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PHILOSOPHIE DES PÈRES DE L'ÉGLISE

A l'époque où nous sommes parvenus, un événement incomparable a changé les conditions de la pensée humaine. Avec le Christianisme une grande lumière s'est levée sur le monde. Nous n'avons pas à rappeler ses prodigieuses conquêtes sur les esprits les plus élevés comme les plus ignorants, conquêtes qui témoignent de la divinité du Christ. Ce récit relève de l'histoire de l'Eglise plutôt que de l'histoire de la philosophie. Le Christianisme en apportant au monde la bonne nouvelle, en l'instruisant des vérités surnaturelles de la Foi, ne pouvait que l'affermir dans la croyance aux grandes vérités métaphysiques que la raison peut établir, mais sur lesquelles elle avait été jusque là singulièrement hésitante, même chez les plus fameux philosophes de l'antiquité. Telles l'unité de Dieu, sa personnalité, la création, l'immortalité de l'âme1. Il était naturel qu'une philosophie nouvelle naquît de ces certitudes, et que le christianisme suscitât une philosophie chrétienne. Ce fut d'abord la philosophie des Pères de l'Église, puis la philosophie scolastique.

Les Pères de l'Église se proposent le même but, bien qu'ils le poursuivent par des moyens qui varient suivant les personnes et les circonstances : montrer qu'il est raisonnable de croire aux vérités chrétiennes, préparer la foi par la raison, et fortifier l'une par l'autre. On les divise généralement en Pères de l'Église grecque et Pères de l'Église latine.

1. « Quelle satisfaction, quelle joie intérieure, dit à ce sujet M. Huit, devaient éprouver un Justin, un Origène, un saint Basile, en trouvant dans leurs croyancesla solution des difficultés qui se posaient devant leur cœur et devant leur raison! Dès lors la philosophie chrétienne était fondée. » Le Platonisme à By%ance et en Italie à la fin Ou moyen âye (Congrès scientifique international, 1894).

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