloge ou autre automate de celle de ses contrepoids et de ses roues, de sorte qu'il ne faut point, à leur occasion, concevoir en elle aucune autre âme végétative ou sensitive, ni aucun autre principe de mouvement et de vie, que son sang et ses espriU agités par la chaleur du feu qui brûle continuel-

\emeDi dans son cœur, el qui n*est point d'autre nature que tous les feux qui sont dans les corps animés. » Malebranche el d'autres cartésiens, n'osant comme Descaries pousser le mécanisme jusqu'à la formation du germe, Tout restreint h l'explication de ses développements^ et ont admis la préexistence des germes. « L'ébauche de ce philosophe, dit Malebranche, à propos du Traité de la formation du fœtus^ peut nous aider à comprendre comment les lois du mouvement suffisent pour faire croître peu à peu les parties d'un animal, mais que ces lois puissent les former ou les lier toutes ensemi)le8, c'est ce que personne ne prouvera jamais. Apparemment 31. Descartes Ta bien reconnu lui-même, car il n*a pas poussé ''ort avant ses conjectures ingénieuses (1). »

G*en est assez pour montrer l'esprit général de la physiologie de Descartes, et le lien qui la rattache à sa physique ^^itisi qu'à tout le reste de son système. Descartes a fait une ''^volation et une école en médecine comme en physique et ^<i métaphysique. Il y a eu des médecins cartésiens et des ^h^ires de médecine cartésienne en France, en Hollande et en l^cilie. Il y a eu et il y a encore une école en médecine qui a ^uivi le mécanisme de Descartes, et qu'on a quelquefois dési- Sv^^e sous le nom d'école iatromécanique. Borelli a été le plus ^'Itistre représentant de cette école, et son célèbre ouvrage sur ^ O[ioavement des animaux n'est que le développement des '^^'ïncipes physiologiques de Descaries (2).

vt) Entretiens métaphysiques, XI, Ô.

C2> NéàNaplcsen 1608, morl en 1679. Grand médecin et grand mathé-

^^vcien, son ouvrage est intitulé : De motu animalium, opusposthumum.

^^e, 1680, 2 vol. in-4o. Dans ses Entretiens métaphysiques .^ Malebrancho

^ porte ce jugement : «J'ai lu depuis peu un livre du inouvement des ani-

^^Ux qui mérite qu'on l'examine. L'auteur considère avec soin le jeu de la

échine nécessaire pour changer de place. Il explique exactement la force

Si des médecins de ceKeécoIe ont voulu faire tourner auprofit du matérialisme le mécanisme physiologique cartésien, Il D*est pas juste de rendre responsable de cette grossière confosion le philosophe qui a si profondément distingué Tâme du corps, tandis qu'il faut lui faire honneur des grands serrices rendus par cette École. Non seulement la physiologie de DescarCes a débarrassé la science de toutes ces causes occultes et mysiérf euses, de toutes ces âmes, esprits ou archées qui détournaient de l'observation des phénomènes, mais aussi, par cela mèttie qu'elle se fondait exclusivement sur Tanatomie, elle a contribué aux progrès de la connaissance des organes et ût leurs fonctions, et aux progrès de Part médical (1).

des muscles et les raisons de leur situation, tout cela par les principes de la gëomëtrie et des mécaniques. Mais, quoiqu'il ne s'arrête guère q^i'è ce qui est le plus facile à découvrir dans la machine de Tanimal, il fait connaître tant d'art et de sagesse dans celui qui l'a formé qu'il remplit l'esprit du lecteur d'admiration et de surprise. »

(1) Voici le jugement qu'en porte M. Flourens dans son ouvrage sur la vie et les travaux de Bu£fon : « On se récrie sur les esprits animaux dont en effet Descartes abuse. Je réponds qu'il faut savoir dégager le fond durable d'une opinion de ce qui n'en est qu'un accessoire, toujours différent suivant ks époques. A l'époque de Descartes on avait les esprits animaux , comiae a répoque de Buffbn, on eut les ébranlements organiques. Les esprits aainunix ne sont ici que l'accessoire, le fond eet l'organisme... Oublions le petit mécanisme des esprits animaux imaginé par Descartes, oublions toutes ces petites explications de ce qui ne s'explique pas, l'action du cerveau , l'action intime de l'organe, et remarquons une belle et grande vue, grande et belle surtout au temps de Descartes, la vue de supprimer toutes les âmes végétatives et sensitives dont les anciens avaient embarrassé la science, la vue de réduire tout dans la brute à l'organe et à la fonction de l'organe. » (Page 122.)

Le même jugement est développé dans une thèse soutenue en ISSO à la Faculté de Médecine de Montpellier par le docteur Jaumes sur cette question : De l'influence des doctrines philosophiques de Descartes et de Bacon sur les progrès de la médecine.

Le oiëcanism^ posé comme cause immédiate de tous les phépomèoes de la nature, est doue le irait caractéristique et essentiel de la physique cartésienne. « Je n'ai rien trouvé, dit Descartes, sur la nature des choses matérielles dont je ne jpuisse trës^facilement donner une raison mécanique (1). » ^^^elles ne sont pas Fimportance et la valeur, sinon dans l'état actuel de la science, au moins dans son histoire, de cette physique ^ t^e ces tourbillons, si décriés par le XYIIP siècle qui, en phy- 9 m que, a sacrifié Oescartes à Newton, comme è Locke en n)éU- ^ysique* Cependant tout le XVIIP siècle n'a pas été injuste Têtard du génie de Descartes dans la physique, et nous uvQn9 invoquer le témoignage de ceux-là mêmes qui ont pla3 contribiié au triomphe de l'attraction. Voltaire , si ^?ena en faveur de Newton, n'en juge pas moins que Desmiesiy qui nous a mis sur la voie de la vérité, vaut celui qui «è9 Ini a été jusqu'au bout de la carrière (2). L'admiration d*Alembert pour le génie dont témoigne la physique de scartei? est plus grande encore : « Sa dioptrique est, la plus et la plus belle application qu'on ait faite encore de la ^^^^métrie à la physique. On voit partout dans ses ouvrages, e \e^ moins lus maintenant, percer le génie inventeur, l'on jug^sans partialité qes tourbillons devenus aujourd'hui *^**^^Ui? ridicules, on conviendra, j'ose le dire, qu'on ne pout aloni imaginer mieux. Les observations astronomiques out^rvi k les détruire étaient encore imparfaites ou peu ^^Malà^f rien n'était plus naturel que de supposer un fluide transportât les planètes. Il n'y avait qu'une longue suite phénomènes, de raisonnements et de calculs, et par con- ^taent une longue suite d'années qui pût faire renoncer à

\^^ PreiMèrerêppliifve à Hénvi Monis.

vi) Catalogue des écrivains du'siÀcîi» éc Louii XI V.

une théorie aussi séduisante. Elle avait d'ailleurs davantage singulier de rendre compte de la gravitation des corps par la Torce centrifuge des tourbillons, et je ne crains pas d'avancer, que cette explication de la pesanteur est une des plus belles et des plus ingénieuses hypothèses, que la philosophie ait jamais imaginées. Aussi a-t-il fallu pour Tabandonner que les physiciens aient été entraînés comme malgré eux, et par des expériences faites longtemps après. Reconnaissons donc que Descartes forcé de créer une physique toute nouvelle, n*a pu la créer meilleure, et que s'il s'est trompé sur les lois du mouvement, il a du moins deviné qu'il devait y en avoir. » <x II y a peut-être plus loin, dit-il encore, des formes substan* tielles aux tourbillons que des tourbillons à la gravitation (1). »

Quelque peu favorable que se montre M. Biot à Descartes, dans son article de la Biographie universellej il est cependant obligé d'en faire cet éloge, semblable à celui de d' Alembert : » Au milieu de toutes ses erreurs, il ne faut pas méconnaître une grande idée, qui consiste à avoir tenté pour la première fois de ramener tous les phénomènes naturels à n'être qu'un simple développement des lois de la mécanique (2). »

C'est Descartes qui a définitivement exclu de la science les formes substantielles, les qualités occultes, les sympathies, les horreurs de la physique ancienne, pour y substituer les principes simples et clairs de la forme , du mouvement , de la disposition des parties de la matière r c'est lui qui a ramené le premier le problème de Tunivers à un simple problème de

(1) Discours prélim. de l'Encyclopédie.

(2) L'ouvrage de M. Bordas-Demoulin sur le cartésianisme contient une appréciation approfondie des grandes découvertes de Descartes et des services qu'il a rendus aux mathématiques et à la physique, et les preuves de la supériorité de son génie sur celui de Newton.

môcanique (1). Par là, il a préparé les voies à Newton; par lâi 9 i 1 a fait plas que Newion. Ainsi le génie créateur de Desca MT Ces a laissé des traces presque aussi profondes dans la physique que dans la métaphysique; ainsi il a mérité le titre de p&r^ de la physique, aussi bien que celui de père de la métaphysique moderne.

C^ ) « Descartes essaya le premier de ramener la cause du mouvement céleste ià la mécanique. » Laplace, Syitème du monde, livre 5, chap. 5.

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