RÉAPPARITION DU NOMINALISME. DIÎRAND, OCCAM, ETC
Vhœcceitas séparée de la quidditas, mais dans Tunion des deux principes, idéal et réel, c'est-à-dire précisément dans l'individu. Par ses doctrines de la liberté individuelle et de Vhœccéité^ Duns Scot prépare la voie au nominalisme de son disciple Occam. Par sa doctrine de la création-accident, il précipite la rupture entre la science et le rationalisme autoritaire de l'Église, et Tavènement de l'empirisme moderne ; car si les lois de la nature et la loi morale elle-même sont contingentes, toute science, et la morale elle-même, en est réduite à l'expérience comme Tunique base sur laquelle elle puisse s'édifier. Mettre en métaphysique la volonté au premier rang et la raison au second, c'était subordonner le raisonnement à l'observation et à l'expérience, comme méthode. Et non seulement Duns Scot hâte la rupture entre la science et le dogme, mais elle semble déjà un fait accompli dans sa pensée lorsque, dans ses Quœstiones subtilissimœ^ il nie les idées innées et déclare impossible, au point de vue de la science, la démonstration de l'immortalité de l'âme et de l'existence de Dieu.
B. PiRIPATÉTISME NOMINALISTE.
§ 41. Réapparition du Nominalisme. Durand, Occam, Buridan; D'Ailly.
Du conceptualisme de Vincent de Beauvais, de Thomas d'Aquin, de Duns Scot^ il n'y avait pas loin au nominalisme. Déjà le semi-réalisme de Duns Scot ressemble plus à la doctrine de Roscelin qu'à celle de Champeaux. Guillaume Durand de Saint-Pourçain*, d'abord disciple de saint Thomas, puis influencé par les doctrines de Scot, se rapproche plus encore du nominalisme en formulant cette thèse : Exister ^ c'est être individuelle'
^ Né en Auvergne, mort en 1332, évoque de Meaux. — Comment, in mag, sentent,^ Paris, 1508; Lyon, 1568.
3 franciscain Guillaume d'Occam*, précurseur et ) John Locke, déclare ouvertement la guerre au le à un système absurde. Selon les réaux, dit-il, te en plusieurs choses à la fois ; or la même chose r simultanément en plusieurs choses différentes; )1 n'est pas une chose, une réalité (res), mais un irvant à désigner plusieurs choses semblables, un ôt il n'y a de réel que l'individu 2. Bnce du principe nominaliste, déjà indiquée au scepticisme. La science a pour objet le général, nécessaire. La science de l'homme, disions-nous à ton, ne s'occupe pas de Pierre pour l'amour de ^aul pour l'amour de Paul, mais elle étudie Pierre avoir ce que c'est que l'homme. C'est l'homme Bme-espèce qu'elle recherche dans les individus, t-il de toutes les sciences. Or, du moment que it qu'un niot sans réalité objective et que l'individu vilement, il n'y a plus d'anthropologie, plus de le: nous pouvons savoir et constater ce qu'est u'est Paul, étudier telle plante, tel animal; mais ne, à l'animal et à la plante en général, impos- I l'objet d'une science puisqu'ils n'existent nulle ;-à-vis de la science, le nominalisme est sceptique, tôt celle de Protagoras: L'individu est la mesure
3ar excellence, la théologie, n'échappera point à }tique de Guillaume. D'accord avec ce qu'a déjà naître, il déclare impossible la démonstration de
\, Quodliheta septem, Strasb., 1491. Summa totius logicœ, , 4675. Quœstiones in Hbr. physic^ Strasb., 1491. Quœsnés in quatuor libr. sent., Lyon, 1495. Centilogium (heol., osilio aurea super totam artem veterem, Bologne, 149(5. l, I senteniiarum^ dist. 2, quest. 8.