‹ Histoire de la philosophie en BelgiqueChapitre 3 sur 50 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

parallèlement dans les antres pays d'Europe et d'Amérique. Enfin, ne sommes-nous pas témoins de la domination internationale de la philosophie de Kant? Preuve évidente que son criticisme ne traduit pas uniquement un état de la pensée allemande.

Mais la question : « y a t-il une philosophie belge dI équivaut souvent, dans la pensée de ceux qui la posent, à cette autre : « y a t-il une philosophie en Belgique »? Si on l'entend ainsi, ce serait verser dans une grave erreur, que de lui donner une réponse négative.

Les Belges de 1830 nourrissaient contre la philosophie des préventions fâcheuses.

Elles avaient été inspirées par les excès du sensualisme et du matérialisme, à la fin du xviir siècle, et habilement entretenues par les gouvernements napoléonien et hollandais, qui affectaient, l'un et l'autre, une profonde défiance à l'endroit de toute philosophie.

Ces préventions vont s'affaiblissant, dans la génération actuelle, grâce au progrès général des études, et grâce au développement des sciences, qtii mènent, par mille avenues, à la position des problèmes philosophiques. Mais le public intellectuel garde encore certain préjugé : que le belge est, par tempérament, un }iomme pratique^ favorable aux initiatives commerciales cl financières, sympathique aux manifestations artistiques, réfractaire à la philosophie. Ce que de Reiffenbergh dit de ses contemporains de 1828 demeure vrai d'une catégorie de Belges de 1910 : beaucoup considèrent la philosophie comme une chose maussade et une supcrfctalion.

Le passé donne un éclatant démenti à ces pessimistes, qui pèchent par ignorance ou par indifférence.

A tous le.«i moments de l'histoire, depuis les origines médiévales jusqu'aux époques moderne et contemporaine, les Belges ont largement contribué au travail de la philosophie occidentale.

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