‹ Histoire de la philosophie en BelgiqueChapitre 34 sur 50 · LE SENSUALISME ET L ÉCLECTISME · texte numérisé non relu

LE SENSUALISME ET L ÉCLECTISME

pas leur sollicitude. Après dix-sept ans de régime hollandais, on rappellera encore < le mépris et le dédain pour les études philosophiques, habilement répandus et entretenus par un pouvoir ombrageux > '), et on maudira le « règne de cet homme puissant, qui avait décrété de s'isoler dans sa force du reste de l'humanité, et de la réduire à n'être que passive > ').

Après l'annexion de la Belgique à la Hollande, une ère nouvelle s'ouvrit, le jour où le roi Guillaume I, par un règlement de 1816, jeta les bases d'une organisation universitaire plus durable. On supprima l'Académie de Bruxelles, et trois universités furent érigées à Gand, Liège et Louvain, dotées chacune de chaires philosophiques.

Conformément à sa politique en matière d'enseignement, le gouvernement hollandais exerçait une étroite surveillance sur ces universités d'Etat. A Liège et à Gand, il confia les chaires de philosophie à des allemands : Denzinger, qui enseigna à Liège depuis 1817 jusqu'à sa mise en non-activité en 1830 ; à Gand, Miinchen et Rossmann, ces deux derniers insignifiants. Le baron de Reiffenberg, qui remplaça Liebaert comme professeur à Louvain, est la personnalité philosophique la plus significative du groupe universitaire, et nous y reviendrons.

C'est encore pour accentuer le monopole gouvernemental en matière d'enseignement, que Guillaume I conçut le malencontreux dessein de fermer les sémi-

') Van de Weyer, Discours sur l'histoire de la philosophie, M. 1810, p. i. — '') î)K Hkiffenuerg, De la direction actuellement nécessaire auj; études philosophiques, éd. 1840, p. 07.

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