‹ Histoire de la philosophieChapitre 32 sur 89 · Revue des Deux-Mondes · texte numérisé non relu

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puis à Ferrare, et enfin à Bologne. Disciple, mais disciple infidèle d'Aristote, il semble qu'il ait pris à tâche de démontrer l'incompatibilité des doctrines péripatéticiennes avec les dogmes clirétiens. Dans ses deux principaux ouvrages : de V immortalité de l'âme et du destin, de la liberté et de la Providence, il s'efforce de prouver en s'appuyant sur l'autorité d'Aristote que l'âme est mortelle, et que la liberté, d'ailleurs inconciliable avec la Providence, est une chimère. Mais, singulière façon d'entendre les rapports de la raison et de la foi, il déclare qu'il croit comme chrétien, ce qu'il ne peut admettre comme philosophe.

Vanini (1585-1619). — Disciple dePomponat, Jules-César Vanini fit ses études à Naples et à Padoue. Après une vie errante, il vint s'établir à Toulouse où il eut d'abord beaucoup de succès. Dans un premier ouvrage : l'Amphithéâtre de la divine Providence, il parut se poser en défenseur du dogme chrétien. Dans un second: des secrets admirables de la nature reine et déesse des mortels, il fit profession formelle d'impiété et tourna en ridicule toutes les institutions religieuses. « Avec la même sincérité que nous avons absous le précédent écrit, dit V. Cousin, nous déclarons celui-ci coupable : coupable envers le christianisme, envers Dieu, envers la morale... Les deux ouvrages sont évidemment du même auteur qui tantôt a mis un masque, tantôt paraît à visage découvert ' . » Le parlement de Toulouse lui fit expier par une condamnation capitale le scandale public de ses erreurs.

Vanini interprète Aristote à la façon d'Averroës qu'il qualifie de « grand pontife de la sagesse, dictateur suprême de la science, oracle vénérable de la nature. » 11 croit à l'éternité de la matière, à l'unité de Dieu et du monde, et nie toute morale en mettant la conduite de l'homme sous la dépendance absolue de son tempérament et du milieu où il vit.

Telesio (1508-1588). — Né à Cosenza, Telesio non content de se consacrer lui-même à l'étude de la nature, fonda à Naples pour encourager ces recherches une académie télésienne, à l'imitation de l'académie platonicienne. Il combattit l'hylémorphisme d'Aristote avec un acharnement qui le fit surnommer

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