‹ Histoire de la philosophie chrétienneChapitre 24 sur 61 · DU TRADUCTEUR. XV · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR. XV

religion devra encore recueillir la démonstration de la science , renoncer à ces mystères prétendus ou s'abdiquer elle-même , en tant que religion destinée à l'humanité, et reposant sur des bases certaines, sur une intuition intelligible de Dieu.

Sans dout# la religion pourrait se faire philosophie , absorber la philosophie en elle ; mais l'une et l'autre n'en auraient pas moins leur sphère séparée , quoique contiguë. Il existerait toujours un effort intellectuel pour construire un système de connaissances , pour enchaîner des propositions fondamentales , des théorèmes , pour légitimer les procédés logiques de l'esprit, pour établir la certitude des affirmations qui sont la base de la vie spirituelle, et cet effort continuerait de se nommer la philosophie; de même , il existerait toujours un effort intellectuel pour trouver les moyens les plus efficaces , les plus sûrs de rappeler à Dieu , d'entretenir de Dieu , de le rendre sans cesse présent aux esprits , et cet effort continuerait de se nommer la religion. La religion et la philosophie peuvent tout au plus être deux parties distinctes et corrélatives d'une même chose qui n'a point encore reçu de nom ; mais la religion , quoi qu'elle en ait, sera toujours à la philosophie ce que l'art est à la science , l'art étant la représentation de l'infini dans le fini. Gomment la religion détruirait-elle la philosophie en accomplissant elle-même l'œuvre de cette dernière , en philosophant?

Si la religion peut être tentée de remplir en surcroît le rôle de la philosophie , semblablement, dès que la religion perd de son autorité , que son crédit va diminuant, la philosophie se présente pour la suppléer et diriger les cœurs dans le bien. Elle ne se contente plus alors d'être la science ; elle veut aussi , outre la restauration du dogme , transformer, réorganiser la vie religieuse , le culte. Elle agit en cela de bonne foi. «Je connais Dieu ,

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