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LES DERNIERS NÉOPLATONICIENS POLYTHÉISTES

pensée^. Mais, poussé par son opposition au christianisme, dont le dogme fondamental'- suppose la communicabilité du divin, il exagère comme à plaisir la transcendance de ce principe suprême, c'est-à-dire précisément le défaut capital du platonisme. Et de combien ne lui est-il pas inférieur sous le rapport moral et religieux! Pour Proclus, les réalités de la religion, ce sont les pratiques de la magie; pour Platon, c'était la pratique de la justice. Il y a, entre ces deux interprétations, toute la dislance qui sépare l'âge mûr, éclairé et fort, de la vieillesse décrépite et superstitieuse.

En 529, le dernier asile du néoplatonisme polythéiste, l'école d'Athènes, où avait enseigné Proclus-"^, est fermée par ordre de l'empereur Justinien, et telle est l'indifTérence du public pour ce débris du passé, que la mesure passe presque inaperçue. Depuis deux siècles, l'empire était gagné au christianisme; les concrètes et palpitantes questions de la religion, fille de la volonté, et les préoccupations créées par l'invasion des barbares, avaient pris le pas sur la sereine et pacifique d-eœnia.

^ La voionic' du spiritualisme concret. — ^ Le dogme de l'incarnation. — 3 Les derniers scolarques sont : Marinus, de Klavia Néapolis en Palestine, successeur de Proclus, Isidore d'Alexandrie, Zénodole et Damascius de Damas {Quœaliones de primis principiis, éd. Kopp, Francf., 182G). C'est sous ce dernier que l'école fut frappée. A cette école d'Athènes se rattache le nom du Cilicion Simplicius, l'excellent conmientateur d'Épictète et d'Aristote {Catégories, De anima, De cœlo et Physique), qui fut le condisciple, puis l'élève et le compagnon d'exil de Damascius.

PREMIÈRE PÉRIODE

Rogne de la, théologie platonico-chrétienne. § 27. Le Platonisme chrétien ^

Le soufïle de l'hellénisnie expirant passa sur le christianisme. Les doctrines de Platon et de ses récents interprètes continuèrent d'influencer les meilleurs esprits parmi les disciples de l'Evangile, et la philosophie de l'Eglise, à travers le moyen âge tout entier, n'est qu'un long écho de l'enseignement des grands philosophes d'Athènes.

Dans la cosmopolite Alexandrie, où s'étaient rencontrés l'esprit grec et le génie sémitique, il s'était formé, dès le troisième siècle, une sorte d'école néoplatonicienne chrétienne. A la difl"érence des Pères latins, Tertullien-, Arnobe, Lactance ^, qui rejettent

1 Consulter sur la spéculation patristique, outre les histoii'es générales de la philosophie et de l'Église : E. de Pressensé, Hiatoire des Irais premiers siècles de l'Église chrétienne, 5 t., Paris, 18G1-70, et sur les systèmes hérétiques connus sous le nom générique de gnosticiame : J. Matter, Histoire critique du gnosticisme, 3 vol., Paris, 1828 et 1843. — Néander, Histoire de l'Église {ail.). —F. Chr. Baur, La Gnose chrétienne (ail.), Tub., 1835. — 2 Tertull., De prœscript. hœr., c. 7. ApoL, c. 47. Adv. Marcion,, V, 19. — Le' Credo quia absurdum de Tertullien est à prendre au pied de la lettre. Si la raison est devenue menteuse par suite de la chute, il est évident qu'une doctrine qui la contredit (une doctrine absurde) a plus de chances d'être vraie qu'une autre qui lui est conforme. Rien de plus logique que ce défi jeté à la raison par le célèbre théologien. — '' Lact., Div. instil., III, 1.

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