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II — APOGEE DE LA SCOLASTIQUE

Aristote et la scolastique. ■ — Rapports de la philosophie arabe et de la scolastique : Avicenne et Averroés. — Albert le Grand. — Saint Thomas. — Duns Scot. — Saint Bonaventure. — Roger Bacon. — Raymond Lulle.

Aristote et la scolastique. — Le xine siècle est l'âge d'or de la scolastique. L'accord de la raison et de la foi qui est le caractère dominant de cette philosophie s'y réalise aussi parfaitement qu'il était possible dans les œuvres de ses grands docteurs. Cet accord n'empêche pas les tendances philosophiques les plus diverses de se manifester dans les Universités qui ont remplacé les écoles. L'Université de Paris, la plus célèbre, avait été fondée en 1200, par Philippe-Auguste, pour réunir en corporation les écoles de la capitale. A son image une vingtaine d'autres Universités furent établies dans toute la France.

Quelques années avant la fondation de l'Université de Paris, l'enseignement de la physique et de la métaphysique d' Aristote avait été interdit dans les écoles. Les statuts de l'Université renouvelèrent cette interdiction. « Comment s'expliquer, dit à ce sujet M. Huit, cette réprobation même passagère, dont Platon, chose remarquable, n'a été l'objet en aucun temps? C'est qu'elle frappait l'Aristote arabe, traduit de l'arabe, commenté par les Arabes, c'est-à-dire, un philosophe rendu responsable et solidaire justement en apparence, injustement au fond, des doctrines mal famées, qui menaçaient alors d'empoisonner l'enseignement chrétien *. » Mais on ne tarda pas à connaître le

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