‹ Histoire de la philosophie chrétienneChapitre 18 sur 61 · DU TRADUCTEUR. VU · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR. VU

dirai volontiers, dans le même sens, que la philosophie est tout ce qui existe, empirique ou conçu. La philosophie est donc une science à trois termes, le fini , l'infini et le rapport de l'un avec l'autre. C'est là ce dont tout le monde convient, les ennemis mêmes delà philosophie, et ce que l'histoire confirme dans son évolution.

Pour ne point remonter plus haut, la Grèce , cette mère féconde de la philosophie , s'efforce , dès qu'elle commence à se rendre compte, de découvrir et de comprendre le principe ahsolu , incréé des choses , qu'elle désigne successivement sous des noms différents : c'est l'eau , c'est le feu, c'est l'air, c'est l'unité , ou encore l'amour, l'affinité universelle. Puis , passant de l'examen du monde extérieur à l'étude interne de la conscience , elle systématise les notions , qu'elle appelle idées, et elle ne prend pas de repos qu'elle n'ait trouvé l'idée suprême en qui s'unissent toutes les idées , c'est-à-dire qu'elle n'ait aperçu Dieu. Distinguant autant de parties dans la philosophie qu'elle reconnaît de substances, elle compose un traité admirablement profond de philosophie première ou de théologie , et elle a ses doctrines fécondes sur la philosophie secondaire et la physique. Mais il était impossible d'examiner si intimement l'Etre en soi et la Nature sans en chercher le rapport : ce rapport est exprimé partout explicitement ou implicitement. Toutefois, la Grèce a encore une question fondamentale à résoudre , celle du mode d'investigation et du mode d'enseignement. Cette solution trouvée , elle a fixé les éléments essentiels , les objets mêmes de la science et la méthode à mettre en usage : elle cherchera, en allant du fini à l'infini, et elle instruira en procédant de l'infini au fini , de l'éternel au temporaire, du nécessaire au contingent (1).

(1; La contrariété des méthodes est assurément d'une haute signi-

Page 1