‹ Histoire de la philosophie chrétienneChapitre 26 sur 61 · DU TRADUCTEUR. XVII · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR. XVII

L'homme du syllogisme obéit alors, humble etrecueilli, aux commandements raisonnables ethabilement préconçus de l'homme de la prière. Il grandit à ses yeux, au fur et à mesure que la cérémonie à laquelle il prend part déploie sa majesté sanctifiante ; il sent sa nature matérielle se spiritualiser au milieu des odes sacrées, des hymnes de gloire et de toutes les incantations delà piété. Tout ce qu'il y a en lui de sentiments religieux prend sans cesse un nouvel accroissement, et son intelligence en devient plus puissante pour comprendre les perfections infinies de Dieu et les sublimes barmonies du monde (1). Ici se présente cette question : La religion est-elle un moyen, ou est-elle une fin? La religion, ou plutôt le culte , a pour but essentiel de perfectionner le sentiment de la divinité et celui de tous les attributs ineffables qui sont reconnus lui appartenir, lui être inbérents. Cette dénomination de culte est merveilleusement significative ; tous les peuples ont eu et possèdent une expression analogue. Elle désigne la culture de fesprit religieux dans l'individu et dans Fespèce humaine tout entière. Comme l'art se propose la représentation de finfîni dans le fini , et, par conséquent, Fentretien de Fidée du beau, le culte travaille àFélévation du saint en nous : il est Fart de la religiosité. Et comme tout art , il est ensemble moyen et fin :. moyen, en ce qu'il tend à développer dans notre esprit une notion absolue ; fin , en ce qu'il renferme , incarne et rend, pour ainsi dire, sensible quelque chose de cette notion. Sur le front d'une statue admirée vous voyez briller le beau comme dérobé à Dieu ; dans le sanctuaire impénétrable vous sentez comme la présence de Dieu lui-même.

La religion est donc d'une haute importance dans la vie. On' en doute aujourd'hui, ou du moins on se con-

(1) Kant, Religion, trad. fr., 351-372.

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