‹ Histoire de la philosophie en BelgiqueChapitre 13 sur 50 · HENRI BATE DE MALINES · texte numérisé non relu

HENRI BATE DE MALINES

chancelier de l'université ^), est à la fois philologue, astronome et philosophe.

Des liens d'amitié l'unissent à G-uillaume de Moerbeke : il le rencontra à Lyon, en 1274, l'année du concile '), et c'est à la demande du célèbre dominicain qu'il écrivit son Astrolabe, (magistralis compositio Astrolabii). L'œuvre fut rédigée à Malines, et terminée au cinquième jour des Ides d'octobre 1274. Le manuscrit où nous avons trouvé ce traité ^), et qui fut écrit au cours de 1490, à Naples, par un Bruxellois, Arnold de Lushout, (de steccatis de bruxella), attribue au savant malinois une traduction de l'hébreu en latin du liber de mundo vel saeculo du juif Aben Ezra (Abraham Judaeus). Henri Bâte connaissait donc l'hébreu, ce qui explique d'une part ses relations avec Guillaume de Moerbeke, le grand ami des langues anciennes, d'autre part sa profonde connaissance de la science astronomique des arabes et des juifs *).

L'œuvre capitale de Henri Bâte, qui intéresse au premier chef l'histoire des idées philosophiques, est intitulée Spéculum divinorum et quorundam naturalium. L'auteur se qualifie de maître en théologie de Paris, de chantre et chanoine de l'église de Liège, et il dédie le traité à son ancien élève, Guido de Hainaut, évêque d'Utrecht de 1301 à 1317, et frère de Jean II d'Avesnes, comte de Hainaut et de Hollande ^). Ce livre, de longue

') Stappaerts, Biographie nationale, t. I, p. 773. — *) Cf. p. 51. — ^) Bibl. nation., Paris, ms. lat. 10260. L'Astrolabe fut imprimé en 1485. La Bibliothèque royale de Belgique possède un exemplaire de l'incunable qui contient cet opuscule. Il suit le liber de nativitatibiis d'Aben Ezra. — *) Henri Bâte composa deux autres écrits astronomiques : un traité sur les défauts des tables alphonsines ; un autre nativitas mag. Henrici Mechliniensis. — *) Nous avons publié la lettre dédicace de Henri Bâte, en annexe à la notice citée plus haut, d'après

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haleine, est un des rares ouvrages de philosophie médiévale, qui soit un compendium de philosophie destiné à l'instruction privée d'un prince. Toutes les parties de la philosophie y sont traitées, conformément au programme de la faculté des arts de Paris ; mention est faite des maîtres contemporains,. — de S. Thomas notamment — et le choix des questions discutées montre que l'auteur est versé dans les controverses passionnantes de la fin du siècle. Enfin, toute préoccupation théologique est absente de son livre : nouvelle preuve qu'il est en communion d'idées avec l'enseignement philosophique, tel qu'il était organisé dans la métropole française ^). Nous espérons publier quelque jour les intéressantes dissertations de ce maître inconnu, et lui rendre dans les annales intellectuelles de la Belgique la place qui lui revient ^).

Il est tout un groupe de personnages du xiii** siècle qui, à des titres divers, relèvent de l'histoire de la philosophie belge, et dont ]on ne connaît pour ainsi dire que les noms : Jacques de Douai est de ce nombre. Auteur d'un traité de l'âme, de anima, il traite des problèmes de logique, de physique et de métaphysique. M. Hauréau, qui n'a vu dans la philosophie scolastique qu'une longue dispute sur les universaux ^), cite de cet ouvrai>*e quelques extraits *), d'où il appert que l'auteur souscrit

le codex 7500 de la Riblothèque royale de Helgiquc et deux cod. de St-Omer. — ') En 1272, la majorité des maîtres es arts promulgèrent la défense de discuter des matières théologiques dans les leçons de la faculté. Chartul. Univ. Paris., t. l , p. Ai)!». — ") Autres données de la vie de Henri Rate : il se serait retiré en 1319 à l'abbaye de Tongerloo, et aurait visité l'Espagne et le Nord de l'Afrique. Cf. DeTiirux, Le chapitre de S. lAimbert, t. I, p. 339. — ') V. «on Histoire de la philosophie scolastique, 3 vol., ouvrage vieilli et iMufRiant. — *) Dans Histoire Littér. de France, t. 21, p. 157. Le de anima

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