‹ Histoire de la philosophie CartésienneChapitre 3 sur 37 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Depuis longtemps j'ai travaille à faire un ouvragée de l'esquisse kicomf^te qui a eu Thonneur de partager le prix sur la question du cartésianisme, mise au concoiffs par l'Académie des Sciences morales et politiques, et que j'ai pid>liée, il y a douze ans, avec le titre d'Hisioire et critique de la révolution cartésienne (i). Aujourd'hui, je n'ai plus ni l'excuse de la précipitation d'un concours, ni celle de la jeunesse, et mon sujet a perdu ce qu'il avait encore de nouveauté quand je l'ai traité pour la première fois. De nouveaux et plus nombreux secours ne m'ont pas manqué, mais souvent ils m'ont accablé par l'impossibilité d'égaler ce que d'autres avaient fiait avant moi. Je citerai les Fragments de philosophie cartéiiemhe par M. Cousin, VEssai sur Vhisioire de la philosophie du XYIJ^ siècle par Darairon , ïlntroducHon à la traduction de Spinoza par M. Saisset.

Malgré des lacunes que je n'ai pu combler, je crois que cet ouvrage est l'histoire la plus complète qui ait encore paru de la grande époque de la philosophie française. J'y donne quelques détails nouveaux sur Malebranche, sur ses maîtres et ses disciples, sur son influence particulière au sein deTécole cartésienne; je fais l'histoire du cartésianisme, non seulement dans le XVII«

(J) ïn-8. Paris. 1843, chez Jouberl,

VlU

mais dans le XVIIl^ siècle, non seulement en France mais à l'étranger. Pour l'honneur de la France on ne sait pas encore assez combien s'est étendue au loin l'influence de notre Descartes dans toute l'Europe, et on a le tort de croire que la philosophie du XVIII® siècle a seule franchi nos frontières.

Le cartésianisme a rempli et, pour ainsi dire, pénétré tout le grand siècle. Non seulement la métaphysique et la physique, mais tous les ouvrages de l'esprit sont marqués de sa profonde empreinte. Il faut donc que ceux qui cultivent les lettres plutôt que la philosophie, Tétudient aussi, au moins comme une des plus grandes branches de notre littérature nationale , sous peine de n'en jamais comprendre qu' imparfaitement l'esprit et les idées.

Ceux-là encore devront l'étudier qui n'affectent de souci que pour la philosophie elle-même, et non pour son histoire. Aujourd'hui même le cartésianisme nous porte au cœur des questions qui s'agitent , qui s'agiteront toujours entre la philosophie et ses adversaires. Tous les jours nous le voyons, pas plus au XIX® qu'au XVII® siècle, on ne peut parler pour ou contre la philosophie sans parler pour ou contre Descartes. L'abbé Terrasson a eu raison de dire : l'esprit de Deâcartes est l'esprit même de la philosophie.

Déjà un long espace de vie et bien des événements se. sont écoulés depuis que, pour la première fois , j'ai parlé de Descartes. Je lui demeure fidèle. Avec un peu plus de maturité, avec plus de recherches, on retrouvera dans cet ouvrage le même esprit et les mêmes doctrines.

Page 1