‹ Histoire de la philosophie en BelgiqueChapitre 44 sur 50 · PHILOSOPHIE ET SCIENCES · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE ET SCIENCES

Quételet et Delbœuf, deux savants dont la Belgique peut s'enorgueillir, sont philosophes par la richesse même de leur tempérament scientifique. C'est que l'homme de science, vraiment supérieur, aboutit de toutes parts à la philosophie, et ne peut se dérober devant les questions qu'elle lui pose. L'observation des faits, quels qu'ils soient, ne soulève-t-elle pas la question philosophique de la constitution des êtres ; les mathématiques ne se complètent-elles pas par l'étude métaphysique du nombre et de l'espace ?

Quételet surtout, (1796-1874), gantois d'origine, fondateur de l'Observatoire royal, secrétaire perpétuel de l'Académie de Belgique, mérite une place d'honneur dans cette histoire, parce qu'il est le père d'une idée nouvelle, dont la fortune est devenue considérable ; il appliqua la statistique et la théorie des probabilités aux faits de la vie sociale, et fonda une science nouvelle, que lui-môme appela « Physique sociale ». Son ouvrage le plus célèbre. Sur rhomme et le développement de ses

') Pour le développement de ces idées, v. notre Introduction à la Philosophie nêo-scolastique, p. 209 et suiv. Le mouvemcMit néo-scolasti(iiie s'est surtout dévftlopp<'i, depuis dix ans, h l'Institut do Philosophie de Louvain. Théodore Fontaine (1858-1898) est un des premiers professeurs de Louvain qui s'y ratl;icli<'nt. Il a puhlié une étude très appréciée De la sensation et de la pensée (Louvain 1885). Nous rappelons avec un souvenir ému le nom de cet homme qui fut pour nous un ami dévoué.

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