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3. Éloge du P. Gratry, prononcé au collège de Juilly le 8 juillet 1890.

il restera un système organisé. Mais j'affirme qu'il en restera un essai des plus hardis de symbolisme catholique, un très curieux travail sur Yinduction, une critique sanglante du panthéisme, de nobles et beaux fragments de philosophie chrétienne. Je sais surtout qu'il en restera une grande excitation donnée au cœur du siècle vers l'idéal religieux trop délaissé au milieu des miracles de l'industrie triomphante et de la nature domptée *. »

Ollé-Laprune (1839-1898). — Ce sont les mêmes idées essentielles, le même accent profondément spiritualiste et chrétien que nous retrouvons chez Ollé-Laprune, enlevé prématurément à la philosophie, au zèle infatigable de la vérité, et à l'action bienfaisante sur l'élite de la jeunesse catholique. Ses principaux ouvrages sont : la Philosophie de Malehranche, de la Certitude morale, un Essai sur la morale dWrislote, la Philosophie et le temps présent, ]e Prix de la vie, les Sources de la paix intellectuelle, Ce quJon va chercher à Rome, Etienne Vacher ot et Théodore Jouffroy. Les deux derniers sont des ouvrages posthumes.

Pour Ollé-Laprune comme pour le P. Gratry, la philosophie est une affaire d'âme. Il estime que le philosophe doit chercher la vérité avec toutes ses facultés, avec son cœur, comme avec sa raison, avec toute son âme selon le beau mot de Platon qu'il prit pour devise. « L'histoire d'une âme », c'est ainsi que M. Mézières définissait en Sorbonne le livre d'Ollé-Laprune : la Certitude morale. La définition était exacte, et on peut l'appliquer à l'œuvre philosophique tout entière d'Ollé- Laprune, à condition toutefois de la compléter, en ajoutant que cette âme était profondément chrétienne, et qu'en elle il n'y avait pas de cloison étanche entre la raison et la foi, entre les spéculations philosophiques et les croyances religieuses.

Au début de sa carrière philosophique, dans un Mémoire sur la philosophie de Malebranche, Ollé-Laprune écrivait : « La philosophie est essentiellement un examen et un effort; un examen des idées qu'on a dans l'esprit, un effort pour voir clair. Examiner n'est pas douter quoi qu'on en dise. Parce que j'aurai eu le bonheur de n'avoir jamais mon esprit et mon cœur vides de Dieu, faudra-t-il pour cela, malgré la sincérité, la liberté et

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