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LES JÉSUITES

referma six mois plus tard (mars 1596). Dans la suite, les Jésuites revinrent à la charge, mais sans succès. Jansénius fit si bien que l'autorité civile consacra à nouveau les privilèges de l'Université ^).

Même à Liège, la compagnie eut à compter avec Y Aima Mater. Au témoignage de Paquot, leur premier collège dans la principauté fut fondé à Dinant, par Henri de Sommai (Henrîcus Sommalius), de Dinant (vers 1534-1617), un compagnon bien connu de S. Ignace de Loyola, qu'on retrouve en 1570 au Collège d'Anchin à Douai '). En 1581, ils fondèrent une maison dans la cité des princes-évêques. On ne possède pas de renseignements sur les établissements liégeois où l'on enseignait à cette époque la philosophie et la théologie'). L'arrivée des Jésuites et, quelques années plus tard (1592), la création d'un séminaire furent le point de départ d'un revirement intellectuel. Au cours de théologie, professé jusque-là au séminaire, et qu'on venait de leur confier, les Jésuites essayèrent d'adjoindre, en 1598, un enseignement de dialectique qui répondait aux vœux de tous. Mais la Faculté des arts de Louvain y vit une dérogation à ses privilèges, et, bien que son monopole ne s'étendît pas au delà des Etats du duc de Brabant, elle fit si bien que le cours de philosophie fut supprimé, et que les leçons de théologie furent rétablies au Séminaire*).

^) Philippe IV, en 1624, défendit aux Pères de Louvain d'enseigner les branches réservées à la Faculté des arts. En 1678 et en 1683, Charles II étendit la défense à tous les ordres religieux et interdit en général l'admission des étrangers à leur enseignement philosophique. — *) Paquot, Mémoires pour servir à l'histoire littéraire des dix-sept provinces, etc. (Louvain, 1768), t. II, p. 457. — ^) Daris, Histoire de la principauté de Liège pendant le XVI" siècle, p. 85. — *) Daris, op. cit., p. 619.

Un nouvel essai en 1613 échoua de même. La Faculté des arts s'adressa à l'archiduc, et celui-ci força la main aux Jésuites, en les menaçant de fermer le Collège qu'ils avaient à Douai '). Ils se consolèrent de leur échec quand, en 1613, surgit dans la ville de Liège un second Collège, le collège anglais, dont les destinées furent des plus glorieuses au xvii® siècle.

A Douai, les Jésuites furent plus heureux dans leurs tentatives d'établissement, grâce à la protection que leur accordèrent Vendeville, un des fondateurs de l'Université et Jean Lentailleur, abbé d'Anchin ; et dès les premières années de l'université wallonne nous les trouvons à la tête du Collège d'Anchin, un des plus florissants dans les Pays-Bas. Ce ne fut pas sans appréhension que l'Université y autorisa l'enseignement de la philosophie, car cet enseignement devant être gratuit de par les statuts de l'ordre, on craignait que les étudiants ne désertassent le collège du Roi pour se porter vers le nouvel Institut. Ici aussi la Faculté des arts exigea un système de garanties, qui dans sa pensée devaient rendre la concurrence illusoire : les Pères ne pourraient devenir membres de la Faculté et, dans leur propre collège, la philosophie serait enseignée par des séculiers ^), Mais en 1573, des incidents inattendus vinrent donner une forme aiguë aux rivalités, qui du premier jour éclatèrent entre la Faculté des arts et les Jésuites, et ceux-ci obtinrent de remplacer les professeurs séculiers par des professeurs de leur ordre ^). Ils obtinrent môme davantage en 1575, et firent admet-

') Daris, Histoire de la principauté de Liège pendant le XVII* sikle, t. I, pp. 324 et 334. — «) Caudon, op. cit., p. 439. — ") V. les incidents chez Cardon, pp. 447 et suiv.

LE œNFLIT DE P. DE RIVO ET DE H. DE SOMEREN 153

tre le principe de la gratuité de l'enseignement philosophique dans les autres collèges, l'université devant supporter toutes les charges. Dès ce jour, l'enseignement du collège d'Anchin prit une extension grandissante. Au début du xvii® siècle il occupait quinze professeurs, dont quatre étaient attachés à la philosophie '). Les recteurs Maximilien de la Chapelle et François Goster de Malines, les professeurs de philosophie Jean Delahaye et Servius eurent au xvi° siècle leurs heures de célébrité.

§ 2. LE CONFLIT DE P. DE RiVO ET DE H. DE SOMEREN

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