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une cause drstincte de toutes les autres et qui serait absolue à leur détriment. Dans la chaîne des causes, l'absolu n'est ni ici, ni là, mais il réside dans la totalité des causes individuelles et relatives. Celles-ci ne suivent pas en esclaves le char de triomj)he d'une cause première, exclusive de toute autre causalité et vis-à-vis de laquelle les causes relatives se perdent dans le néant, mais chaque cause individuelle a part à l'absolu. Chacune est relativement absolue, aucune ne l'est absolument. La toute-puissance n'est le monopole de personne : c'est la totalité des énergies individuelles qui constitue toute puissance existante ou, j)0ur plus de clarté encore, tout ce qui existe en t'ait de puissance causale.
Dans l'action réciproque, les deux hémisphères dans lesquels s'est scindé Tètre en devenant essence et phénomène, se rejoignent et deviennent totalité logique.
o. Concept ou totalité subjective, objective et absolue^.
Hors de la tolalilé, les idées qui se sont jjroduites jusqu'ici n'ont pas de réalité. Une qualité, une (luanlité, une force, une cause n'est rien, abstraction faite de l'ensemble oii elle se produit. Hien dans la nature n'existe isolément; rien non plus dans le domaine de la pensée ne peut prétendre à l'autonomie, celle-ci n'e\istant que dans l'ensemble des catégories. Dans la totalité seulement est la liberté. De là le retour que l'être, devenu essence, fait sur lui-même dans la totalité logique ou concept {Beg ri /!"-).
L'idée de totalité se dédouble en totalité subjective (concept proprement dit) et totalité objective.
Les éléments constitutifs de l'idée de vie, l'essence, le phéno-
^ Logique, t. 111. — Encyclopédie, § 160 ss. — ^ Beyri/f chez Hegel est synonyme d'inbeyri/f, ensemble, totalité.
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mène et l'action réciproque, se retrouvent dans la totalité subjective ou concept sous les noms de Yuniversel, du particulier et de V individuel. Dans le jugement, qui est la pensée ou le sujet en action, l'universel et l'individuel, le général et le particulier ont l'air d'être distingués et séparés, mais en réalité le jugement n'est que l'affirmation de leur identité. Quand je dis que l'homme est mortel, ou que Paul est mortel, j'afïirme qu'à l'être particulier (homme) revient le caractère commun à tous les êtres créés, la mortalité, et que l'individu Paul à son tour s'identifie, comme mortel, avec l'universalité des créatures. En tant qu'affirmant l'identité de l'universel et de l'individuel, du général et du particulier, le jugement est contradictoire. La solution de la contradiction se trouve dans le raisonnement ou sijllogisme. La notion universelle ou générale s'y développe en majeure, la notion individuelle en conclusion, et la mineure, placée comme trait d'union entre la majeure et la conclusion, en explique l'identité.
Le concept subjectif est une forme sans fond, un contenant sans contenu. Il existe en principe comme but ou cause finale, et il n'existe pas en réalité. De là sa tendance à s'objectiver, source éternelle de vie dans la nature, de progrès dans l'histoire. Le concept objectivé c'est l'univers, la totalité objective ou des objets. Le général, le particulier, l'individuel s'objectivent tour à tour dans le mécanisme (simple juxtaposition extérieure des objets), dans le chimisme (pénétration mutuelle des objets), dans Vorganisme (totalité-unité).
Toutefois le concept qui n'est plus concept, la pensée qui est devenue corps, est à son tour contradictoire. De même que la pensée n'est pas faite pour demeurer vide, mais pour se donner un contenu objectif, de même le monde, l'ensemble des choses n'est pas fait pour demeurer étranger à la conscience, mais pour être pensé, compris. Si le concept subjectif est un contenant sans contenu, l'univers inconscient de lui-même est un contenu
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sans contenant. Cette dernière contradiction est levée par la pénétration mutuelle des deux sphères dans V/dée absolue, qui, au point de vue de la théorie, s'appelle la Vérité^, et au point de vue pratique, le Bien : catégorie suprême et dernier mot du développement de l'être.
En résumé : être, c'est devenir, se développer. La contradiction inhérente à l'être, tel est le principe, la force impulsive du développement. Etre, s'épanouir (se dédoubler) et se concentrer (se comprendre), tel en est le rythme invariable. Qualité, quantité, mesure; essence et phénomène, substantialité et causalité, action réciproque; subjectivité, objectivité, absolu, telle est la série de ses étapes.
Sachant ce principe, ce rythme et ces étapes, nous connaissons a priori l'ordre que suivent, dans leurs créations, la nature (la raison épanouie) et Vesprit (la raison concentrée et comprise).