SCOLASTÎQUE ET THÉOSOPHIE, ETC
Tessence de tous les êtres K Dieu sans le Fils est une volonté qui ne veut rien parce qu'elle est tout et a tout, une volonté sans stimulant, un amour sans objet, une puissance inipuissante, une ombre sans consistance, une essence muette sans intelligence et sans vie, un centre sans circonférence, une lumière sans clarté, un soleil sans rayons, une nuit sans étoiles, un chaos où nul éclair ne brille, où nulle couleur ne se détache, où nulle forme n'apparaît : abîme sans fond, mort éternelle, néant. Dieu Père et Fils est le Dieu vivant, l'esprit absolu ou concret, l'être complet. Le Fils est l'infini concentré en lui-même, le cœur du Père, le flambeau qui éclaire les immensités de l'Être divin, comme le soleil répand la lumière dans les immensités de l'espace, le cercle éternel que Di^u décrit autour de lui-même, le corps de Dieuj dont les astres sont les organes et dont leurs orbites sont les artères éternellement palpitantes, la totalité des formes que renferment le ciel et la terre, la mystérieuse nature qui vit, qui sent, qui souflre, qui meurt et qui ressuscite en nous. Mais le duel qui constitue Dieu et tous les êtres, n'est pas l'être primordial; il procède de l'Unité; le Fils procède du Père et vient en seconde ligne. D'abord les ténèbres, puis la lumière; d'abord la nature, puis l'esprit; d'abord la volonté sans objet ni conscience d'ellemême (rfe)' ungrUndliche Wille)^ puis la volonté consciente {der fassliche Wille^).
S'il est facile de dégager de ces métaphores les idées caractéristiques du spiritualisme concret, la forme qu'elles revêtent chez Bœhme est purement théologîque. Ce précurseur de la philosophie allemande est un voyant, un prophète qui a l'air de ne
1 Aurora, Préf., 97; 105 : Gott, in dem Ailes ist und der selber Ailes isi; chap. 1, 6 : GoU ist der Quellbrunn oder das Herz der Natur ; 3, 12: Er ist von nichts hergekommen, sondern ist selber Ailes in Eivigkeit; 3, 14: J)er Vater ist Ailes und aile Kraft bestcht in ihm; 7, 20 : Seine Kraft ist Ailes und allenthalben ; 7, 25 : Des Vaters Kraft ist Ailes in und ûber allen Himmeln ; et pauim» — * Mysterium magnumj chap. 6. — De Vélection, chap. 1. — Aurora, chap. 8-11.
pas se comprendre lui-môrne, tant il est encore imbu de la conception traditionnelle des choses. La pensée, dans le monde protestant, a changé de maître : mais elle est restée servante, ancilla theologiœ. Son affranchissement définitif est dû aux découvertes de Colomb, de Magellan, de Copernic, de Kepler, de Galilée, qui en réfutant les idées reçues sur la terre, le soleil, le ciel, viennent détruire du même coup le préjugé qui fait de rÉcriture ce qu'elle n*est ni ne veut être : un manuel infaillible des sciences physiques.
§ 48. Le mouvement scientifique ^
Depuis le milieu du quinzième siècle, TËurope occidentale allait de surprise en surprise. Guidée par les savants grecs qui se fixent en Italie, elle entre en plein dans la terre promise que les Arabes d*Espagne lui ont fait entrevoir en partie : Fantiquité, sa littérature, ses arts, sa philosophie. L'horizon historique de nos pères, limité dabord à la période catholique, s étend dès lors et se recule indéfiniment au delà des origines du christianisme. Cette Église catholique, en dehors de laquelle on ne voyait naguère que ténèbres et barbarie, n'apparaissait plus que comme la fille et Théritière d'une civilisation plus ancienne qu'elle, plus riche, plus variée, plus conforme au génie des races occidentales. L'Europe romane et germanique se sentit une affinité naturelle et intime avec ces Grecs et ces Romains, placés en dehors de TÉglise et supérieurs à tant d'égards aux chrétiens du quinzième siècle dans toutes les sphères de l'activité humaine. Le préjugé catholique en vertu duquel il n'y a hors de l'Église ni salut, ni civilisation réelle, ni religion, ni moralité, s'évanouit peu à peu. On cesse d'être catholique exclusif et l'on
1 Voy. les ouvrages de Moritucla , Delambre, Chasles, Draper, etc., cités p. 441. — Humboldt, Cosmos, T. I ei II.— K. Fischer, Introduction à Vhistoive de la philosophie moderne.
LE MOUVEMENT SCIENTIFIQLE 263
devient homme, humaniste, philanthrope dans le sens le plus large de ce terme. Ce ne sont plus seulement quelques rares échappées sur le passé, c'est Thistoire tout entière de l'Europe aryenne qui se déroule aux regards étonnés de nos ancêtres, avec ses mille problèmes politiques, littéraires, philologiques, archéologiques, géographiques. Désormais les sciences historiques, imparraitement cultivées par Tantiquité et presque inconnues au moyen âge, seront une branche importante des études, en attendant qu'elles en soient le centre.
A peine Thomme a-t-il fait la découverte de Thumanité, qu'il lui est donné de constater la forme réelle de la maison qu'il habite, et dont il n'a connu jusqu'à présent que l'une des façades. L'univers catholique se réduisait au monde connu des Romains, c'est-à-dire au bassin de la Méditerranée et au sud-ouest de l'Asie, augmentés de l'Europe septentrionale. Mais voici Colomb qui découvre le nouveau-monde; voici Vasco de Gama qui double le cap de Bonne-Espérance et trouve la route maritime des Indes ; voici surtout Magellan, qui réussit à faire le tour du monde. Ainsi se confirme par des faits évidents une hypothèse déjà familière aux anciens : notre terre est un globe isolé de toutes parts et flottant librement dans l'espace. N'était-il pas permis d'en inférer que les étoiles, elles aussi, flottent isolées? que les sphères d'Aristote ne sont qu'une illusion?
La terre est reconnue être un globe, mais elle forme encore, dans la conviction de tous, le centre immobile autour duquel gravitent les sphères célestes. Tycho-Brahé vient porter à la cosmographie traditionnelle et populaire un premier coup, en faisant du soleil le centre des orbites planétaires; mais ce système avec le soleil comme centre, il le fait tourner encore autour de la terre. Copernic^ fait le pas décisif, en plaçant la terre parmi les planètes et le soleil au centre du système. Cette théorie,
* De orbium cœle$tium revolutionibtis libri VI, Nuremb., 1543.
déjà émise par quelques anciens*, et que Copernic ne donne qu'à titre d'hypothèse, est confirmée par les beaux travaux de Kepler 2, qui découvre la forme des orbites des planètes et la loi de leur mouvement, et de Galilée^, qui enseigne le double mouvement de la terre, et qui, au moyen d'un télescope de sa propre construction, découvre les satellites de Jupiter et détern)ine la loi de leurs révolutions.
L'héliocentrisme jette l'alarme dans les deux Églises. Kepler est persécuté; Galilée, forcé de se rétracter. A en croire les conservateurs obstinés, le système de Copernic menaçait, s'il était accepté, de ruiner les bases mêmes du christianisme. Si le soleil est le centre des orbites planétaires, si la terre se meut, c'est, disaient-ils, que Josué n'a pas fait son miracle, c'est que Ja Bible se trompe, c'est que l'Église est faillible. Si la terre est une planète, c'est qu'elle se meut dans le ciel même et ne forme plus à son égard une antithèse, c'est que l'opposition traditionnelle des cieux et de la terre se résout dans l'univers un et indivisible. D'ailleurs, affirmer, au mépris d'Âristote, que le monde est infini, n'est-ce pas nier qu'il existe un ciel distinct de l'univers, un ordre de choses surnaturel, un Dieu là-haut? Ainsi raisonnait l'Église : confondant la foi et les conceptions de la foi, Dieu et nos idées sur Dieu, elle traitait d'athées les adhérents de Copernic.
Mais, en dépit de ses efforts, les théories nouvelles se répandent, les découvertes et les inventions se multiplient. C'était hier l'imprimerie, c'est aujourd'hui lar boussole et le télescope. En attendant que Newton complète la cosmologie nouvelle par la théorie de l'universelle attraction et transforme en axiome ce qui jusqu'à lui n'est qu'une hypothèse, les sciences, secouant le joug du scolasticisme, avancent d'un pas timide
1 §22. — * Asfronomia nova, Prague, 1609; etc. — Œuvres complètes, éd. Frisch, Francf., 1858 ss. — ^Œuvres complètes, éd. Alberi, Florence, 1843 88.
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d'abord, puis de plus en plus ferme et sûr. Léonard de Vinci et son compatriote Fracaslor continuent, eh physique,' en optique, en mécanique, Archimède et les savants d'Alexandrie. Le Français Vièle élargit les cadres étroits de l'algèbre, qu'il applique à- la géométrie, et l'Anglais Néper (Lord John Napier) invente les logarithmes. Dans la sphère des sciences biologiques, le Belge Yésale, par son De corporis humani fabrica (1553), crée l'anatomie humaine, et l'Anglais Harvey, dans son ouvrage publié en 1628*, démontre la circulation du sang, admise dès avant lui par l'Espagnol Michel Servet^ et par les Italiens Realdo Colombo^ et André Césalpin \
De toutes ces nouveautés, la plus influente est la théorie de Copernic. L'apparition des Révolutions célestes est- l'événement le plus considérable, Vépoque par excellence dans l'histoire intellectuelle de l'Europe. C'est d'elle que date le monde moderne. En nous révélant Ytnfini, qui pour l'antiquité n'a guère été qu'un concept négatif, elle n'a pas ébranlé, sans doule, elle a augmenté, au contraire, et vivifié notre foi aux choses invisibles, mais elle a modifié profondément nos idées sur le rapport qu'elles soutiennent avec le monde : au transcendan(alisme, qui est l'âme du moyen âge, elle a substitué définitivement le principe moderne de Vimmanence divine^.
* De motu cordis et sanguinis^ Francf , 1628. — * La circulation pulmonaire (petite circulation) est affirmée dans un passage de: Christianiami restitutiOy achevé dès 1546. ~ ' 1494-1559; successeur de Yésale à Padoue (1544) et auteur de De re anatomica (1558). — * Dans ses Quœstiones medicœ, 1598. — ^ Hegel (o. c), qui reconnaît dans ritnwiawcncc Tidée maîtresse du monde moderne, tout en le faisant dater d'ailleurs de la réforme de Luther, caractérise la transition du moyen âge à Tépoque actuelle en ces termes : « C'était, aux yeux des hommes, comme si Dieu n'avait créé que tout à l'heure soleil, lune, astres, fiantes et animaux, comme si les lois de la nature venaient seulement d'être établies ; car maintenant seulement ils prenaient intérêt à toutes ces choses, ayant reconnu leur propre raison dans la raison universelle. Au nom des lois naturelles on fit front à l'immense sn-
eu pour conséquence obligée la réforipe philosophique, sirée par les libres penseurs du quinzième et du seizième iata, aux environs de Tannée 1600, dans une série de hardiroepl novateurs (Bruno en Italie, Bacon en Ângle- ^cartes en France).
e Pépoque et à toutes les idées régnantes au sujet des puissances
et lointaines dont on ne croyait pouvoir triompher que par la
s la lutte qui s'engageait, catholiques et protestants se trouvèrent
PREMIÈRE PERIODE
Age de la. métaplnysiqiae indépendante [De Bruno à Locke et à Kant.)
§ 49. Giordano Bruno.
Né vers 1550 à Nola, près de Naples, Giordano Bru entre, jeune encore, dans l*ordre des dominicains; mais I fluence des écrits de Nicolas de Cuse, de Raymond Lulle, Telesio, et son amour enthousiaste de la nature ne lardent à le brouiller avec la vie monastique et le catholicisme. li rend à Genève, où Tattendent d*amères déceptions, puis à Pa à Londres, en Allemagne, promenant son esprit ardent et inqi de Wittenberg à Prague, de Helmstaedl à Francfort. Mais protestantisme ne le satisfait pas plus que la religion de pères. De retour en Italie, il est arrêté à Venise, par ordre rinquisition, et brûlé vif à Rome en 1600, après deux anc de captivité. Sa vie aventureuse ne l'empêcha pas d'écrire nombreux traités, dont les plus remarquables sont ceux D
^ Opère y publiées par Wagner, 2 vol., Leipz., 1830. — J. B. scripta latine confecit omniaj éd. A. F. Gfrœrer, Stuttg., Londres et Paris, (incomplet). — Christian Bartholmèss, Jordano Bruno^ S vol., Paris, 184( — H. Brunhofer, Bruno, sa philosophie et sa destinée d'anrès les sout Leipz., 1882 (ail.).
causa, principio ed uno (Venise, 1584), Del inftnitouniverso^ dei mondi [ibid., 1584), De triplici minimo et mensura (Francfort, 1591), De monade, numéro et figura {ibid., 1591), De immenso et innumerabilibus s. de untverso et mundis {ibid,, 1591).
Le premier parnai les métaphysiciens du seizième siècle, Bruno accepte sans réserve le système héliocenlrique. Les sphères d'Aristote et ses divisions du monde sont de pures imaginations. L'espace n'a aucune limite de ce genre, aucune frontière infranchissable séparant notre monde à nous d'une région extra-mondaine, réservée aux esprits purs, aux anges et à l'Être suprême. Le ciel, c'est l'univers inûni*. Les étoiles sont autant de soleils, qui peuvent avoir à leur tour leurs planètes munies de satellites. La terre n'est qu'une planète et n'occupe point dans le ciel une place centrale et privilégiée, non plus que notre soleil, puisque l'univers est un système de systèmes solaires.
Si l'univers est infini, voici le raisonnement qui s'impose : il ne peut y avoir deux infinis; or l'existence du monde ne peut être niée; donc Dieu et l'univers sont un seul et même être. Pour échapper au reproche d'athéisme, Bruno distingue entre l'univers et le monder Dieu, l'Être infini ou Y Univers est le principe, la cause éternelle du monde, natura naturans; le monde est la totalité de ses effets ou phénomènes, natura naturata. Ce serait, pense-t-il, de l'athéisme, que d'identifier Dieu avec le inonde, car le monde n'est que la somme des êtres individuels, et une somme n'est pas un être, c'est un mot; mais identifier Dieu avec V univers, ce n'est pas le nier, c'est au contraire le grandir; c'est élargir l'idée de l'Être suprême bien au delà des limites où le renferment ceux qui en font un être à côté d'autres êtres, c'est-à-dire un être fini. Aussi, pour bien distinguer entre sa doctrine et l^alhéisme, affecte-t-il de s'appeler
1 De immenso et innumerabilibus, p. 150.
GIORDANO BRDISO 269
Philotheos^. Précaution inutile et qui ne peut donner le change h ses juges.
En eflFet, le Dieu de Bruno n*est ni le créateur, ni même le premier moteur, mais Vâme du monde; il n'est pas la cause transcendante et momentanée, mais, comme dira Spinosa, la cause immanente^ cest-à-dire intérieure et permanente des choses, le principe matériel à la fois et formel qui les produit, les organise, les gouverne du dedans au dehors : leur éternelle substance. Ce que Bruno distingue par les mots univers et monde, nature naturante et nature naturée, n'est, en réalité, qu'une seule et même chose considérée tantôt au point de vue réaliste (style moyen âge), tantôt au poiut de vue nominaliste^. L'univers qui renferme, enveloppe, produit toutes choses, n'a ni commencement ni fin; le monde (c'est-à-dire les êtres qu'il renferme, enveloppe, produit) commence et finit. A l'idée de créateur et de libre création se substitue l'idée de nature et de production nécessaire. Liberté et nécessité sont synonymes; être, pouvoir, vouloir, ne sont en Dieu qu'un seul et même acte indivisible ^.
La production du monde ne modifie en rien l'Uni vers- Dieu, Etre à jamais identique à lui-même, immuable, incommensurable, incomparable. En se déployant, l'Être infini produit l'in-' nombrable multitude des genres, des espèces, des individus, l'infinie variété des lois cosmiques et des rapports qui constituent la vie universelle et le monde phénoménal, sans devenir lui-même genre, espèce, individu, substance, sans subir luimême aucune loi, sans entrer, quant à lui, dans aucune relation. Unité absolue et indivisible, qui n'a rien de commun avec l'unité numérique, il est en toutes choses et toutes choses sont en lui. C'est en lui que tout ce qui existe a la vie, le mouvement et
* Philotheua Jordanus Brunué Nolaniia de compendiosa architeetura et complemento artis Lulliit Paris, 1582. — ^ Délia cattsa^ 72 as. — ^ De immenso et innumevabilibusy 1, il.
l*étre. II est présent dans le brin d'herbe, dans le grain de sable, dans l'atome qui se joue dans le rayon solaire, comme il Test dans l'immensité, c'est-à-dire tout entier, puisqu'il est indivisible. Cette toute-présence substantielle et naturelle de l'Être infini explique à la fois et anéantit le dogme de sa présence surnaturelle dans l'hostie consacrée, cette pierre angulaire du christianisme tel que le conçoit l'ex-dominicain. Grâce à cette toute-présence réelle de l'Infini, tout dans la nature est vivant; . rien ne s'anéantit; la mort elle-même n'est qu'une transformation de la vie. Les stoïciens ont le mérite d'avoir reconnu dans le monde un être vivant; les pythagoriciens ont celui d'avoir reconnu la nécessité mathématique et l'immutabilité des lois qui président à l'éternelle création ^
Ce que Bruno nomme l'Infini, l'Univers ou Dieu, il l'appelle aussi la matière. La matière n'est pas. le fir) ov de l'idéalisme grec et des scolastiqu.es. Inétendue, c'est-à-dire immatérielle dans son essence, elle ne reçoit pas l'être d'un principe positif autre qu'elle-même (la forme); elle est, au contraire, Ja réalité mère de toutes les formes; elle les renferme toutes en germe et les produit successivement. Ce qui d'abord était semence devient herbe, ensuite épi, ensuite pain, puis chyle, sang, semence animale, embryon, puis un homme, puis un cadavre, et redevient terre ou pierre ou quelque autre matière, et de même, en recommençant toujours. Ainsi nous y reconnaissons quelque chose qui se transforme en toutes choses, et n'en demeure pas moins un et toujours le même en soi. Rien ne parait donc stable, éternel et digne du nom de principe, si ce n'est la matière. En. tant qu'absolue, elle comprend toutes les formes et toutes les dimensions, et l'infinie variété des figures sous lesquelles elle se présente, elle les tire d'elle-même. Où nous disons que quelque chose meurt, il n'y a en réalité que
* De hnineubO et innumerabilibusy VllI, lU.